L'évangile trad selon saint Yves

Yves Lambert se dit en pleine forme, lui... (Archives La Presse)

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Yves Lambert se dit en pleine forme, lui qui vient de franchir le cap des 60 ans. Il aura l'occasion de le démontrer le 14 octobre, alors que son nouveau spectacle sera présenté au Sous-Sous de Chicoutimi, dans le cadre de l'Oktober Folk Fest.

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Daniel Coté
Le Quotidien

«C'est pire que pire. Je n'ai jamais eu autant d'énergie», lance Yves Lambert à l'autre bout du téléphone. Joint il y a quelques jours à sa résidence de Sainte-Mélanie, dont sa conjointe est la mairesse, le vétéran de la scène trad affiche une forme d'enfer à l'aube de ses 60 ans. C'est donc un artiste au sommet de son art qui, le 14 octobre à 20h, se produira au Sous-Bois de Chicoutimi dans le cadre de l'Oktober Folk Fest.

Le programme sera fortement coloré par l'album Laissez courir les chiens, une création du Yves Lambert Trio. Sorti au printemps avec la complicité de Tommy Gauthier (violon, mandoline, guitare, voix et pieds), ainsi qu'Olivier Rondeau (guitares, banjo, voix), il témoigne du désir de l'artiste de demeurer fidèle à l'esprit de la musique traditionnelle, tout en lui taillant des habits presque neufs.

«Je n'ai jamais cessé de taper sur ce clou. Mon son a toujours été en évolution et à l'âge où je suis rendu, je n'ai jamais eu autant de plaisir à faire ce métier. Je suis plus conscient de ce que je fais. J'ai accepté mon charisme, celui que j'exerce sur scène. En même temps, je suis un autodidacte qui a eu le temps de faire toutes sortes d'apprentissages», explique celui qui vient de franchir le cap des 40 ans de carrière.

Il n'a jamais présenté ses nouvelles pièces au Saguenay-Lac-Saint-Jean, d'où sa joie à l'idée de se pointer à Chicoutimi. Lorsqu'on l'informe du fait que de nombreux jeunes fréquentent le Sous-Bois, son enthousiasme monte d'un cran parce que l'évangile du trad doit être constamment renouvelé, une mission qui, manifestement, lui tient à coeur.

«On a la mémoire courte, ici. On oublie de reconnaître ceux qui ont bâti ce pays et c'est pour ça, entre autres, que je trouve important d'actualiser le trad. Pour éviter que ce soit passéiste. Ça tombe bien parce qu'il y a quelque chose de contemporain dans ma façon de présenter ma musique. Même au temps de la Bottine Souriante, les arrangements étaient audacieux. On a déjà ajouté des cuivres», rappelle le chanteur.

Lui qui revient d'un festival tenu à Chicago, qui se promène régulièrement en Europe et aux États-Unis, en plus de sillonner le Québec, donne l'impression de vivre une période dorée. «C'est plus facile maintenant parce que je n'ai rien à prouver. On sait qu'un spectacle de Lambert, c'est un produit unique parce que les gens s'y reconnaissent. Ils savent aussi que ce sera professionnel au boutte», résume Yves Lambert.

Passionné par la campagne au PQ

Yves Lambert a un pied dans le passé, tandis que l'autre est solidement arrimé au présent, comme l'illustrent les projets caressés par le chanteur, autant que l'intérêt que suscite chez lui la campagne à la chefferie du Parti québécois. Le trait commun à toutes ces choses qui l'interpellent? La notion d'identité.

«Je suis passionné par la campagne au PQ et je remarque les frilosités du discours en ce qui touche le thème de l'identité. Je n'en reviens pas parce qu'à la minute où on parle de ça, de l'identité québécoise, c'est vu comme une affaire raciste, a-t-il déploré mercredi, lors d'une entrevue téléphonique accordée au Progrès-Dimanche. Moi-même, j'ai travaillé avec plein de groupes, des Arabes et des Juifs, entre autres. Mais il faut être conscients de ce qu'on est.»

Qu'il y ait un brassage d'idées au PQ le réjouit, cependant. Sans s'afficher en faveur de tel ou tel candidat, Yves Lambert souhaite que les citoyens en profitent pour s'investir dans la vie démocratique de leur nation. «Les gens ont avantage à s'intéresser à la politique, pas nécessairement pour les partis, mais pour se définir. Il y a une grosse réflexion à faire», énonce-t-il.

L'identité est aussi portée par la culture et sur ce plan, le chanteur sent le besoin de brasser la cage. «On a la chance d'avoir une télévision qui nous appartient, mais ceux qui la dirigent nous prennent pour des cons. Il y a un gros manque de contenu, tranche Yves Lambert. Comme on nous dit que la musique, ça ne passe pas au petit écran, je travaille sur un concept d'émission, une nouvelle plate-forme. Même à 60 ans, j'ai encore de l'ambition.»

En attendant de voir si cette démarche trouvera une conclusion heureuse, il se rendra à Carleton-sur-Mer cette semaine, afin d'animer des ateliers destinés aux enfants. C'est sa première expérience du genre, un saut dans l'inconnu qui pourrait, une fois de plus, lui fournir l'occasion de ramener l'identité à l'avant-plan.

«Les écoles ont coupé dans la culture et je sens qu'il existe un besoin d'initier les jeunes à la musique trad. Ça me paraît de plus en plus évident, d'où le concept que je suis en train de développer, sur lequel je vais travailler pendant mon séjour en Gaspésie», laisse entrevoir Yves Lambert qui, manifestement, est un homme de toutes les passions, de toutes les saisons.

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