Un film tourné à Mashteuiatsh et Roberval en 2017

Le réalisateur William Mazzoleni tournera un court métrage... (Photo courtoisie)

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Le réalisateur William Mazzoleni tournera un court métrage sur ses racines, lui qui a un père innu et une mère italienne.

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Mashteuiatsh, Roberval et les environs serviront de plateaux de tournage au printemps prochain. Le cinéaste William Mazzoleni vient d'obtenir une aide financière de 60 000$ afin de réaliser son court métrage intitulé Vivre, un film qui rend hommage à ses racines innues.

En ouverture, le film Vivre de William Mazzoleni... (Photo courtoisie, Terravenir 2011) - image 1.0

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En ouverture, le film Vivre de William Mazzoleni plongera le spectateur dans un rêve.

Photo courtoisie, Terravenir 2011

William Mazzoleni a plus d'une centaine de productions à son actif. Installé à Montréal depuis quelques années, il a réalisé des vidéoclips, publicités, films corporatifs et courts métrages de toutes sortes. Il y a déjà longtemps que celui qui est originaire de Roberval caresse le projet de réaliser un court métrage sur ses origines. Pour le jeune homme qui a terminé sa formation en Art et technologie des médias en 2008, ce film a un aspect très émotif.

«C'est une façon de rendre mon père éternel, de l'imprimer sur une bande vidéo», confie-t-il au cours d'un entretien téléphonique.

Vivre est issu d'un mélange entre fiction et réalité, une oeuvre poétique axée sur l'héritage culturel autochtone. «J'ai écrit le scénario à partir de mes souvenirs que j'ai trafiqués pour raconter une histoire.»

Le film raconte l'histoire de Matéo, un adolescent métis qui vit une crise identitaire après le suicide de son père. «Il ne sait pas qui il est. Il se demande s'il est Amérindien ou Blanc. À travers un rêve, son père va lui léguer un dernier enseignement», décrit William Mazzoleni. «Ce sera très inspiré de ma vie», explique-t-il.

Mi-Italien, mi-Montagnais, William Mazzoleni avait 14 ans lorsque son père s'est enlevé la vie. Avant le drame, le garçon dont les parents étaient séparés vivait à mi-temps à Mashteuiatsh avec son père et à Roberval avec sa mère.

Enfant, partager sa vie entre les deux cultures était naturel pour lui. «À l'adolescence, avec la perte de mon père, ç'a été plus difficile. J'ai entendu des propos racistes. Les gens ignoraient que j'étais Amérindien, mais ils parlaient de moi, de ma famille, de tous mes liens affectifs», raconte celui qui explique que s'il a des caractéristiques physiques de son père, il a hérité de la peau blanche et des yeux bleus de sa mère italienne. «J'ai toujours été celui qui n'est ni Blanc, ni Amérindien.»

Avec Vivre, il propose une représentation du peuple autochtone et de sa volonté à transmettre sa culture d'une génération à l'autre.

«Je veux démontrer que l'autoreprésentation peut permettre une affirmation saine et positive de notre propre identité», explique-t-il. «Les histoires de drogues, d'alcool, de suicide et de pensionnat, les gens les connaissent déjà. Je veux redonner aux jeunes autochtones une image positive d'eux-mêmes.»

Le cinéaste espère aussi atteindre les parents autochtones. «Quand tu es parent, le plus important, c'est l'enfant que tu mets au monde. C'est à lui que tu dois donner des ailes. Il faut leur permettre de rêver.»

Même s'il aborde le suicide, il assure que le film n'est pas sombre.

«C'est un film d'espoir. Le suicide, c'est un pivot pour permettre l'évolution d'un personnage. Ce n'est pas pour noircir le tableau. En fait, c'est pour l'éclaircir.»

William Mazzoleni prévoit tourner à Mashteuiatsh et à Roberval à la fin mai ou au début juin 2017. «On a besoin d'une forêt bien vivante», explique le réalisateur qui compte faire appel à des gens de l'endroit pour le film. «Le film se déroule dans un pow-Wow. Je veux rassembler beaucoup d'Innus pour le tournage.»

Il estime que le film nécessitera un budget d'environ 115 000$. Il est en attente d'une réponse du Conseil des arts et des lettres du Québec pour une aide financière. En attendant, il sait qu'il pourra compter sur la subvention de 60 000$ du Conseil des arts du Canada, ainsi que sur 5000$ obtenus grâce à son précédent court métrage intitulé C'est plus facile de liker que dire je t'aime. Le film mettant en vedette Sarah-Jeanne Labrosse, Frédérick Lemay et Mylène Mackay, lui a permis de mettre la main sur le prix «Meilleur court métrage québécois, première oeuvre DIY» au festival Longue vue sur le court, assortit du montant.

Le court métrage sera d'ailleurs bientôt disponible sur Tou.tv.

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