Une nouvelle maison pour Québec Issime

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Le public saguenéen pourra retrouver le spectacle De Céline Dion à la Bolduc comme il ne l'a jamais vu auparavant, dès le 27 juillet au Théâtre Banque Nationale.

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Après quatre saisons d'absence dans la région, le public saguenéen pourra retrouver le spectacle De Céline Dion à la Bolduc comme il ne l'a jamais vu auparavant, dès le 27 juillet au Théâtre Banque Nationale (TBN), une scène qui permet à la mégaproduction de Québec Issime des prouesses techniques inédites.

Le directeur artistique Pierre Doré lance un défi aux spectateurs régionaux, soit d'être aussi enflammés même si la salle n'est pas réputée pour avoir autant d'ambiance que le Théâtre Palace Arvida, l'ancienne maison de la troupe qui doit être rénovée.

«On a eu notre première ovation debout à l'entracte au Théâtre St-Denis, la salle la plus ''straight'' qu'on puisse imaginer. Lors des étés à Trois-Rivières, ça arrivait un soir sur trois. On espère que ce sera tout le temps le cas à Chicoutimi, c'est notre motivation!»

Contrairement au Palace, qui demandait aux concepteurs de redoubler d'ingéniosité pour faire face aux contraintes techniques, le TBN leur permet de «donner plus d'ampleur au spectacle» qui illustre l'histoire du Québec en chansons. Ils profitent par exemple de nouvelles surfaces de projection et ont ressorti des éléments de décor qui avaient été abandonnés pour partir en tournée, ce qui crée «le meilleur des deux mondes».

«On peut penser qu'il y aurait moins de chaleur vu que ce n'est pas un cabaret, mais ça va chercher une plus grande qualité d'écoute. Le public entend chaque note, voit chaque détail de la mise en scène et réagit encore plus fort. Le théâtre veut exploser!», s'enthousiasme Pierre Doré, en entrevue durant une pause entre deux répétitions à l'église Saint-Jacques, à Arvida, qui héberge maintenant la troupe.

Nouvel orchestre

Après avoir fondé Québec Issime avec sa famille en 1995, le musicien connaît De Céline Dion à la Bolduc sous toutes ses coutures. En plus de chanter cette année, il se donne un nouveau défi en préférant les percussions au piano dans l'orchestre.

«Normalement on est cinq, là on est six, plus mon frère Sylvain qui fait un peu de trompette. Ça nous permet d'être plus créatifs dans les orchestrations. Par exemple, on intègre de l'accordéon dans une pièce, ce qui n'a jamais existé», confie Pierre Doré, qui croit que la revue musicale comptant neuf chanteurs gagne à être vue plusieurs fois.

Le répertoire a été mis à jour, puisant dans des pièces délaissées au fil du temps pour en faire des nouveautés dans le spectacle. On retrouve aussi un pot-pourri de quelque 105 chansons au lieu de 120 pour mieux cadrer dans les nouveaux formats des diffuseurs. «On est loin de faire 45 minutes par partie, mais ce n'est plus trois heures au total comme avant», indique le nouveau papa d'un petit garçon.

De Céline Dion à la Bolduc est présentée du mercredi au samedi, du 27 juillet au 20 août à 20h. Il en coûte 55,75$ pour les adultes, 31$ pour les étudiants et 14$ pour les 12 ans et moins.

Le retour de Paul Dacier

Preuve que les liens sont forts au sein... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque) - image 3.0

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Preuve que les liens sont forts au sein de la troupe, le violoniste Paul Dacier n'a eu qu'à envoyer un petit courriel pour que les choses se mettent en place et qu'il puisse réintégrer le spectacle après 11 ans.

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

De l'Aviation royale canadienne en Saskatchewan à l'entreprise britannique BAE Systems, le violoniste originaire de Chicoutimi Paul Dacier reste instructeur en pilotage, mais il dispose juste d'assez de temps entre les deux affectations pour remonter sur scène avec Québec Issime cet été.

«Je savais que j'allais refaire des spectacles un jour, je ne savais juste pas quand. Ça me manquait beaucoup. Il y a un certain délai avant que je recommence à travailler, alors j'ai envoyé un courriel à Pierre Doré au printemps pour lui dire que j'étais disponible, même si je me disais qu'il y avait sûrement déjà quelqu'un», relate l'ancien militaire. Finalement, le violoniste de la troupe a été appelé vers d'autres projets, et les dates concordaient parfaitement pour des retrouvailles musicales avec Paul Dacier.

À sa sortie du Cégep de Chicoutimi en 2002, il était difficile de décrocher un emploi pour le diplômé en pilotage d'aéronefs. Il s'est retrouvé à accompagner le guitariste de Québec Issime Jimmy Lahaie pour un contrat dans un restaurant, où l'équipe était justement réunie à table un soir. Après cette rencontre, Paul Dacier intègre le spectacle durant quatre saisons, avant d'avoir une opportunité dans l'armée.

Le musicien a commencé à jouer du violon à 17 ans. «J'ai découvert tard que j'aimais ça, avoue-t-il. Mon père et mon grand-père en jouaient aussi. C'était des violoneux, comme on dit.»

Le trentenaire doit admettre qu'il connaissait très peu Québec Issime avant d'en faire partie, puisqu'il quittait la région tous les étés. Cette année, le violon a pris plus de place dans le spectacle, ce qui lui a demandé un certain rattrapage. Il retrouve la même ambiance familiale dans la troupe qu'avec les pilotes de l'armée.

«Il y a beaucoup de fraternité entre partenaires de vol, puisqu'on doit développer des liens de confiance aveugle. C'est aussi le fun prendre une bière avec eux après une mission qu'avec les artistes après un spectacle ! C'est drôle, car les militaires me disent que je n'ai pas l'air d'un musicien, et les musiciens trouvent que je n'ai pas l'air d'un militaire...»

Las des Prairies canadiennes, Paul Dacier amènera sa famille outremer, même s'il compte se poser dans la région après ce contrat civil. Il réussit toujours à garder la musique dans sa vie, comme ces pratiques en Afghanistan avec un colonel américain joueur de banjo. L'instructeur en pilotage souligne d'ailleurs que plusieurs musiciens de Québec Issime ont encouragé les troupes canadiennes lors d'une série de spectacles dans ce pays du Moyen-Orient. «C'est plaisant de jouer avec des gens qui comprennent où j'étais et qui s'impliquent.»

Vincent Julien, la recrue

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La recrue Vincent Julien pratique avec trois autres jeunes chanteuses de la troupe et une danseuse.

La nouvelle recrue de Québec Issime, Vincent Julien, le dit lui-même : tout n'est pas question de chance dans la vie, mais d'être là au bon moment. C'est ce qui lui a permis de se faire valoir pour un poste dans la production De Céline Dion à la Bolduc, après avoir reçu une bourse de l'organisation l'an dernier.

En entrevue, le chanteur almatois de 18 ans se rappelle encore la déception ressentie au Festival de la chanson de Saint-Ambroise en 2015, quand son parcours s'est arrêté en demi-finale.

«C'était ma septième participation. J'étais dans les plus vieux de la catégorie et j'étais déjà allé en finale deux fois. Je pensais que c'était acquis. J'étais vraiment fier de ma performance, raconte-t-il. Ç'a été comme une claque dans la face. Je doutais de moi. Quand j'ai reçu le prix de Québec Issime, ç'a été un baume.»

Le chanteur d'Alma Vincent Julien est aussi pianiste... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque) - image 6.0

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Le chanteur d'Alma Vincent Julien est aussi pianiste autodidacte.

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

Il ne manque que le directeur artistique Pierre... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque) - image 6.1

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Il ne manque que le directeur artistique Pierre Doré pour que les neuf chanteurs du spectacle soient réunis sur cette photo, dans l'église Saint-Jacques. 

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

La bourse lui permettait de participer à une prestation du spectacle Party! comme n'importe quel artiste rémunéré. L'équipe l'a bien aimé. En avril, Vincent a été rappelé pour passer des auditions pour la revue musicale estivale, alors qu'un poste se libérait. Et c'était en plein dans ses cordes.

«Les étoiles se sont vraiment alignées pour lui. Vincent a un peu les rôles de charmeur», fait part la coordonnatrice Kate Savard. «J'ai une formation en chant classique et populaire, alors je fais ce qui est plus jeune et plus lyrique. Je ne ferais pas du gros rock, poursuit-il. Je pensais être le petit nouveau et avoir moins d'importance dans le spectacle, mais je fais autant de chansons que tout le monde.»

Celui qui enseigne à l'École de formation musicale d'Alma maîtrise bien le répertoire du spectacle, qui retrace l'histoire du Québec en chansons. «C'est facile pour un jeune de connaître les premiers tableaux, mais je connais aussi les plus vieux. J'ai été élevé dans la musique et ma grand-mère me les a fait écouter. C'est d'ailleurs la seule personne qui me prend pour une star, depuis que j'ai cinq ans ! Ç'a quand même demandé un certain travail, car j'ai dû désapprendre les harmonies pour les réapprendre autrement.»

Vincent Julien, souvent décrit comme «une bête de scène qui dégage beaucoup», est aidé par une bonne oreille et son expérience en spectacles rétro disco. L'étudiant en sciences de la nature a toujours su qu'il chanterait plus que pour le plaisir, même s'il se donne les moyens pour embrasser n'importe quelle carrière. Le pianiste autodidacte désire aussi participer à d'autres projets avec Québec Issime à l'hiver.

«S'il y a un mot pour décrire mon expérience, c'est enrichissante.»

En vrac

• Si certains peuvent trouver que la production démarre tard dans l'été, l'horaire est parfait pour les concepteurs du spectacle, qui devaient aussi lancer Cowboys le 7 juillet à Sherbrooke...

• L'histoire de famille de Québec Issime (QI) compte trois générations, bientôt quatre même, avec les jeunes enfants qui participent au spectacle de Noël Décembre. La chanteuse Anne Tremblay, interprète dans De Céline Dion à la Bolduc, a été le premier bébé de la troupe. Sa mère Karine Riverin était de la partie avec soeurs dans les touts débuts...

• L'une d'elles, Marie-Ève Riverin, est coach vocale pour les productions de QI et fait partie de l'équipe de l'émission La Voix Junior qui sera diffusée à TVA cet automne...

• Québec Issime se veut un tremplin pour la relève, tout en créant un équilibre avec l'expérience. C'est ainsi qu'on retrouve un jeune tel Vincent Julien aux côtés d'un directeur artistique qui accumule les projets comme Pierre Doré. Celui-ci a bien évolué dans le milieu depuis qu'il a fondé la troupe avec ses frères, Sylvain et Frédéric, et son père Robert, encore producteur chez QI...

• Le chanteur Jason Hudon, de la distribution du spectacle, accompagne les Colocs à travers la province pour masquer l'absence du regretté Dédé Fortin. Il a lancé son album Mon amour est dément en 2015...

• Il existe une version pédagogique du spectacle De Céline Dion à la Bolduc, montée avec le Collège Letendre, qui permet aux élèves de s'approprier la culture musicale québécoise. Elle est présentée sur demande...

• La tenue de Diane Dufresne, créée dans le souci du détail pour le spectacle, respecte tellement l'originale que l'artiste elle-même l'a empruntée à la troupe pour une exposition! Des centaines de costumes sont utilisés durant la représentation...

• Près de 80 personnes travaillent sur les deux productions de QI cet été, en plus de 70 bénévoles

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