La soirée de tous les bonheurs

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L'équipe de l'émission Belle et Bum a fait vivre de beaux moments au public rassemblé samedi soir, au centre-ville de Chicoutimi. Lynda Thalie, qu'on voit en compagnie de l'animateur Normand Brathwaite, a notamment livré une version arabisante du succès de U2, Sunday Bloody Sunday.

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Daniel Coté
Le Quotidien

C'était la soirée consensuelle, samedi, celle des spectacles susceptibles de plaire au plus grand nombre, l'ultime offrande du Festival international des Rythmes du monde dans le cadre de l'édition 2016. Deux rendez-vous avaient été donnés, à chaque extrémité de la rue Racine à Chicoutimi, et ils ont attiré une foule impressionnante, heureuse de passer du bon temps sous un ciel à nouveau clément.

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Élage Diouf a chanté quelques pièces de son cru, samedi, avec la complicité de la percussionniste Mélissa Lavergne.

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Sur la scène dressée à l'angle de la rue Labrecque, ils ont été nombreux à assister à la performance du Cuban Martinez Show, une formation prête à tout pour transformer la rue en piste de danse. Ses dix membres ont même repris Stand By Me et On va chanter en superposant des rythmes latins aux arrangements originaux, ce qui a permis à quelques dizaines de couples de montrer à quoi ont servi les leçons apprises dans les écoles de la région.

On sentait que les gens s'étaient ennuyés de la musique latine, dont ce fut la seule manifestation cette année. Le public, qui recoupait toutes les tranches d'âge, n'a pas eu besoin de se le faire demander deux fois avant de chanter, agiter les bras dans les airs, voire secouer le bassin tout en pliant les genoux. Il régnait une atmosphère bon enfant qui, un peu plus tard, s'est transportée sur la scène principale, celle que domine la cathédrale.

Chargée de clore le festival, l'équipe de l'émission Belle et Bum avait préparé un spectacle exclusif sous le signe du métissage. Ce projet piloté par la percussionniste Mélissa Lavergne a commencé à la manière d'une finale, alors que tous les participants, dont les chanteurs Élage Diouf, Lynda Thalie et Geneviève Jodoin, ont appuyé leur camarade Carlos Placeres, le temps de deux pièces faisant partie de son répertoire.

Leur caractère latin a, d'une certaine manière, prolongé le sentiment de douce euphorie qu'avait généré le Cuban Martinez Show à l'autre bout de la Racine. «Il n'y a rien qui bat le thrill de faire un show live devant des gens comme vous, a ensuite confié l'animateur Normand Brathwaite. C'est touchant de vous voir en si grand nombre et si vous voulez continuer le party après, je suis à la chambre 237.»

Reprenant son sérieux, il a exprimé sa joie de vivre au Québec, au sein d'une société caractérisée par son ouverture. «Je n'ai jamais vu un aussi beau peuple, un peuple qui n'est pas raciste. En plus, on a les meilleurs musiciens au monde», a proclamé Normand Brathwaite avant de céder le micro à Élage Diouf. Lui aussi a eu droit à deux chansons, des pièces qui avaient quelque chose d'hypnotique, un pied dans le rock et un pied en Afrique.

Geneviève Jodoin a suivi, offrant des compositions fleurant le folk-rock à la québécoise. Après avoir interprété Je ne m'arrêterai pas, qu'elle a qualifié - avec raison - de ver d'oreille, celle qui fut la chanteuse attitrée de l'émission pendant sept ans a décrit l'impression que lui faisait la foule en cette jolie soirée: «On dirait qu'on est au Centre Bell. Je ne vois pas au bout.»

Le temps était venu d'accueillir une amie du festival, Lynda Thalie, qui avait des airs de prêtresse avec sa ceinture de baladi et sa cape dorées posées sur sa robe noire. Après One Drop, mélange de pop et de rythmes arabisants, elle a produit un moment de réelle émotion en évoquant un récent voyage en Grèce, dans les camps de réfugiés.

La surprise fut de découvrir sa version du Sunday Bloody Sunday de U2, chantée dans sa langue maternelle et dépouillée de ses oripeaux rock. Exit la guitare électrique, remplacée par un savant cocktail de percussions qui ont accompagné Lynda Thalie jusqu'au moment magique où, déployant sa cape, la faisant onduler, elle a laissé entrevoir l'espoir de jours meilleurs pour ceux qui tentent de refaire leur vie loin de la guerre et de la misère.

The Cuban Martinez Show a comblé les amateurs... (Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay) - image 2.0

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The Cuban Martinez Show a comblé les amateurs de rythmes latins en début de soirée. Plusieurs en ont profité pour danser sur la rue Racine. 

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Le public a été au rendez-vous, pas la pluie

«Nous sommes extrêmement heureux», affirme le directeur général du Festival international des Rythmes du monde, Robert Hakim.

Joint samedi après-midi, afin de tracer le bilan de la 14e édition, il a d'abord souligné l'absence de précipitations conséquentes, ce qui a joué sur l'achalandage. Certes, il a plu mercredi, mais pas assez pour décourager les fans des Cowboys Fringants, la tête d'affiche de la soirée.

«J'ai consulté l'équipe et le consensus est que la dernière séquence de quatre jours sans pluie doit remonter à dix ans, note Robert Hakim. Je ne peux pas livrer de chiffres sur les assistances, puisqu'on ne réalise pas de sondage cette fois-ci, mais les ventes de bière ont été bonnes, en particulier mercredi et jeudi.»

Il confirme que les revenus générés au cours de la présente édition permettront d'éponger le déficit accumulé, ce qui constituait l'un des objectifs du comité organisateur. Toujours dans cette perspective, on avait ramené à quatre jours la durée de l'événement, comparativement à six en 2015.

Des expériences ont aussi été tentées, la plus importante se rapportant au calendrier. Opter pour la deuxième semaine d'août constituait un risque qui, au final, s'est révélé payant. «Il fait aussi beau qu'en juillet», constate Robert Hakim.

Vers des spectacles payants

Un autre enseignement de l'édition 2016 est que le festival arrive à l'âge adulte et devra inclure des spectacles payants afin d'atteindre sa pleine grandeur. Ça passe par un retour sur la zone portuaire, où on veut également recréer la zone famille, en plus de ramener le défilé.

«La Ville de Saguenay de même que la direction de la Zone portuaire ont été contactées au début de juillet à cette fin. Il faut qu'on parle de ça en septembre pour que le festival ait le temps de ''booker'' des artistes. On doit grandir, aller vers des noms comme Santana, Youssou N'Dour et Shakira», estime le directeur général.

En revanche, il n'est pas question d'abandonner le volet gratuit offert sur la rue Racine. L'an prochain, on reviendra à la formule originale en offrant plus d'un spectacle à la fois. On tentera aussi de peaufiner la retransmission en direct, d'une scène à l'autre, une innovation apportée dans le cadre de la 14e édition.

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