Ciné-club de Jonquière: une demi-saison annoncée

Les innocentes est le seul long métrage que... (Photo courtoisie)

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Les innocentes est le seul long métrage que se partageront les ciné-clubs de Jonquière et Chicoutimi cet automne. Il évoque le drame vécu par des religieuses polonaises en 1945, alors qu'elles avaient été violées par des soldats soviétiques.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Le Ciné-club de Jonquière reprendra ses activités le 12 septembre et si l'horaire ne comprend que six rendez-vous officiels, ainsi qu'une activité accessible gratuitement, ce n'est pas la faute à l'austérité. Il s'agit en fait d'une bonne nouvelle, en ce sens qu'on se donne la possibilité de coller au plus près à l'actualité.

«Nous voulions nous donner plus de jeu, explique la responsable du ciné-club, Sylvie Poisson. En dévoilant uniquement les films projetés dans la première moitié de la saison (jusqu'au 31 octobre), nous aurons accès à des oeuvres plus récentes. Ce sera aussi plus facile de planifier des surprises.»

Les cinéphiles sont tout de même encouragés à acheter une carte pour l'ensemble de la saison, soit jusqu'en décembre, au coût de 40$. Ils devront faire confiance au comité pour une partie de la programmation, mais jouiront d'une offre plus avantageuse que l'abonnement de demi-saison pour lequel il faudra débourser 25$ (10$ pour les étudiants).

La nouvelle stratégie a été recommandée par l'Association des cinémas parallèles du Québec. Parmi ses avantages, on note la possibilité accrue de trouver des films épousant des thématiques pertinentes. C'est dans cette optique qu'en 2015, on avait présenté Le sel de la terre, un documentaire sur la photographie, pendant le Zoom Photo Festival.

L'an dernier, le Ciné-club de Jonquière a connu une bonne saison, ce dont témoigne la moyenne de 125 entrées enregistrée à chaque séance. Il comptait 85 abonnés, des gens pour qui le rendez-vous du lundi, à 19h30, constitue un incontournable. «Les gens aiment appartenir à une communauté d'intérêts», énonce Sylvie Poisson.

Souci de diversité

Une fois encore, le comité responsable de la programmation a respecté le souci de diversité - et de qualité - qui balise sa démarche. La nouvelle fournée comprend des oeuvres québécoises, des films réalisés par des maîtres dont on suit le travail depuis longtemps, ainsi que des histoires faisant écho à différents phénomènes de société.

Ainsi est-il question de la radicalisation dans Les cowboys, un long métrage du Français Thomas Bidegain qui sera projeté le 12 septembre. Dans la même foulée, Demain, le documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent qui tiendra l'affiche le 26 septembre, montre comment on pourrait prévenir l'étiolement de la planète.

«Ce film va toucher les gens qui souhaitent parler de l'avenir de manière positive», fait valoir Sylvie Poisson. Elle croit tellement dans le pouvoir d'attraction de cette oeuvre que deux représentations seront offertes, soit à 17h et 19h30.

Le cinéma québécois se manifestera à deux reprises cet automne. Le 3 octobre, on pourra voir Avant les rues, une histoire tournée par Chloé Leriche en langue atikamekw, tandis que le 24 du même mois, King Dave montrera la spirale infernale dans laquelle le personnage principal se trouve plongé.

La programmation comprend aussi le nouveau Nanni Moretti, Ma mère (19 septembre), ainsi qu'une oeuvre d'Anne Fontaine, Les innocentes (10 octobre), relatant le drame vécu par des religieuses polonaises en 1945. Elles étaient tombées enceintes après avoir été violées par des soldats soviétiques.

Pour conclure sur une note légère, le ciné-club invite les amateurs d'outrances vestimentaires à se déguiser le 31 octobre, jour de l'Halloween. Ils pourront assister gratuitement à la projection du Rocky Horror Picture Show, laquelle aura lieu, à titre exceptionnel, à la salle polyvalente du cégep, plutôt qu'à la Salle François-Brassard.

«Nous voulons présenter un classique par saison et en même temps, ce sera un événement festif. On veut que les gens participent», mentionne Sylvie Poisson.

Une moyenne de 350 spectateurs au TBN

À Chicoutimi aussi, le ciné-club propose une programmation dont on ne connaît que le premier versant. Comme à Jonquière, seuls les sept premiers films de la saison sont identifiés. C'est seulement à la fin de septembre, en effet, qu'on choisira les oeuvres projetées à compter du 31 octobre.

«Ça demande de la confiance de la part du public, mais lors d'un sondage informel, les gens ont exprimé des commentaires positifs. Certains ont aussi mentionné que même quand les titres sont dévoilés, ils ne savent rien des films à l'affiche», note Richard Boivin, responsable de la programmation et de l'animation avec Kathy Lapointe.

La nouvelle manière de faire éliminera des irritants, qu'un film devienne disponible en DVD, par exemple, avant de trouver son chemin jusqu'au Théâtre Banque Nationale (TBN). «On aime avoir des primeurs», fait observer Richard Boivin.

Le Ciné-club de Chicoutimi demeure très fréquenté, comme l'illustrent les 350 entrées générées chaque semaine, en moyenne, au cours des représentations données le lundi (à 17h et 19h 30). Ce qui ressort également, c'est le fait que sa clientèle est formée d'abonnés à hauteur de 63%.

«Ça va bien depuis le retour au TBN, où le son et l'image sont numériques, où on retrouve un excellent projectionniste», rapporte Richard Boivin. C'est dans ce cadre idéal que les cinéphiles reprendront leurs habitudes dès le 12 septembre.

Ce jour-là, ils découvriront Truman, une coproduction hispano-argentine relatant les retrouvailles de deux amis, dont un est atteint du cancer. Truman, c'est le nom du chien de l'homme dont les jours sont comptés. L'atmosphère sera différente la semaine suivante, alors qu'on proposera La Reine-garçon.

«Le scénario a été écrit par Michel Marc Bouchard, qui a eu le temps d'écrire une pièce sur le même sujet avant la sortie du film», raconte Richard Boivin. Il s'agit d'une nouveauté, ce qui est aussi le cas de Kalo Pothi (26 septembre), dont les images captées au Népal seraient somptueuses.

Au nom de ma fille (3 octobre) montrera un Daniel Auteuil au sommet de son art, aux côtés de Marie-Josée Croze. Suivra une comédie romantique, Le goût des merveilles (10 octobre), puis Mon ami Dino (17 octobre ), de l'Almatois Jimmy Larouche.

Ce vrai-faux documentaire constitue une oeuvre majeure, estime Richard Boivin. «C'est touchant et Dino Tavarone est très bon. Il s'agit du rôle de sa carrière», laisse-t-il entendre. Il restera alors un long métrage au programme, une production franco-polonaise intitulée Les innocentes. Elle sera projetée le 24 octobre.

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