Le déluge comme prétexte à une histoire d'amour

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Le Déluge de Louis-Marie Bouchard est publié aux Éditions Michel Brûlé.

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Alors que les 20 ans du déluge du Saguenay seront commémorés cet été, la catastrophe naturelle est aussi l'occasion pour raconter l'histoire de Madeleine Pearson dans Déluge, publié en juin aux éditions Michel Brûlé. La Métisse de Chicoutimi jouera un rôle important comme infirmière communautaire lors des évènements de juillet 1996, dans l'univers de l'écrivain natif de Rivière-du-Moulin Louis-Marie Bouchard.

La pluie n'a pas cessé du 19 au... (Archives Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque) - image 1.0

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La pluie n'a pas cessé du 19 au 21 juillet 1996, faisant déborder les barrages.

Archives Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

Lorsque les pluies torrentielles qui causeront deux décès et plus d'un milliard de dollars en dommages commencent à tomber, la protagoniste vit sur le bord de la rivière du Moulin. L'auteur, qui réside maintenant à Québec, lui préfère plutôt son nom amérindien Pipawitich, un mot innu comme les origines de la résiliente Mado. Le cours d'eau déborde durant la nuit, inonde la maison et fait remonter à la surface des extraits de lettres et de journaux intimes, qu'on retrouvera au fil du livre.

En fait, l'histoire, orientée sur les amours complexes de Mado Pearson, se déroule surtout dans les années 60 quand la famille marginale de la Métisse s'établit dans un coin reculé de Rivière-du-Moulin, encore distinct de Chicoutimi. Les rivalités sont grandes de chaque côté du cours d'eau, mais les deux communautés s'entendent pour se méfier des nouveaux venus.

«En géographie sociale, on découvre souvent que si une ligne de chemin de fer traverse un village, elle va le séparer en deux groupes qui vont se regarder en chiens de faïence de chaque bord. C'est aussi le cas avec une rivière. C'est un point de rassemblement, mais aussi de division. J'ai un peu caricaturé les chicanes de bandes de mon adolescence et les petits affrontements quand les gens du côté est venaient à l'église de notre côté, par exemple», explique Louis-Marie Bouchard, géographe de formation et ancien professeur de l'Université du Québec à Chicoutimi.

Avec ses descriptions poétiques et sa présence constante, la Pipawitich devient presque un personnage à part entière dans le roman d'environ 320 pages. «Lors du déluge de 1996, j'avais déjà quitté la région, mais je suis venu tout de suite le lendemain. Je suis retourné voir la rivière du Moulin, ça m'a impressionné, confie l'auteur. On a beaucoup parlé des effets sur la rivière aux Sables ou la rivière Chicoutimi, mais presque pas de la Pipawitich. Pourtant, son cours a été complètement détourné, ses rives ont été rognées, des collines ont disparu... Plusieurs familles ont été affectées.»

C'est ainsi qu'il y a quatre ans, M. Bouchard s'est mis à écrire «instinctivement» sur le déluge. «Je décrivais la rivière, je reconstituais la vie sur ses rives, les conflits de la population... J'ai tricoté une histoire à partir de documents inventés. C'est un exercice intéressant, mais pas facile. Ça prend un certain doigté pour amener le lecteur en arrière dans le temps, mais lui donner un peu de difficulté permet de mieux le captiver.»

Déluge est le second roman du septuagénaire, qui a sorti Le boulevard Queen est encore là en 2000. Il avoue que son style a un peu évolué en 16 ans, lui qui écrit tranquillement à travers ses autres passions. Louis-Marie Bouchard a déjà de nouveaux personnages en tête pour un prochain ouvrage.

Une finale surprenante

Même si les premiers rebondissements de Déluge peuvent être un peu prévisibles pour les lecteurs habitués au genre, ceux-ci seront fort surpris par le dénouement de l'histoire amoureuse de Mado Pearson.

L'auteur Louis-Marie Bouchard tisse les liens entre les personnages avec finesse et dépeint de façon convaincante l'atmosphère des années 60. Il ne tombe pas dans les clichés en mettant en scène une famille de Métis. Au contraire, il détruit des préjugés en présentant comme personnage principal une femme au caractère fort qui prend de plus en plus confiance en ses capacités, et dont le passé tourmenté est plus compliqué que ce que laissent présager ses moeurs légères du début du livre.

«J'ai travaillé au gouvernement pour le développement du Nord québécois, je dirigeais une équipe de recherche. J'ai côtoyé les Cris de la Baie-James et les Montagnais de Betsiamites sur la Côte-Nord. Je crois que ça m'a donné une certaine sensibilité aux peuples autochtones», raconte l'écrivain.

M. Bouchard assure qu'il ne s'agit pas d'un roman historique ou d'un ouvrage technique qui retrace fidèlement les évènements du déluge. «Il y a beaucoup de fiction, et de l'amour bien entendu.»

C'est pourquoi tous les personnages sont inventés, sauf la résidante de la petite maison blanche, Jeanne d'Arc Lavoie Genest, qu'on retrouve à la fin. Les noms de lieux ont aussi été changés, même si «l'icône» du motel Parasol est restée et fera sourire ceux qui connaissent le coin. Le romancier a bien fait ses recherches, et on trouve même des références au Progrès-Dimanche.

«Je ne voulais pas raconter de choses invraisemblables, souligne Louis-Marie Bouchard. La famille de Mado aurait pu exister. J'ai aussi communiqué avec le petit-fils de Mme Lavoie, qui est le propriétaire du musée de la Petite maison blanche, et il m'a dit que ce que j'avais imaginé sur sa grand-mère était plausible. J'ai également parlé à deux médecins qui étaient dans l'équipe à La Baie à l'époque pour me faire expliquer comment se déroule une opération d'urgence.»

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