Julien Boily, le premier d'Artagnan

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L'artiste Julien Boily

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Daniel Coté
Le Quotidien

Le Centre Bang a porté son choix sur Julien Boily.

Cet artiste originaire de Saint-Gédéon sera le premier à bénéficier du projet d'Artagnan, une initiative qui lui permettra de consacrer tout son temps à la création, pendant un an. Il jouira alors d'un support exceptionnel, grâce à la collaboration du Conseil des arts et des lettres du Québec, des Ateliers Touttout, du Centre Sagamie, de Canopée Médias, de Saguenay, de la MRC du Fjord-du-Saguenay, du Conseil des arts de Saguenay et de Zone occupée.

La liste des partenaires est longue et reflète le privilège qui échoit au récipiendaire, dont le mandat commencera en novembre. Pendant six semaines, il effectuera une résidence-création qui le conduira à Petit-Saguenay. Ce sera l'occasion de mailler son art à celui de quelques artisans du secteur, dont un céramiste, un luthier, un ébéniste et un forgeron.

«Les gens de Petit-Saguenay veulent donner et recevoir dans un contexte qui est celui de l'art actuel», affirme Patrick Moisan, directeur adjoint du Centre Bang. De son côté, Julien Boily a déjà ciblé des actions qui devraient se matérialiser dans les prochains mois. Il est d'autant plus motivé que sa pratique évolue dans la direction que suggère cette démarche.

«J'ai surtout fait de la peinture, des dessins et des estampes, depuis dix ans, et j'ai l'intention de me diriger vers le 3-D, de travailler avec le bois et la céramique, par exemple. Je tiens donc à ce qu'il y ait de vrais échanges, énonce celui qui a été sélectionné parmi une dizaine de candidats. Je ne me présenterai pas là-bas avec des idées préétablies.»

Retour à l'animation

Une résidence de production d'une durée de six mois figure ensuite à l'agenda, une gracieuseté des Ateliers Touttout. Elle sera couronnée par une exposition tenue à l'Espace Séquence du Centre Bang, situé sur la rue Racine, à Chicoutimi. Présentée à l'été 2017, elle constituera une belle vitrine, à en juger par le succès remporté par Convention collective, une exposition dans laquelle, justement, on retrouvait des tableaux réalisés par Julien Boily.

Au moment de produire ses nouvelles oeuvres, l'artiste aura accès à un parc technologique impressionnant. On pourrait croire que ce sera inutile, eu égard à son amour de la peinture. Or, le virage évoqué plus haut nécessitera autre chose qu'une toile et des pinceaux. «Depuis un an, j'intègre de l'art numérique dans mon travail», fait-il observer.

Directeur adjoint du Centre Bang, Patrick Moisan annonce... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque) - image 2.0

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Directeur adjoint du Centre Bang, Patrick Moisan annonce que le premier artiste choisi dans le cadre du projet d'Artagnan est le peintre Julien Boily. Grâce au concours de plusieurs partenaires, celui-ci disposera de moyens impressionnants pour porter son art à un autre niveau.

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

Ayant fait de l'animation pendant quatre ans, à Montréal, Julien Boily a le goût de produire des images qui exploreront cette avenue. La perspective sera différente, puisqu'à l'époque, son rôle était limité. On lui confiait pour mission de plancher sur les textures et l'éclairage dans le contexte d'un travail d'équipe de nature commerciale.

Fait à signaler, les oeuvres présentées au Centre Bang jouiront d'une deuxième vie par l'entremise d'une publication réalisée par le Centre Sagamie, établi à Alma. On parle ici d'un catalogue étoffé, qui restera pertinent pendant au moins deux ans. «Nous disposerons des ressources nécessaires pour recruter un auteur de qualité», se réjouit Patrick Moisan.

Volet international

L'ultime retombée générée par le projet d'Artagnan embrasse la diffusion du travail de Julien Boily hors des frontières du pays. Plusieurs choses pourraient se concrétiser, mais l'accent sera mis sur la foire internationale d'art contemporain Art-Athina, tenue à Athènes. Deux fois, déjà, le centre d'artistes a été invité à participer à cet événement présenté au printemps. Une chance inestimable.

Julien Boily a déjà ses habitudes là-bas. Cette année, il a fait le voyage avec des collègues du Saguenay, Cindy Dumais et Mathieu Valade, et trace un bilan positif de son séjour. «Il faut y aller en étant proactif, en fixant des objectifs et en se donnant les moyens pour que ça arrive», rapporte le peintre. C'est ainsi que des projets d'exposition à Stockholm et Zurich ont vu le jour à la suite de son récent passage à Athènes.

Choisi par un comité où siégeaient des représentants de tous les partenaires, il est conscient de la chance qu'on lui accorde, de son caractère unique. Premier d'une liste de lauréats qu'on souhaite voir s'allonger, Julien Boily parle d'un soutien majeur, d'un «tremplin incroyable» dont il entend tirer le meilleur parti.

Quant au Centre Bang, il voit dans ce projet un moyen de placer les créateurs d'ici sur une rampe de lancement, en quelque sorte, de leur offrir l'encadrement nécessaire afin que leur art jaillisse, rayonne, qu'il prenne une autre dimension. «Pour une fois, l'artiste a les moyens de ses ambitions», décrit Patrick Moisan avec un brin de fierté dans la voix.

Outils modernes, technique classique

Le Centre Bang a porté son choix sur Julien Boily. (Photo courtoisie) - image 4.0

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Photo courtoisie

Le Centre Bang a porté son choix sur Julien Boily. (Photo courtoisie) - image 4.1

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Photo courtoisie

Julien Boily se distingue par la finesse de ses tableaux. Qu'il s'agisse d'une nature morte formée de boîtiers en styromousse, d'un oeuvre montrant des appareils vidéo désuets ou de sphères comme celles qui sollicitent son talent ces temps-ci, on reconnaît tout de suite la qualité du rendu, le lien entre ces images et les maîtres anciens dont l'artiste s'inspire, sans les imiter platement.

«Je travaille sur des natures mortes depuis 2009, raconte-t-il. Au début, je mettais en scène des objets avant de les photographier, alors qu'aujourd'hui, je crée des images en trois dimensions qui me servent de modèles pour les toiles. Le virtuel m'ouvre plein de portes, mais l'intermédiaire entre les deux, c'est toujours moi et ma technique classique.»

Il insiste pour dire que la minutie ne constitue pas un absolu, d'autant qu'il n'est pas nécessaire de produire l'équivalent d'une photo. Quand il y a des imperfections, c'est le regardeur qui prend le relais, inconsciemment. «L'oeil humain travaille pour nous. Il complète le tableau, gomme ce qui ne fonctionne pas», indique le peintre.

Ce qui l'anime particulièrement, ce sont les sphères. Il aime exploiter cette forme en la dédoublant. Parfois, une boule bien lisse cohabite avec une pierre bleutée, ou encore une sphère constituée de petits triangles où la lumière se dépose délicatement, jamais de la même façon. Il y a aussi des boules de Noël qui, lorsqu'on les observe attentivement, laissent voir des silhouettes humaines.

«Ça ajoute un niveau de lecture et je veux pousser ça plus loin. Ce qui arrive, au fond, c'est que chaque personne se projette à l'intérieur de la scène. Dans ce sens-là, ce sont des oeuvres ouvertes», note Julien Boily. C'est pour aller au bout de cette expérience qu'il consacre tout son temps à la peinture, depuis un an, après avoir occupé différents emplois dans des centres d'artistes de la région. Et c'est pour ça que le projet d'Artagnan arrive à point nommé.

«Ça tombe bien parce que j'ai semé des graines qui ont donné des résultats», confirme le Saguenéen originaire de Saint-Gédéon. Avant d'amorcer sa résidence au Centre Bang, cependant, il doit mettre la dernière main aux expositions qui seront présentées au Lieu, une galerie de Québec, ainsi qu'au centre d'artistes Vaste et Vague de Carleton-sur-Mer. Dans le premier cas, il s'agit d'une exposition collective, alors que l'autre constitue un solo.

En février, un autre solo l'attend à la Galerie d'art Outremont, puis un troisième au cours de l'été, cette fois à la Maison de la culture de Notre-Dame-de-Grâce. Il faudra donc produire, tout en gardant à l'esprit le rendez-vous estival qui couronnera sa résidence, son solo à l'Espace Séquence de Chicoutimi.

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