Le collectif atteint sa majorité

L'arrivée de trois membres à La Maestria, ce qui ramène leur nombre à 12,... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

L'arrivée de trois membres à La Maestria, ce qui ramène leur nombre à 12, témoigne de la vigueur de ce collectif fondé il y a 18 ans. «On a une équipe diversifiée, des gens reconnus pour la qualité de leur travail. Certains ont même exposé en Europe», fait valoir Michel Cloutier, responsable des communications.

Il estime que l'arrivée des aquarellistes Christiane Cardinal, Louise Gauthier et Francine Savard perpétue la tradition d'excellence à laquelle souscrivait le regretté Jean-Paul Lapointe, l'un des fondateurs du regroupement. Quelques collègues ayant quitté pour cause de déménagement, on a profité de l'occasion pour renouveler les effectifs.

Parmi les critères de sélection, le médium utilisé par les artistes figure en bonne place. L'acrylique demeure le plus fréquenté, mais on retrouve aussi des adeptes de la peinture à l'huile, de l'aquarelle et de la sculpture, sans parler de Sophie Lebeuf dont les tableaux sont composés, en partie, de bauxite.

«On souhaite également que les membres possèdent des styles différents. Il ne faut pas que les oeuvres se ressemblent», souligne Michel Cloutier. C'est ce qui donne plus de relief aux activités organisées par La Maestria, à commencer par La Route des Artistes, celle qui, traditionnellement, marque le début de la saison.

Certains recevront les visiteurs à leur atelier, tandis que Jean-Marie Laberge, Judith Tremblay et Christiane Cardinal présenteront leurs créations à l'Espace Maestria, la salle d'exposition située au 18 rue Racine est, à Chicoutimi.

Les 12 membres du collectif remettront ça avant les Fêtes, à la faveur d'une exposition collective tenue au même endroit. Provenant de partout au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ils célébreront une nouvelle fois l'exploit que constitue le maintien, depuis si longtemps, du seul organisme de la région regroupant des artistes professionnels.

Les couleurs de Louise Gauthier

Femme de chiffres, comme en témoigne sa vocation de comptable, Louise Gauthier a trouvé l'exutoire le plus approprié en 2004, lorsqu'elle s'est mise à l'aquarelle. Ce qui devait constituer un projet de retraite, à l'origine, s'est mué en passion.

«À chaque fois que je visitais une exposition, j'accrochais sur les aquarelles. J'aime la liberté que ça procure et je me suis mise à explorer ce médium plus rapidement que je ne l'aurais imaginé. Ça permet de vider tes émotions», fait valoir l'artiste qui, depuis quelques mois, a joint les rangs de La Maestria.

Fière de faire partie de ce collectif, elle participera à une première activité du 16 au 18 septembre, à l'occasion de La Route des Artistes. Ceux qui voudront la visiter n'auront pas besoin de se déplacer à Saint-Charles-de-Bourget, son lieu de résidence depuis trois ans. Ils ont rendez-vous au 3600 boulevard Harvey, à Jonquière, de midi à 17h.

C'est dans le bureau où Louise Gauthier jongle avec les chiffres qu'on pourra découvrir ses aquarelles, ainsi que des toiles à l'acrylique et quelques statuettes en tissu. «Il y a de beaux espaces que je pourrai exploiter. Je vais travailler sur place», anticipe la nouvelle recrue de La Maestria.

Plusieurs des oeuvres offertes au regard des visiteurs émaneront de sa série consacrée au souvenir. Ce sillon creusé depuis trois ans se manifeste de bien des façons. Un air ancien, un voyage en Italie, la maison où résidaient les grands-parents, suffisent pour stimuler son imagination.

Ce qui est remarquable, aussi, c'est la vivacité de sa palette. Les rouges sont très présents, ainsi que les bleus et les jaunes. «C'est parce que moi-même, quand je suis plongée dans mes souvenirs, je vois des couleurs ''flash''», explique Louise Gauthier.

Elle profite pleinement des riches pigments qu'on trouve dans le commerce. Après avoir mouillé le papier, l'artiste dépose les couleurs avant de les faire glisser sur la surface. Les formes qui en résultent servent de support à la création.

«Rien n'est défini à l'avance. Je peux faire ce que je désire, alors qu'avant de travailler de cette manière, ce que je produisais était très structuré. Je réalisais des portraits, de la représentation sur photo, mais ça ne me libérait pas», raconte Louise Gauthier.

Neuf mois ont été nécessaires pour négocier cette transition qui l'a aidée à mettre le médium à sa main. Aujourd'hui, il correspond à ses besoins, à son désir d'expression. «J'aime l'aquarelle pour le défi qu'elle pose, parce qu'une zone de confort, ça m'ennuie. Il faut oser», énonce l'artiste originaire de Jonquière.

La transparence selon Francine Savard

Si les politiciens affichaient la même transparence que les toiles de Francine Savard, personne ne les soupçonnerait des pires choses. L'aquarelliste affectionne la lumière, en effet. Peu importe le thème abordé, on a l'impression qu'une lampe puissante balaie ses oeuvres.

«Je pratique l'aquarelle depuis 30 ans et j'apprécie ce médium en raison de sa transparence, confirme la Chicoutimienne. Tout en étant versatile, il donne naissance à plein d'imprévus qui stimulent la création. On exerce un certain contrôle, mais on doit laisser aller le pigment lorsqu'il se mêle à l'eau.»

Les fleurs comptent parmi ses sujets favoris et on ne s'étonne pas de l'entendre dire que l'horticulture constitue l'un de ses passe-temps. Pas besoin, non plus, d'être un fin observateur pour cerner ce qui l'allume particulièrement.

«J'aime les fleurs avec des gouttes posées dessus. J'en ai fait une série et ça me fascine. Je trouve ça beau. On peut, par exemple, y mettre le reflet de la fleur qui se trouve à côté», fait observer Francine Savard en montrant l'une des oeuvres caractéristiques de cette approche, Perles de fraîcheur.

Visibilité accrue

Membre de la Northeast Watercolor Society, une organisation basée à New York, la Chicoutimienne a aussi joint les rangs de la Société canadienne de l'aquarelle il y a cinq ans. Ce sont autant de manières de faire partie d'une communauté, de profiter de toutes les occasions pour diffuser son travail.

Suivant la même logique, la voici à La Maestria, où elle vient d'être admise en compagnie de ses consoeurs Louise Gauthier et Christiane Cardinal. «Je suis ses activités depuis des années et quand des places sont devenues libres, j'ai soumis ma candidature. Ça me procurera davantage de visibilité», fait valoir Francine Savard.

Une première occasion sera offerte du 16 au 18 septembre, alors que le collectif tiendra la 12e édition de La Route des Artistes. Il suffira de se pointer à sa résidence du 2895 rang Saint-Pierre, à Chicoutimi, pour visiter son atelier.

«C'est à cet endroit que je peins et que je donne des cours depuis 16 ans. Je suis contente de participer à cette activité qui me permettra de recevoir les gens chez moi, un peu comme on le fait au cours d'un symposium», souligne Francine Savard.

Parlant de symposium, elle complète aujourd'hui sa participation au rendez-vous de Val-Jalbert. Il s'agit d'un moment spécial pour l'artiste, ce qui ne tient pas uniquement au charme du lieu. «Comme j'ai eu des problèmes de santé, ça fait quatre ans que je n'ai pas été associée à un événement de ce genre», précise l'aquarelliste.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer