Une occasion de se faire entendre

David Ellis est le violoncelliste du Quatuor Alcan.... (Archives Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay)

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David Ellis est le violoncelliste du Quatuor Alcan.

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Le gouvernement du Québec organise des consultations publiques au sujet du renouvellement de sa politique culturelle dans toute la province et s'arrêtera à Saguenay le lundi 8 août, au Centre culturel du mont Jacob dès 13 h 30. La dernière initiative du genre remonte déjà à une vingtaine d'années. La période d'inscription est terminée pour ceux qui désirent témoigner lundi devant le comité-conseil du ministre de la Culture et des Communications Luc Fortin, qui comprend d'ailleurs l'ancien directeur général du festival Regard sur le court métrage Ian Gailer. Les citoyens et les organismes peuvent encore répondre à un questionnaire en ligne ou déposer un mémoire avant le 26 août. Le Progrès-Dimanche a fait le tour d'intervenants du milieu régional pour connaître leurs attentes et vous en présente un aperçu dans les trois prochaines pages.

La musique, un noyau fort contribue à la richesse culturelle

Un noyau fort de professionnels musicaux dans une région contribue à sa richesse culturelle, et chaque ville de taille moyenne mériterait de compter sur son territoire une organisation de haut niveau, selon le directeur du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, David Ellis.

«Nous sommes extrêmement chanceux d'avoir ici par exemple le Quatuor Alcan, qui se produit à l'international. Il y a un groupe comme ça à Québec, et les autres sont tous concentrés à Montréal. C'est une aberration, croit le violoncelliste de l'ensemble à cordes saguenéen. Il devrait en avoir dans toute la province. Ça rend les gens fiers, ça leur donne le goût de vivre dans la place, et ça la fait vivre. Ça ne se mesure pas en chiffres, mais ça se sent dans la vie quotidienne.»

Enseignant au Conservatoire de Saguenay et membre de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, David Ellis considère que chaque investissement culturel a des retombées «immenses». «On le voit avec les festivals. Si le gouvernement définissait un montant précis, un pourcentage du budget dédié aux arts, ce serait déjà un grand changement.»

Le musicien a peur que les organisations régionales disparaissent en étant trop tenues pour acquises, comme l'Orchestre qui subit des difficultés financières. «Ce serait un désastre. C'est très ardu ensuite de les reconstruire. La complaisance est dangereuse.»

L'auteure Marjolaine Bouchard préside l'Association professionnelle des écrivains... (Archives, Le Progrès-Dimanche) - image 3.0

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L'auteure Marjolaine Bouchard préside l'Association professionnelle des écrivains de la Sagamie (APES).

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Littérature

L'Association professionnelle des écrivains de la Sagamie (APES) désire organiser des évènements festifs pour promouvoir le travail des auteurs, mais il est difficile de concrétiser des idées en fonctionnant de façon bénévole.

«On invite des auteurs de temps à temps pour des tables rondes ou des conférences, mais on le fait déjà à bout de bras, parce qu'on est passionné. Ça nous prend des ressources», demande la présidente Marjolaine Bouchard, qui croit que la littérature doit être considérée comme une voix en région.

L'écrivaine se désole des critères exigeants du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) pour les demandes de subvention. «Il faut fournir un dossier de presse, mais ce n'est pas facile de percer dans les médias en région. Il n'y a pas autant de rubriques culturelles qu'à Montréal.»

Mme Bouchard souhaite aussi que l'accès des citoyens à la vie artistique soit facilité.

Le gouvernement du Québec... (Archives Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 4.0

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Archives Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Cinéma

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait se positionner comme une région spécialisée dans le cinéma court et la créativité numérique, si ses compétences sont officiellement reconnues par le gouvernement.

«C'est un créneau important ici. C'est sûr qu'on ne produit pas de longs métrages à profusion, mais avec Regard sur le court métrage qui est le plus gros festival du genre en Amérique du Nord, je pense qu'on peut dire que c'est notre spécialité. Elle doit être reconnue comme un pilier de développement économique», souligne la coordonnatrice de la bande Sonimage Caroline Gagnon.

Selon elle, réglementer la gestion des contenus numériques est une priorité. «Comment peut-on augmenter la diffusion en ligne des films sans qu'on exige aux créateurs que ce soit gratuit? Les gens sont habitués de consommer de cette façon, mais les cinéastes doivent pouvoir vivre de leur art. Il est essentiel de prendre en compte les nouvelles technologies.»

L'organisme de soutien à la création en arts médiatiques propose aussi un fonds de roulement géré par un comité régional qui permettrait de combler les besoins, que ce soit en équipements, en formation ou en infrastructures.

Arts visuels

Alors que les centres d'art ont de plus en plus de comptes à rendre, il est difficile pour eux de former un public à long terme.

«Quand on demande des subventions, c'est normal qu'on nous exige des chiffres sur notre fréquentation, mais ça influence la programmation. Au lieu de choisir de jeunes artistes prometteurs, on va faire des expositions qui sont plus grand public, ou qui entrent dans les critères du gouvernement sur la promotion des minorités. Ça devient difficile de bien représenter tout le monde», explique la directrice Jocelyne Fortin, du centre d'art actuel Langage plus à Alma.

Malgré l'apport des nouvelles technologies, elle assure que rien ne peut remplacer l'expérience sensorielle de l'oeuvre pour les médiums comme la sculpture ou le dessin.

Mme Fortin se désole aussi que la culture ne soit pas plus valorisée à l'école. «C'est la base. On ne peut pas demander à la population dans cette situation de développer un goût pour les arts. Ce n'est pas parce que le public vit une fois une belle expérience de médiation culturelle qu'il va revenir.»

Musées

Le ministère de la Culture a un rôle important à jouer, mais il ne devrait pas être le seul à soutenir la culture selon la présidente du Réseau muséal et patrimonial du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Diane Hudon.

«Par exemple, si un musée fait une exposition au sujet de l'alimentation, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) devrait contribuer aussi», suggère-t-elle.

Inquiète pour la pérennité des institutions et la stabilité de l'emploi pour la relève, Mme Hudon doute que le transfert des compétences aux municipalités soit la bonne solution. «Les plus petites ne seront pas capables de supporter toutes les dépenses. Depuis plusieurs années, les budgets alloués n'évoluent pas. Il y a plus de joueurs dans l'industrie culturelle, mais les enveloppes ne sont pas ajustées en conséquence.»

Des propositions récurrentes

• Mettre en place des incitatifs fiscaux, comme des crédits d'impôt, pour favoriser la création et l'achat des oeuvres, et aider les artistes à rester ici

• Soutenir financièrement les organismes qui représentent les créateurs, les mieux placés pour connaître leurs besoins

• Augmenter les cours artistiques chez les jeunes du primaire et du secondaire

• Développer des programmes de financement permanents au lieu que les démarches doivent être répétées pour chaque projet

• Améliorer le niveau de vie des artistes et les conditions de travail des ressources humaines pour préparer la relève des organisations

• Améliorer la concertation pour la protection du patrimoine et de l'art public

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