Du Dolan à son meilleur

Juste la fin du monde met en scène... (Photo courtoisie, les Films Séville)

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Juste la fin du monde met en scène un jeune auteur (Gaspard Ulliel) qui retourne voir sa famille après 12 années d'absence afin de leur annoncer sa mort.

Photo courtoisie, les Films Séville

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

CRITIQUE / Ce n'est qu'un déjeuner en famille. Ce n'est pas la fin du monde. Et pourtant... Juste la fin du monde, sixième long-métrage de Xavier Dolan, est loin de laisser indifférent. Ce n'est pas le genre de film qu'on peut consommer, puis penser au dîner. C'est du Xavier Dolan. À son meilleur.

L'intensité, la lumière, l'esthétisme, le souci du détail, l'utilisation de la musique ... Xavier Dolan a la capacité de marquer ses films d'une signature qui lui est propre. Dans Juste la fin du Monde, l'adaptation de la pièce de théâtre de Jean-Luc Lagarce, tout crie son nom, presque aussi fort que les personnages du film lorsqu'ils se gueulent après.

Juste la fin du monde, c'est l'histoire de Louis (Gaspard Ulliel), 34 ans, un auteur qui retourne chez lui après 12 années d'absence afin d'annoncer aux siens qu'il va mourir. Il retrouve son frère Antoine et sa belle-soeur qu'il n'a jamais rencontrée (Vincent Cassel et Marion Cotillard), sa soeur Suzanne qu'il n'a pas vu grandir (Léa Seydoux), ainsi que sa mère (Nathalie Baye).

Ils se retrouvent à l'intérieur de la maison familiale. Les retrouvailles qui auraient pu prendre l'allure de fête sont loin d'être douces. La proximité s'installe entre des personnages qui ne se sont pas vus depuis des années. Tout éclate, les frustrations, les attentes déçues, l'incompréhension, les reproches qui n'ont pu être adressés. Malgré tout, l'amour se sent, à travers les pleurs et les cris.

Impossible pour Louis de communiquer au sein de cette cellule familiale conflictuelle. Des êtres peuvent être si près les uns des autres et si loin à la fois.

Pendant 95 minutes, les mots déferlent. Ils sont lancés, criés, chuchotés parfois, mais rien n'est dit, du moins, pas l'essentiel. Les silences des personnages deviennent ainsi lourds de sens.

Les plans serrés, la lumière, tout contribue à accentuer la tension du huis clos. À quelques scènes près, tout se déroule à l'intérieur de la résidence familiale. On entre dans l'intimité des personnages.

On entend souvent des gens qui ont joué dans ses films affirmer que Xavier Dolan est un directeur d'acteurs hors pair.

Dans Juste la fin du monde, les plans serrés qui caractérisent une bonne partie du film ne laissent aucune marge de manoeuvre aux acteurs. Un regard, un froncement, une expression... rien n'échappe au spectateur. Xavier Dolan a su tirer le meilleur de chacun. Le jeu n'affiche aucune faiblesse. Gaspard Ulliel est touchant, Vincent Cassel particulièrement détestable, Marion Cotillard, Léa Seydoux et Nathalie Baye, justes.

Xavier Dolan signe donc un nouveau film qui ne laisse pas indifférent. Une coproduction Canada-France qui touche et qui force le spectateur à quitter la salle de cinéma avec un certain sentiment de lourdeur. Une sensation générée par des minutes de tensions familiales et le poids du secret qu'il a partagé avec le personnage principal.

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