Un avant-goût de Rock'oustic

Robert Charlebois... (Archives Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais)

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Robert Charlebois

Archives Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais

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Daniel Coté
Le Quotidien

Les chanceux qui se rassembleront à l'Amphithéâtre Marcel-Claveau de Saint-Ambroise, le 12 août, verront avant tout le monde à quoi ressemblera Rock'oustic, le nouveau spectacle de Robert Charlebois. La première officielle est prévue pour le 23 septembre, à Sainte-Thérèse, mais l'esprit de cette production planera sur le rendez-vous saguenéen.

Rappelons qu'il s'agit d'un souper-spectacle, une activité destinée à soutenir le Festival de la chanson. Pour sa 25e édition, la direction a haussé la barre et s'il faut en croire celui qu'on appelait Garou bien avant la naissance de son homonyme, on se rappellera encore de cette soirée dans un quart de siècle.

«Ce sera un avant-goût du nouveau spectacle, puisqu'il y aura une contrebasse acoustique, de vieux synthés et des guitares amplifiées. En même temps, ça se situera dans le prolongement de ma récente tournée européenne, laquelle m'a mené, entre autres, à Bobino», a raconté Robert Charlebois au cours d'une entrevue téléphonique accordée au journal.

Le ton sera différent de la tournée 50 ans, 50 chansons, où il était appuyé par une section de cuivres. À la tête d'une formation plus légère, mais dont certains membres le suivent depuis une vingtaine d'années, l'homme pourra se payer le luxe de réviser le programme à la dernière minute afin de coller à l'atmosphère du moment.

«D'une certaine manière, je fais de la haute couture, lance-t-il avec humour. J'ai tellement de chansons que je peux m'adapter aux gens qui se trouvent dans la salle. Moi et les musiciens, on a la capacité de se retourner sur un dix cents.»

Avisé de la présence des interprètes et des auteurs-compositeurs inscrits dans le volet compétitif du festival, Robert Charlebois donne un exemple des possibilités que lui offre son groupe ultra-soudé. Elles sont d'autant plus appréciées que certains collègues effectueront un pas de côté à l'automne, histoire d'être plus près de leur famille.

«Comme je viens de l'univers des boîtes à chansons, je pourrais faire des chansons plus chansons, décrit-il. À mes débuts, en effet, j'étais fou de bossa-nova et j'admirais le travail d'artistes comme Brel, Nougaro, Gainsbourg et Ferré, avec qui j'ai tourné. Ça aussi, ça fait partie de ma culture.»

Bien sûr, le jeune Robert Charlebois était également un fan de Presley et des Everly Brothers, ce que reflète la frange rock de son répertoire. Il lui fera donc honneur et s'il faut se fier à ses performances pendant la tournée 50 ans, 50 chansons, ses 72 ans ne constituent qu'un chiffre. Le souffle est là et sa voix n'a jamais été aussi bonne.

«Il ne faut pas oublier qu'il y avait de la contrebasse sur le premier disque d'Elvis et que ça rockait. J'aime le son de cet instrument. Peut-être que ça vient de mon enfance», avance-t-il. À l'aube d'une tournée qui le ramènera en Europe, après avoir passé l'automne au Québec, le vétéran affiche l'enthousiasme d'une recrue.

«La scène, c'est là que ça se passe, puisque le disque est devenu une carte de visite. Créer 12 chansons pour vendre 14 exemplaires, je ne suis pas sûr que ça me tente. Je veux retourner en studio, mais je cherche la formule qui conviendrait. Peut-être que ce serait mieux de sortir deux ou trois titres à la fois», s'interroge Robert Charlebois.

Pour revenir au rendez-vous de Saint-Ambroise, il donnera lieu à au moins une reprise, mais pas n'importe laquelle. «Avant d'interpréter Je veux de l'amour, je ferai Quand les hommes vivront d'amour, mais avec les arrangements conçus en 1956 pour Eddie Constantine», révèle le chanteur.

Avis au public, enfin, le spectacle ne durera pas plus que 100 minutes. «Je vise 90 minutes et s'il y a un vrai rappel, je pourrai me rendre à 100, mais pas davantage», affirme Robert Charlebois en invoquant le principe voulant que la tête ne peut pas en prendre davantage que ce que le postérieur est capable d'endurer.

Ordinaire: de Robert à Céline

Lundi dernier, comme des milliers de Québécois, Robert Charlebois s'est pointé au Centre Bell afin d'assister au spectacle de Céline Dion. Il a donc entendu pour la première fois la version «live» d'Ordinaire, celle dont quelques lignes ont été révisées par Mouffe, l'auteure du texte, afin de le mouler à la personnalité de l'interprète.

Exit les références aux critiques, ces ratés sympathiques, de même que le projet d'aller prendre une bière avec le Gros Pierre. Certains ont chipoté à la suite de ces modifications, mais pas celui qui a composé la musique et qui, depuis plus de 40 ans, confère à ce classique des accents de vérité.

«Mouffe a fait du sur mesure pour Céline. Elle a changé sept ou huit lignes et c'est très classe. En même temps, je trouve ça le fun que des gens n'aient pas aimé le résultat. Ça stimule la conversation», a mentionné Robert Charlebois à la faveur d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche.

Il compare cette démarche à celle qui a fait de Comme d'habitude, le succès de Claude François, un canon du répertoire anglophone sous le titre de My Way. Le texte a été modifié, tandis que la musique est demeurée sensiblement la même.

Parlant de musique, Robert Charlebois précise que lundi, il était accompagné par le maestro Kent Nagano, celui-là même qui l'a dirigé au moment où il livrait une version orchestrale d'Ordinaire. Ce qui l'a frappé, entre autres, c'est la nature de l'interprétation offerte par la diva.

«Céline fait plus de variations que moi. Elle a l'instinct pour ça, commente l'artiste. À tous les jours, elle monte une marche avec Ordinaire et à la fin de l'interprétation, les gens se sont levés d'un bond pour l'applaudir. Tant mieux si ça lui réchauffe le coeur parce qu'elle a eu un début d'année difficile.»

Toujours un plaisir

Lui-même demeurera fidèle à son immortelle et comme on peut l'imaginer, c'est la version originale qu'il privilégiera. «Ordinaire, ça doit faire 2800 fois que je la chante et je ne m'en tanne pas», fait observer Robert Charlebois.

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