De Saguenay à «Poudlard» pour étudier le cinéma

Passionnée par l'étude du cinéma, la Jonquiéroise Ariane... (Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay)

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Passionnée par l'étude du cinéma, la Jonquiéroise Ariane Fecteau a été acceptée à la maîtrise à l'Université d'Oxford, au Royaume-Uni.

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Comme beaucoup de jeunes de sa génération, la Jonquiéroise Ariane Fecteau a adoré l'univers d'Harry Potter. La future étudiante à la maîtrise en cinéma compte depuis plusieurs films de répertoire parmi ses coups de coeur, mais son entrée en septembre à l'Université d'Oxford en Angleterre, qui a servi de décor pour les célèbres sorciers de Poudlard, la fait encore rêver.

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Ariane Fecteau profitera de la première semaine à son arrivée, plus tranquille, pour suivre les traces des tournages de la saga Harry Potter. À Oxford, on pense notamment à la bibliothèque bodléienne, la Divinity School qui fait office d'infirmerie, le collège Christ Church où le Great Hall (photo) a inspiré la grande salle à manger.

Photo courtoisie

Les romans de J. K. Rowling comptent parmi les premiers qu'elle a lus en anglais, vers 15 ans. «C'est un peu pour ça que j'ai choisi l'université Bishop's à Sherbrooke, je trouvais que les bâtiments ressemblaient à ceux dans Harry Potter», confie sans gêne la bachelière du programme «Film studies».

Plus vieille université de langue anglaise au monde, Oxford, fondée vers 1096, compte environ 400 étudiants canadiens. La jeune femme de 23 ans a appliqué «juste pour voir, pour rire», alors que près de 75 % des demandes sont rejetées. Elle fait finalement partie des «chanceux». Pas de ceux qui gagnent le gros lot en décrochant une bourse par contre, puisqu'Ariane estime que son année scolaire lui coûtera 65 000 dollars canadiens. Cette «grande aventure» a aussi des côtés plus terre-à-terre, comme la paperasse, la demande de visa, les assurances, un nouveau numéro de cellulaire...

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La Saguenéenne douée à l'école est loin de partir apprendre à réaliser des films. Ce qui l'intéresse, c'est l'analyse de leur conception et ce qu'ils révèlent sur la société.

«J'étudie le cinéma comme d'autres étudient l'histoire, résume-t-elle. Il y a de très bons programmes au Canada, mais c'est plus concentré sur la sociologie ou la politique. Je préfère m'attarder aux côtés artistiques, comme les costumes, les décors ou l'éclairage. Ma spécialité, c'est les trames sonores. J'ai vu des cours de ce genre seulement à Oxford, au niveau de la maîtrise. Ç'a aussi de gros impacts sur la réception du public envers les films.»

Ariane Fecteau vise ensuite l'enseignement dans des collèges, et même dans des universités après un doctorat à Toronto ou dans une institution américaine de l'Ivy League. Avec une mineure en journalisme et écriture créative, elle envisage aussi d'être critique dans un magazine. Productrice serait une belle option, tant que la cinéphile reste loin de la caméra!

«J'ai tourné un court-métrage pour un de mes cours l'an dernier et c'était un désastre», rigole celle qui est assoiffée de parcourir le monde, en commençant par l'Écosse, la France et le Danemark durant ses pauses entre trimestres.

Passion tardive

Après des études en histoire au Cégep de Chicoutimi, Ariane est entrée à l'université en littérature. «C'est un prof qui m'a conseillé d'aller en cinéma, puisque j'aimais autant mes cours optionnels. Ça me frustre un peu d'avoir réalisé si tard que c'est ça que j'aimais. Plus jeune, j'adorais aller au club vidéo, et je dépensais tout mon argent dans des DVD !»

Heureusement pour son porte-monnaie, Netflix est apparu. «La plupart de mes films préférés, je ne les connaissais même pas il y a trois ans. Les films de répertoire sont souvent boudés, et c'est dommage parce qu'ils ont tellement à nous apprendre, ils offrent des perspectives uniques. Ce qui est bien avec Netflix, c'est que ces films n'ont pas l'air bizarres quand on tombe dessus, pas comme la petite section du club vidéo, et les gens les écoutent plus.»

En bref

• L'Université d'Oxford compte 44 collèges, qui ont chacun leurs particularités et leurs traditions. Ariane Fecteau ira au St Anne's College. Le campus est une ville à lui seul, et la Jonquiéroise a bien ri quand on s'est excusé de lui avoir trouvé une place en résidence à 15 minutes à vélo. «Au Saguenay, c'est bien pire que ça!»

• Son programme d'un an, «master studies in Film Aesthetics», correspond à une maîtrise professionnelle au Québec. Chaque cohorte compte 10 étudiants qui profitent d'un suivi personnalisé avec un tuteur chaque semaine.

• Ariane profitera de la première semaine à son arrivée, plus tranquille, pour suivre les traces des tournages de la saga Harry Potter. À Oxford, on pense notamment à la bibliothèque bodléienne, la Divinity School qui fait office d'infirmerie, le collège Christ Church où le Great Hall a inspiré la grande salle à manger...

• 140 pays et territoires sont représentés parmi les étudiants, qui doivent porter un uniforme durant leurs examens et certains évènements spéciaux. «C'est triste, il n'y a pas de fromage en grains dans les épiceries pour leur faire goûter à la poutine! Ça ne m'inquiète pas de m'adapter à un nouveau système éducatif, les professeurs sont habitués. C'est plus d'être stressée de partir toute seule sans connaître personne.» Lors de sa demande d'aide financière auprès du gouvernement provincial, Ariane semblait être la première Québécoise à suivre le programme de cinéma.

• En plus de son emploi estival à l'entretien des terrains sportifs de Saguenay, Ariane est assistante de recherche pour un professeur de l'Université Bishop's. Celui-ci rédige un livre sur l'archéologie dans les films et les séries télévisées de science-fiction, comme La Porte des étoiles, Indiana Jones, Smallville, Aliens, etc. Si elle devait choisir son propre sujet d'étude, les domaines qui l'intéressent sont la musique dans les films d'horreur, le cinéma italien des années 60 et le cinéma post-moderne des années 90.

• Parmi ses réalisateurs préférés, Ariane Fecteau nomme le Chinois Wong Kar-wai pour ses scénarios complexes et ses choix de musique, l'Américain Wes Anderson pour son esthétisme, l'Italien Federico Fellini pour ses classiques et le Polonais Krzysztof Kieslowski pour son originalité.

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