Du monde des arts au milieu des affaires

Caroline Riverin a lancé son entreprise de torréfaction... (Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay)

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Caroline Riverin a lancé son entreprise de torréfaction et de vente au détail de café. Sous peu, Mlle Café aura même pignon sur rue à Sainte-Julie.

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Ils ont toujours été impliqués dans le milieu culturel. Aujourd'hui, ils font le choix de se lancer en affaires. Ils souhaitent relever de nouveaux défis, créer leur propre emploi, gagner en stabilité. Le Progrès-Dimanche propose aujourd'hui le portrait de trois personnes qui passent du monde des arts au milieu des affaires.

Caroline Riverin: de la chanson au café

La passion du café habite Caroline Riverin depuis presque aussi longtemps que l'amour de la musique. Attirée par le monde des affaires, la chanteuse se doutait bien qu'un jour, elle aurait sa propre entreprise. Pour elle, il était tout naturel de se lancer dans le commerce de sa boisson préférée. Il y a quelques mois, elle a fondé Mlle Café, son entreprise de torréfaction et de vente au détail de café qui aura pignon sur rue pour accueillir les clients sous peu. 

«Même petite, je me souviens que je volais des gorgées de café à ma mère le matin. Les gens qui me connaissent bien ne sont pas surpris de me voir me lancer en affaires dans le café», lance d'emblée la chanteuse associée à Québec Issime, rencontrée il y a quelques semaines chez Passion Café de Chicoutimi où elle faisait goûter ses produits aux clients. 

La musique a occupé toute la place pendant longtemps. «En donnant des spectacles, je me rendais un peu partout et je prenais plaisir à découvrir les meilleurs cafés, raconte-t-elle.

Cette année, elle a profité d'une accalmie entre deux séries de spectacles pour se lancer. 

«Ça fait longtemps que j'ai le désir de monter ma propre compagnie. J'ai beaucoup de modèles d'affaires autour de moi. Je savais qu'un jour j'aurais un commerce. C'est quelque chose qui amène à dépasser ses limites.»

Caroline Riverin a passé quelques mois en compagnie de Mario Aruzzo, un maître torréfacteur de Terrebonne. Il lui a appris les bases du métier. «Il m'a pris sous son aile. Ç'a été mon mentor», explique celle qui raconte avoir passé plusieurs heures à faire des essais et erreurs afin de trouver la recette parfaite pour ses cafés. 

Trois sortes de café sont actuellement sur le marché; Le Jazz, Le Country, et L'Acapella. Trois cafés dont les noms témoignent de son amour de la musique. Un décaféiné sera également offert prochainement. 

Un de ses produits devrait également être certifié équitable prochainement. «J'attends la certification», précise celle qui espère pouvoir établir un contact direct avec les producteurs au fil du temps. «J'aimerais que ça m'amène à voyager.»

Sous peu, elle ouvrira même son propre café où les clients pourront déguster ses produits à Saint-Julie, sur la Rive-Sud de Montréal. 

«Je ferai la torréfaction et les mélanges sur place.» 

Le café devrait ouvrir à la fin du mois d'août. «Ce sera après la fin des représentations de Cowboys», explique-t-elle. «Ensuite, les spectacles de Décembre reprendront en hiver, ça me laisse du temps.» Caroline Riverin, qui cumulera 25 représentations de Cowboy à Sherbrooke cet été, compte engager des employés au fil du temps. Elle est convaincue qu'elle peut être à la fois chanteuse et femme d'affaires. 

«Dans ma tête, ça se peut encore. Me lancer en affaires ne m'enlève pas la volonté de faire des spectacles», assure-t-elle. 

Elle estime même que son expérience en musique lui servira dans son nouveau projet. 

«Beaucoup de choses se ressemblent. En tant que chanteur, on est travailleur autonome. On gère notre business d'artiste. Je suis aussi habituée de vivre avec l'incertitude liée à un salaire non fixe. De plus, la musique m'a amenée à foncer, m'a donné le goût du risque», assura celle qui vend Le Country aux représentations de Cowboys, de Willie à Dolly. «Il y a de belles associations qu'on peut faire.» 

Le fait de devoir travailler selon un horaire plus régulier plaît à la jeune femme. «En vieillissant, je sens que j'ai besoin de plus de stabilité, de quelque chose de plus quotidien. La dynamique familiale va changer, mais ma fille grandit, c'est le bon moment pour tout le monde», estime-t-elle. 

Les cafés de Caroline Riverin sont disponibles dans une quinzaine de points de vente actuellement. Dans la région, ils sont en vente dans les deux boutiques Passion Café de Chicoutimi et Arvida. Les produits seront aussi en vente en ligne sous peu au mllecafe.com. La boutique Mlle Café ouvrira ses portes au 509 rue Jules-Choquet à Sainte-Julie.

De la musique au pain Roger

Stéphanie Fournier-Lepage et Sébastien Maltais, tous deux connus... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 5.0

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Stéphanie Fournier-Lepage et Sébastien Maltais, tous deux connus dans le milieu culturel régional, sont maintenant propriétaires de l'Épicerie Roger Tremblay de Saint-Fulgence. 

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Elle a oeuvré à l'organisation de différents événements culturels. Lui, a fait sa marque en s'impliquant dans le monde de la musique. Ensemble, ils se lancent dans un projet bien différent. Le 1er juin dernier, Stéphanie Fournier-Lepage et Sébastien Maltais sont devenus propriétaires de l'Épicerie Roger Tremblay de Saint-Fulgence, bien connue pour son pain Roger.

Lorsqu'il a emménagé à Saint-Fulgence il y a quelques années, jamais le couple n'aurait pensé devenir propriétaire du dépanneur et de la boulangerie situés sur la rue du Saguenay de la municipalité de quelque 2000 âmes.

«Je suis venu ici pour l'amour des oiseaux et Stéphanie pour le kitesurf», explique Sébastien Maltais. «On est tombés en amour avec le village», affirme celui qui a grandi à Laterrière.

Dans le milieu culturel régional, les deux complices ont plusieurs réalisations à leur actif.

Stéphanie Fournier-Lepage est une des membres fondatrices de la Coopérative O'Soleil de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix où en plus du bistro santé, elle s'occupait de la programmation de spectacles. Elle a été coordonnatrice au festival Regard sur le court métrage, coordonnatrice des Fêtes du 175e anniversaire de Saint-Fulgence et Coordonnatrice du théâtre d'été la Maison coupée en deux.

Plusieurs produits sont offerts à l'Épicerie Roger Tremblay.... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 6.0

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Plusieurs produits sont offerts à l'Épicerie Roger Tremblay. En plus du fameux pain Roger, une dizaine de sortes de tartes sont cuisinées sur place.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Sébastien Maltais a fondé la Ligue d'improvisation musicale de Saguenay. On a pu entendre le musicien autant à la basse et à la batterie qu'au ukulélé et à la voix avec plusieurs groupes régionaux. Il est toujours membre du Centre d'expérimentation musicale et compte bien reprendre le rôle de directeur artistique du Festival des musiques de création qu'il occupe depuis des années. 

Tous deux font le saut dans le milieu des affaires avec bonheur. 

Stéphanie ne se retrouve pas en terrain inconnu. La jeune femme originaire de Cacouna, qui a été chef cuisinière à la Coopérative O'Soleil, a étudié en Gestion de l'hôtellerie et de la restauration des terroirs. C'est elle qui s'occupe de la cuisine et de l'administration du commerce. Sébastien Maltais se concentre pour sa part sur le dépanneur et l'entrepôt. 

«On a tous les deux la fibre entrepreneuriale», souligne Sébastien qui admet chercher depuis des années un projet dans lequel investir pour créer son emploi. «Ça fait 15 ans que je cogite la façon d'investir un héritage reçu de mon père. Je souhaitais l'utiliser pour créer mon emploi. Je vois ça comme un investissement. On a maintenant un emploi stable. On veut faire du projet quelque chose de familial. On fait ça aussi un peu pour notre garçon qui a trois ans», confirme-t-il. 

Leur commerce compte 17 employés, tous de Saint-Fulgence, à deux exceptions près. Plusieurs y sont depuis une décennie ou même plus. C'est notamment le cas du chef boulanger Luc Rousseau. C'est lui qui veille à ce que le goût du fameux pain Roger soit fidèle à la recette originale. 

«Tout le pain est entièrement fait à la main. À cette quantité, c'est incroyable», s'étonne encore Sébastien Maltais qui souligne qu'un quatrième boulanger sera embauché sous peu afin de répondre à la demande des clients et des restaurants où le pain Roger est livré chaque jour. 

L'Épicerie Roger Tremblay propose aussi une dizaine de sortes de tartes, des brioches, des trottoirs, des pets de soeur, des galettes aux confitures et autres desserts traditionnels québécois, ainsi que des mets cuisinés. 

Le duo souhaite conserver le côté personnalisé des services offerts, la proximité avec les clients. 

Touche culturelle

Bien que l'acquisition du commerce les éloigne du milieu artistique, ils comptent bien y apporter une touche culturelle au fil du  temps. 

«C'est sûr qu'on y songe», confirme le nouveau propriétaire. 

Le petit restaurant adjacent au dépanneur, fermé depuis 2013, fera l'objet d'un projet à plus ou moins long terme. 

Un café-bistro culturel, une crémerie, une terrasse sur le toit, la vente de produits d'artisans locaux, sont autant de possibilités envisagées. 

«On est ouverts. D'ici cinq ans, on aura un projet de développement. On se donne une période d'adaptation», conclut Sébastien Maltais.

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