Une oeuvre de Mathieu Valade à Brooklyn

L'artiste saguenéen Mathieu Valade a assisté, jeudi, au... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque)

Agrandir

L'artiste saguenéen Mathieu Valade a assisté, jeudi, au vernissage de l'une de ses oeuvres. Elle a pour titre Expressionnisme concret et prend la forme d'une vidéo tournée dans la région.

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

Au moment où vous lisez ces lignes, une oeuvre de l'artiste saguenéen Mathieu Valade est présentée à la galerie The Invisible Dog, située à Brooklyn. Prenant la forme d'un film tourné quelque part entre Arvida et Saint-Jean-Eudes en 2014, elle adresse un gigantesque FUCK OFF au regardeur, sans égard au fait que le titre de cette chose un brin provocatrice est Expressionnisme concret.

Pendant deux minutes, on voit brûler les lettres formant cette expression familière, lesquelles avaient été formées à l'aide de pièces de contreplaqué. Elles se déploient sur un écran large de 40 pieds et haut de six, ce qui avait attiré l'attention des visiteurs à Athènes en 2015, au cours de l'événement Art-Athina.

L'oeuvre avait été bien reçue à cette occasion, surtout que la Grèce traversait une période difficile au plan économique. «Un homme m'a dit que ça correspondait à ce qu'il ressentait», a raconté Mathieu Valade mardi dernier, lors d'une entrevue accordée au journal. Cette réaction lui a donné raison, puisque sa première idée consistait à écrire TABARNAK. Le problème est que ce mot n'a pas une portée aussi universelle que l'autre.

Quant au titre, il résulte de la propension de l'artiste à tracer des liens entre ses créations et l'histoire de l'art. Cette fois, c'est le pape de l'expressionnisme abstrait, l'Américain Jackson Pollock, qui occupait ses pensées. «En utilisant un gros mot comme FUCK OFF, ça devenait de l'expressionnisme concret», explique celui qui, lorsqu'il ne produit pas des films ou des sculptures, est professeur en arts visuels à l'Université du Québec à Chicoutimi.

Dans la mouvance du punk

La présence d'Expressionnisme concret à Brooklyn est le fruit d'une invitation lancée par Sébastien Pesot, cofondateur du centre d'artistes Perte de signal. «J'avais commencé à travailler sur cette oeuvre en 2013, à temps perdu. Ce n'était pas rattaché à un projet précis, mais quand il en a entendu parler, Sébastien m'a proposé de l'intégrer à l'exposition qu'il préparait», fait observer Mathieu Valade.

C'est donc en 2014 que le film a été projeté pour la première fois, à Longueuil. Intitulée Dans un monde post: un événement post-punk, l'exposition avait mobilisé sept artistes du Canada auxquels on a jumelé des collègues américains en vue de la migration à Brooklyn. Le vernissage de la nouvelle mouture, baptisée In a Post-World: Post-Punk Art Now, a eu lieu jeudi, en présence du Saguenéen.

«On y met en valeur des oeuvres s'inscrivant dans la mouvance du courant punk. C'est la première fois que mon travail est présenté aux États-Unis et j'espère que l'exposition sera bien reçue. J'en profiterai pour voir comment les choses se passent là-bas et pour rencontrer d'autres artistes. C'est une nouvelle aventure», laisse échapper Mathieu Valade en esquissant un sourire.

Si, par hasard, vous passez par New York, sachez que l'exposition est à l'affiche jusqu'au 6 novembre. Elle a obtenu l'appui du Conseil des arts et des lettres du Québec, ainsi que de la délégation du Québec à New York. Les portes sont ouvertes du jeudi au samedi, de 13h à 19h, ainsi que le dimanche, de 13h à 17h.

Des créations qui voyagent

Ce n'est pas d'hier que Mathieu Valade présente ses créations à l'extérieur du pays. Bien avant d'aboutir à Brooklyn, certaines de ses oeuvres ont été exposées au Brésil, à Cuba, en France et en Grèce, ainsi qu'ailleurs en Europe, ce qui témoigne du désir de l'artiste saguenéen de rejoindre des publics différents.

«Il est important de montrer ce qu'on fait ailleurs et c'est moins pour vendre que pour donner de la valeur aux oeuvres», énonce-t-il. Pour y arriver, lui et d'autres collègues de la région ont dû tisser des liens avec les personnes qui comptent, en ce sens qu'elles donnent accès à plusieurs réseaux de diffusion. Ils le font sans complexe, avec la conviction que leur travail justifie de tels efforts.

«Les artistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean se sont pris en mains. Avant, on avait l'habitude d'attendre une invitation provenant de Montréal, en vue de la tenue d'une exposition. Aujourd'hui, ce n'est plus nécessaire. Il est possible de fonctionner autrement», fait observer le sculpteur, qui est aussi professeur en arts visuels à l'UQAC.

En plus de participer à une exposition collective à Brooklyn cet automne, son agenda comprend une sortie à la galerie Art On Armitage de Chicago. Invité par la directrice Mary Ellen Croteau, il s'y rendra en mai 2017 dans le contexte d'une résidence de création, laquelle sera couronnée par une exposition en vitrine.

Toujours en mai, Mathieu Valade retournera à la foire internationale d'art contemporain Art-Athina. Tout en y présentant quelques-unes de ses oeuvres, il sera présent au centre d'art Beton7, établi à Athènes. «Je produirai une exposition en compagnie d'une artiste grecque et de l'Ontarienne Julie René de Cotret», précise l'artiste.

Québec trois fois

Mener une carrière internationale n'empêche pas d'investir d'autres théâtres d'opération, comme l'illustrent les projets qui conduiront Mathieu Valade à Québec dans les prochains mois. Déjà, on peut admirer l'une de ses créations au Musée national des beaux-arts du Québec, plus spécifiquement dans cadre de l'exposition Installations, présentée jusqu'en février.

L'oeuvre en question, acquise par le musée en 2012, a pour titre Marcher quand même. «Elle consiste en une boule disco qui roule sur le plancher en remplissant l'espace de picots», décrit-il. Fait à noter, l'institution nichée sur la Grande Allée accueillera deux autres de ses oeuvres à compter du 18 février. Une sculpture, de même qu'une vidéo baptisée Mathieu Valade manifeste, seront intégrées à l'exposition découlant de la Biennale de Québec.

À Québec encore, une sculpture formée de régimes de bananes coulés dans le bronze ornera bientôt la Maison de la littérature. Créée en vertu du programme du 1%, elle se nomme Éphémère durable et fait écho à l'intérêt que nourrit le Saguenéen pour l'histoire de l'art. «C'est une nature morte contemporaine et je trouvais approprié d'utiliser le bronze, symbole de ce qui est durable, pour représenter le lieu de conservation qu'est une bibliothèque», explique-t-il.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer