Jimmy et son ami Dino

Le cinéaste Jimmy Larouche et le comédien Dino... (Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le cinéaste Jimmy Larouche et le comédien Dino Tavarone sont deux bons amis.

Photo Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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S'il y a un message que le cinéaste Jimmy Larouche veut transmettre dans son film Mon ami Dino, c'est de profiter de la vie. C'est ce qu'il fera lors de la première régionale du long métrage à Alma, sa ville d'origine, alors que l'évènement prendra des allures de party de famille .

«Mais une grande famille, celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean», assure-t-il, lui qui désire plus que tout que son film soit vu par le public régional. Ce dernier prendra l'affiche un peu partout au Québec le lendemain de l'évènement tenu «à la bonne franquette» au cinéma du Complexe Alma à 19h. Les billets sont disponibles sur le site Internet ou sur place. Le comédien Dino Tavarone, dont la vie est exposée dans l'oeuvre mêlant fiction et documentaire, sera présent avec d'autres membres de l'équipe pour échanger avec le public.

«S'il y a d'autres cinémas de la région qui veulent le diffuser, on est très ouverts! Un film est fait avec un peu d'argent et beaucoup d'amour et de passion. Pour que la recette marche, il faut que les gens aillent le voir», poursuit Jimmy Larouche en entrevue téléphonique.

Le réalisateur de La Cicatrice et d'Antoine et Marie avoue que ses précédents longs métrages étaient plus sombres, mais que celui-ci est beaucoup plus facile à aimer. Même si on aborde la maladie, il s'agit d'un «hymne à la vie, à la famille et à l'amitié plein de lumière».

Les Almatois reconnaîtront leur boulevard principal et leur hôpital dans le film, un beau clin d'oeil que leur fait Michel Côté alors qu'il livre une anecdote très touchante à propos de la mort de son père. «On a été chanceux qu'il veuille s'ouvrir à nous avec quelque chose de si personnel», fait part Jimmy Larouche.

La structure narrative de Mon ami Dino avait été planifiée, mais aucun dialogue n'a été écrit. «Je n'avais aucune idée de ce que ça allait donner. C'était un risque à prendre. On a brisé la frontière entre les deux genres pour atteindre un niveau de réalisme et d'émotion inégalé.»

Le cinéaste admet que les gens se questionnent beaucoup pour démêler le vrai du faux. Les scènes ont été tournées dans l'appartement de Dino Tavarone, c'est avec sa soeur qu'il regarde de vieilles photos de famille, c'est avec son chien qu'il se promène...

«C'est un tour de magie ce film-là. Quand le magicien coupe son assistante en deux dans une boîte, on sait que ce n'est pas vrai, mais l'important c'est l'émotion qu'il nous fait vivre. On rit, on est stressé, on est surpris...»

Bon train

Jimmy Larouche connaît bien le genre du documentaire, alors qu'il est en train d'en réaliser un pour TVA. Il a hâte de pouvoir se consacrer à plein temps à Mãn, l'adaptation d'un roman de Kim Thúy.

Aux dernières nouvelles, l'Almatois d'origine était en attente d'une aide financière de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC). «Je ne peux pas en dire plus, mais ça va bien, assure-t-il avec un sourire dans la voix. Ça pourrait être la première fois que je suis payé pour mon travail!»

Le cinéaste a toujours l'idée de courtiser l'acteur américain Burt Reynolds, mais la traduction du scénario, à propos d'un vieux marginal qui fout le bordel dans une résidence pour personnes âgées, traîne un peu.

À écouter avec le coeur

Le comédien Dino Tavarone invite les Québécois à écouter le film qu'il a inspiré avec leur coeur, et non leur tête, mais surtout à le regarder tout court.

«Les réalisateurs produisent ici des petits chefs-d'oeuvre sans un sou, il faut les aider. C'est une richesse pour notre culture», croit-il.

Renommé pour son rôle du parrain dans la télésérie Omertà après avoir passé quatre ans en prison, l'acteur affirme qu'on le connaîtra beaucoup plus que dans la réalité si on écoute Mon ami Dino en suivant ses émotions. Celles-ci ont fait pleurer ou rire l'équipe technique et les comédiens non professionnels durant le tournage, les faisant même douter de la réalité. Une expérience qui a été très dure pour Dino Tavarone.

Selon le cinéaste Jimmy Larouche, son ami depuis une douzaine d'années est un des meilleurs comédiens québécois. «C'est juste en raison de son accent italien prononcé qu'il n'a pas pu avoir tous les rôles qu'il méritait.»

Très humble, le septuagénaire était gêné qu'on veuille faire un film sur lui. «Jimmy trouvait que j'avais une vie intéressante, mais c'est sur les génies qu'il faut faire des documentaires. Une soirée, on était amoché un peu par l'alcool, et il a proposé de mélanger l'histoire avec de la fiction. J'aime la nouveauté alors j'ai accepté. Il a trouvé une équipe rapidement et je ne pouvais plus me sauver!»

Formidable improvisateur, Dino Tavarone invente naturellement des répliques profondes, comme sur la peur de mourir ou les masques qui nous permettent de traverser la vie. «Ça fait plus véridique. Quand l'émotion est sincère, on ne peut pas se retenir.»

Le comédien a beaucoup réfléchi durant le processus de ce qui reste pour lui un hommage à la vie, et non la mort. «Ce n'est pas seulement le malade qui souffre, mais tout le monde autour de lui.»

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