Les Farandoles danseront leurs 50 ans

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Le spectacle 50 ans de mouvements comportera un volet consacré à Ecce Mundo. Il réunira des numéros présentés par les Farandoles entre 2000 et 2011

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Daniel Coté
Le Quotidien

Pendant près de deux heures, le public verra défiler une centaine de danseurs portant quelque chose comme 400 costumes. Même s'ils ne respecteront pas un ordre chronologique, les numéros toucheront à toutes les périodes qui ont balisé l'évolution de l'école basée dans une aile du Cégep de Chicoutimi, plus spécifiquement l'ancienne résidence des Antoniennes-de-Marie.

«Nous voulions faire un cadeau à la population, puisqu'elle nous encourage depuis des années. Nous montrerons ce qui représente le mieux les Farandoles, notamment les danses folkloriques. Il y aura une chorégraphie à la Riverdance, d'autres de la Bulgarie, de la Pologne, d'Israël, du Mexique et de la Croatie, ainsi que du contemporain, du hip-hop et des extraits d'Ecce Mundo», révèle la directrice générale et artistique de la compagnie, Ariane Blackburn.

Parlant d'Ecce Mundo, ses artisans ont beau vivre dans différentes régions, ils demeurent attachés à cette production qui a tenu l'affiche pendant 12 saisons à Chicoutimi. Ils ont gardé le contact grâce aux médias sociaux et s'arrangent pour souper ensemble une fois par année. C'est donc avec enthousiasme qu'une vingtaine d'entre eux répètent depuis plusieurs mois, souvent à Montréal, en vue de la soirée du 30 septembre.

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Ariane Blackburn et Julie Lévesque sont impressionnées par la bonne volonté affichée par les danseurs qui participeront, le 30 septembre, au spectacle 50 ans de mouvements proposé par les Farandoles.

Photo Le Progrès-Dimanche, Yohann Gasse

«Ils pratiquent leurs blocs à distance et on s'envoie des vidéos», explique Julie Lévesque, directrice de production. Ce qui est particulier dans le cas de ces danseurs, c'est le fait qu'en 2011, ils ont donné l'ultime représentation d'Ecce Mundo sans savoir que c'était la fin, puisque la décision de ne pas reprendre cette production a été prise quelques mois plus tard. «Là, ils vont fermer une petite boucle. Et peut-être pas», mentionne Ariane Blackburn.

Deux autres vétérans de la compagnie, le comédien Félix-Antoine Tremblay et Caroline Dubois, de la station de radio CKOI, animeront la soirée et comme tous les autres participants, ce sera à titre bénévole. Il faut dire qu'en plus de célébrer les 50 ans des Farandoles, on profitera de l'occasion pour constituer un fonds destiné à soutenir cette organisation. «Ce sera pour en assurer la pérennité et faire du développement», précise Ariane Blackburn.

Elle est impressionnée par la collaboration offerte par les membres de la compagnie, anciens et actuels. Même des gens qui ont peu dansé dans les dernières années ont tenu à contribuer, quitte à maltraiter leurs genoux. À l'autre bout du spectre, le public découvrira la bande de Droïde. Ce sont des petits nouveaux, eu égard au fait que cette troupe de compétition a été formée en septembre 2015. Son numéro de hip-hop est spectaculaire, laisse-t-on entendre.

50 ans de mouvements constituera la partie visible des célébrations, lesquelles se poursuivront le lendemain à La Pulperie, à la faveur d'ateliers et d'un souper réservés aux anciens, en plus d'une folkothèque. Signe que le public s'ennuie des Farandoles, la demande pour les billets a justifié l'ouverture du balcon. «Nous sommes l'une des plus vieilles compagnies de danse au Québec. Ça vaut la peine de le souligner», affirme Ariane Blackburn.

C'est avec Paris Folies que les Farandoles ont... (Photo Le Progrès-Dimanche, Yohann Gasse) - image 4.0

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C'est avec Paris Folies que les Farandoles ont amorcé la présentation de spectacles en été. Cette production a tenu l'affiche de 1994 à 1999.

Photo Le Progrès-Dimanche, Yohann Gasse

Cette affiche au look rétro témoigne de la... (Photo Le Progrès-Dimanche, Yohann Gasse) - image 4.1

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Cette affiche au look rétro témoigne de la grande époque du Cancan, ce spectacle né en 1980, dans le cadre du Carnaval-Souvenir de Chicoutimi.

Photo Le Progrès-Dimanche, Yohann Gasse

Un grand morceau de vie

Quand Ariane Blackburn évoque les 50 ans des Farandoles, c'est un grand morceau de sa vie qui défile. Elle était enfant lorsque la troupe a été fondée à Rivière-du-Moulin en novembre 1966, les premiers professeurs étant Jacques Biron et son épouse, Gilberte Bilodeau. Au début, seuls les adultes pouvaient suivre les cours de danse folklorique dispensés au Centre Léonard-Chrétien. Les jeunes ont dû patienter jusqu'en 1967 pour jouir du même privilège.

«Moi, je suis entrée en 1969 dans le groupe des enfants et dès l'âge de 17 ans, j'ai participé aux tournées. Comme j'avais du talent et du leadership, Jacques m'a offert de prendre la troupe à son départ, en 1974. J'étais très jeune, mais j'avais la tête dure, tout en étant ce qu'on appelle un vieux génie. De toute façon, je préférais organiser les choses, plutôt que d'être sur scène», raconte la directrice générale et artistique de la compagnie.

Les tournées auxquelles elle fait allusion ont marqué la première phase de l'histoire des Farandoles. L'ouest du pays, de même que les Maritimes, Ottawa pour le Jubilé de la reine, l'Olympia de Paris avec Ti-Blanc Richard, des sorties à Nashville, ainsi que dans l'ex-Yougoslavie au début des années 1980: la liste est longue et témoigne du niveau qu'ont atteint les Farandoles, ce qu'illustre le championnat remporté en 1977, au Festival des Cantons de Sherbrooke.

Très vite, en effet, la compagnie a développé des affinités avec le folklore international. À tous les étés, sa jeune directrice participait à des ateliers de formation aux États-Unis, souvent dans l'État de New York, pour apprendre de nouvelles chorégraphies. «La première fois, j'étais partie deux semaines et je ne comprenais pas l'anglais. Pendant ces stages, on apprenait 60 danses par semaine», se souvient Ariane Blackburn.

Sa première tournée internationale en tant que directrice fut Québec via Mexico, qui a eu lieu en 1974. Le souvenir qu'elle en garde tient à la présence de 12 hommes parmi les 24 danseurs. «On avait des gars, mais je pense qu'ils venaient pour voir de belles filles», avance-t-elle en riant. Les effectifs masculins ont fondu par la suite, une réalité à laquelle la plupart des troupes sont confrontées, pour cause de préjugés.

Le défi de la durée

Une autre phase importante a été amorcée en 1980, celle des spectacles à grand déploiement présentés à Chicoutimi. Tout a commencé modestement, alors qu'un responsable du Carnaval-Souvenir s'est pointé au bureau d'Ariane Blackburn un lundi. Il avait besoin d'un numéro de 30 minutes pour le vendredi, histoire d'animer un casino tenu au sous-sol du magasin A.L. Green situé sur la rue Racine (là où se trouve aujourd'hui un marché aux puces).

«Le premier soir, il n'y avait pas de monde. Ils ont ensuite donné des billets, puis ça s'est rempli tout seul», note la directrice. L'année suivante, à l'hôtel Saguenay, la revue se déployait sur une heure et a attiré de 200 à 300 personnes à chaque représentation. Puis, elle a migré à l'hôtel Le Montagnais, d'abord au sous-sol, puis dans la grande salle du rez-de-chaussée où, dès 1983, on a enregistré 9000 entrées.

Jusqu'à la fin de cette aventure, en 1993, le bénévolat était la règle. C'est seulement l'année suivante que les danseurs ont été rémunérés, soit lors de la création de Paris Folies. Cette fois, c'est la compagnie qui produisait le spectacle, dont les représentations étaient données en été. «Je rêvais de faire vivre les danseurs ici», résume Ariane Blackburn.

La dernière mutation fut de nature artistique, alors qu'Ecce Mundo a pris la relève de 2000 à 2011. En plus des numéros de danse, il y avait une place pour les arts du cirque et le chant. Le succès fut au rendez-vous jusqu'au moment où Saguenay a pris acte de la baisse du nombre d'entrées et choisi de retirer ses billes. Il y avait moins de touristes, tandis que l'offre de spectacles était en croissance.

La fin de cette production n'a pas nui aux activités de l'école. Elle regroupe aujourd'hui 350 élèves, dont 48 inscrits en arts-études, ce qui laisse entrevoir un avenir radieux, au-delà du 50e anniversaire. «Notre plus grande réalisation, c'est d'avoir maintenu la barre aussi longtemps. Les autres compagnies sont toutes disparues», note ainsi Ariane Blackburn.

Les trois rêves de la directrice

Même si elle dirige les Farandoles depuis 42 ans, Ariane Blackburn n'a pas perdu la capacité de rêver. Certains des projets qu'elle caresse sont réalistes, d'autres plus ambitieux, mais chacun fait foi de sa volonté de hausser le profil de la danse au Saguenay-Lac-Saint-Jean, tout en préservant le volet éducatif.

Si on parle de sa cible la plus élevée, elle tient à la création d'un spectacle qui poursuivrait la tradition établie par le Cancan, Paris Folie et Ecce Mundo. «Ce ne sont pas les idées qui manquent, mais l'argent», signale la directrice générale et artistique de la compagnie. Prenant note de la hausse de la fréquentation touristique cet été, elle affirme que la porte est entrouverte, pour peu que Saguenay manifeste de l'intérêt pour un tel projet.

Un autre de ses rêves consiste à fonder une troupe de folklore rassemblant des hommes et des femmes. Son mandat serait large, englobant les danses québécoises et internationales qui ont permis aux Farandoles d'établir leur réputation. «Ce serait d'abord une source de plaisir. Ça demande une certaine discipline, mais c'est relaxant, aussi. Il y a des danses de tous les niveaux et on pourrait participer à des festivals», anticipe Ariane Blackburn.

Son troisième voeu serait de constituer un club de folklore à Chicoutimi. Il opérerait sur les mêmes bases qu'une folklothèque, alors que les amateurs de danse se réuniraient pour pratiquer cette activité dans une atmosphère conviviale. «On pourrait se voir quatre soirs par année, passer d'un set québécois à une danse bulgare sans que le cadre soit rigide. On le ferait pour le plaisir de la chose», fait valoir la directrice des Farandoles.

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