Le castor, cet inconnu

Quand Pierre Demers s'attaque à un sujet, c'est... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Quand Pierre Demers s'attaque à un sujet, c'est à la fois par l'écriture et la prise d'images comme celles que le public découvrira le 21 septembre, au Côté-Cour de Jonquière. On y lancera Le castor invisible, un court métrage doublé d'un recueil de poèmes.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

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Daniel Coté
Le Quotidien

Qu'ont en commun l'Oncle Pierre, Arthur l'Aventurier, Walt Disney, le commandant Cousteau et Pierre Demers?

À un moment ou l'autre de leurs carrières, ces gens ont été fascinés par le castor. L'emblème animalier du Canada leur a inspiré des chroniques, des chansons, des émissions de télévision et des documentaires, de même qu'un film et un recueil de poèmes qui seront lancés le 21 septembre, à l'occasion d'un 5 à 7 tenu au Côté-Cour de Jonquière.

Le réalisateur et l'auteur de ces oeuvres, Pierre Demers, n'aurait jamais imaginé qu'une famille de castors capterait son attention plus de cinq secondes. Il aime les sujets un peu champ gauche, comme l'ont montré ses travaux consacrés au «trou de bouette» de Shipshaw, à la motoneige et à la politique locale. Mais la nature? Une boule de fourrure?

«Comme avec La bouette, ç'a commencé par un film, puis j'ai eu besoin du livre pour compléter la démarche», explique le principal intéressé. C'est au hasard d'une promenade dans les Sentiers du Manoir, situés près de sa résidence d'Arvida, qu'il a déniché son sujet. Ce fut l'amorce d'une série de visites étalées sur 18 mois.

«Je ne pensais jamais de m'intéresser à ça, mais je suis tombé dans le piège... et aussi dans l'eau en quelques occasions. Le castor m'a fasciné à partir du moment où j'ai vu que le ruisseau Deschênes débordait, au printemps. Des bêtes sont sorties. Elles se promenaient. Elles se lavaient entre elles», raconte Pierre Demers.

C'est la saison où le castor se montre le plus. Après un hiver enfermé dans sa hutte, le goût de manger des feuilles l'excite au plus haut point. «Il vire fou, alors que l'été et l'automne, il faut être patient pour le filmer, note le cinéaste. Pour y arriver, je sortais chaque jour, entre 17h et 19h. Ma blonde pensait que j'avais une maîtresse.»

Castors et voisins

D'une durée d'environ 30 minutes, le court métrage a pour nom Le castor invisible, ce qui correspond au titre du recueil publié aux Éditions Trois-Pistoles. Comme on s'en doute, ce n'est pas la dimension biologique qui prime. Le sympathique rongeur sert de prétexte à une réflexion sur la vie en société.

«Ce sujet m'a amené ailleurs, dans une autre dimension de la réalité, décrit Pierre Demers. Le recueil est zen parce qu'au bord du ruisseau, il n'y a pas de bruit, hormis celui, lointain, que font les voitures. Tout ce qu'on entend, ce sont les corneilles et les coups de queue que le castor donne dans l'eau quand il trouve que je suis trop proche.»

Ce qui l'a interpellé, aussi, c'est le fait que la famille comprenant les parents, de même que leurs quatre enfants, vivait si près de chez lui. «Le livre est une allégorie sur les voisins. Je ne connais pas les miens et c'était pareil pour les castors», indique le poète.

Plusieurs textes réfèrent au titre, alors que l'auteur essaie d'imaginer ce que font ses amis poilus lorsqu'ils évoluent sous la surface de l'eau. Mais la trace la plus importante laissée par cette expérience réside ailleurs, dans l'effet qu'elle a produit sur lui.

«Avant, je ne me rendais pas souvent dans le bois. Ce projet m'a donc permis de vivre le changement des saisons, de voir l'herbe pousser. J'ai aussi été témoin de scènes impressionnantes, comme la fois où un castor s'est tenu debout, appuyé sur sa queue et tenant de la glaise dans ses pattes. Il allait consolider sa hutte», rapporte Pierre Demers.

Il précise que le montage du film sera signé Yves Whissel, tandis que la musique a été créée par Bruno Chabot. «C'est mon premier court métrage animalier», constate le cinéaste, qui n'écarte pas l'idée de prolonger le plaisir en faisant du castor le sujet d'un livre pour enfants.

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