Des dessins pas bêtes du tout

Pourquoi aller à Saint-Félicien quand il existe un livre comme Zoothérapie? La... (Images tirées de zoothérapie)

Agrandir

Images tirées de zoothérapie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

Pourquoi aller à Saint-Félicien quand il existe un livre comme Zoothérapie? La question est facétieuse, évidemment. C'est une façon de montrer à quel point cet album de bande dessinée créé par Catherine Lepage mérite qu'on s'y attarde. Il y a peu de texte, mais les dessins qui l'accompagnent resteront longtemps gravés dans votre tête.

L'auteure et illustratrice a construit l'album à la manière d'un guide de vie. Elle s'appuie sur le quotidien de bien des gens, le fait qu'ils manquent de temps, qu'on leur demande constamment d'exceller, que la frustration et l'inconfort font écran à la sérénité, ce qui donne des images souvent très drôles, lesquelles mettent en vedette des animaux.

«On vit constamment sous la pression du regard des autres», écrit ainsi Catherine Lepage, qui évoque ce constat en montrant un paon dont les plumes laissent voir des yeux surdimensionnés. Suit le rappel de principes utiles, un chapitre consacré aux clichés qui, comme chacun sait, expriment de grandes vérités. À côté de l'agneau portant une médaille où est gravé le mot «killer», par exemple, on lit qu'il ne faut pas aller à l'encontre de sa vraie nature.

«Je flirte souvent avec la psycho-pop, une étiquette que d'aucuns jugent négative. Je tourne ça en dérision, mais moi aussi, à ma façon, je m'en sers pour apporter du réconfort», a raconté l'artiste il y a quelques jours, à la faveur d'une entrevue téléphonique accordée au Progrès-Dimanche. Son album, publié aux Éditions Somme Toute, représente en effet une source de contentement.

Toujours dans le droit fil du thème, Zoothérapie renferme un questionnaire rigolo, lequel a pour fin de mesurer le désir de changement du lecteur. On retrouve également des conseils comme celui-ci: «Ne vous empoisonnez pas avec la haine. Pardonnez.» Il tient compagnie à un duo improbable: un lièvre et un renard en train de s'embrasser.

«Je ne veux pas juste faire de belles images, mentionne cependant Catherine Lepage. Ça prend un concept, une idée derrière.» Une fois qu'elle a trouvé la ligne directrice, les textes prennent forme, tout comme les illustrations. Le plus difficile, en fait, est de définir le bon ordre, comme pour un disque. Comment rendre la lecture fluide, autant que faire se peut? Cet exercice lui fait penser à un casse-tête.

L'amour du vieux papier

Une autre source d'émerveillement tient à la beauté des illustrations. Il y a beaucoup de dessins et le trait est précis, comme le montrent les écailles du serpent dont le corps forme un noeud, le motif torsadé d'un chandail en laine, ainsi que la fourrure de l'ours qui offre des câlins gratuits (ses crocs bien visibles ne donnent pas envie de succomber à la tentation).

D'autres techniques sont utilisées, notamment le collage, et il arrive que le support de l'oeuvre possède sa propre personnalité. «Je travaille beaucoup sur du vieux papier. Les textures usées dégagent plus de sensibilité qu'une feuille blanche. Je dessine sur les pages d'un guide d'ornithologie que possédait mon père, parfois même du contreplaqué», souligne Catherine Lepage.

Ses images sont tellement belles que certaines provenant de l'ouvrage précédent, Fines tranches d'angoisse, ont fait l'objet d'un tirage limité. «Je n'ai pas eu le temps de m'en occuper, mais ça se pourrait que je le refasse. Il y a des dessins qui ont l'air de marcher plus que les autres, comme le poisson avec une bouée. C'est drôle parce que je ne voulais pas le mettre dans le livre. Je trouvais ça trop premier degré», confie l'artiste.

Elle aimerait aussi voir Zoothérapie publié en anglais, comme les Fines tranches qui se sont muées en Thin Slices Of Anxiety grâce à la maison Chronicle Books, basée à San Francisco. Elle y croit tellement que l'écriture du nouveau livre a été faite dans la langue de Snoopy et Donald Duck. Le jour où l'éditeur lui fera signe, un clic de souris suffira donc pour acheminer le matériel en Californie.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer