Revisiter la démesure de La Fabuleuse

Quelque 150 comédiens retracent l'histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean.... (Archives Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Quelque 150 comédiens retracent l'histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Archives Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

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Le metteur en scène Louis Wauthier revisite La Fabuleuse histoire d'un Royaume depuis ses origines en 1988 afin de retrouver «les détails et les valeurs sûres qui font sa force et sa démesure», pour présenter une 29e saison «tout aussi magique» du 8 juillet au 20 août au Théâtre du Palais municipal de La Baie.

La mégaproduction qui retrace l'histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean en 28 tableaux, de l'époque où ses terres étaient parcourues par les Amérindiens jusqu'à l'ère contemporaine, en passant par la colonisation, les Guerres mondiales, le Grand Feu de 1870 et le Déluge de 1996, n'a plus besoin de présentation. Quelque 150 comédiens bénévoles et une trentaine d'artisans mettent la main à la pâte.

Alors que le spectacle était conçu pour durer un an, il s'est plutôt perpétué pour bientôt trois décennies, et 2017 sera assurément une année «spéciale». Déjà, l'équipe pense à ses projets, qu'elle veut garder secrets, mais avoue que le travail effectué présentement est une sorte de préparation.

«Je me suis tapé les enregistrements de 1988, 1996, 2002, 2004, 2006, 2011, 2014 et 2015, sur DVD et sur cassette! J'ai regardé tableau par tableau pour voir l'évolution du spectacle, raconte Louis Wauthier. On s'est questionné. Est-ce que ce qu'on présente est vraiment représentatif de ce qu'on voulait montrer? Il y a des choses qui ont changé ou disparu au cours des années qu'on veut faire revenir. Ce qui a émerveillé le public en 88, c'est encore ça qui crée l'émotion.»

L'émotion, c'est le mot-clé pour le metteur en scène qui travaille sur La Fabuleuse depuis ses touts débuts, et qui avoue parfois s'étendre dans la création au gré de ses «fantaisies». «On veut faire rire et pleurer le spectateur, le plonger dans le réalisme le plus possible. C'est un feu roulant d'actions, une découverte pour l'oeil, l'oreille, et une surprise pour le coeur.»

Aucun détail n'est laissé pour compte. Notamment, M. Wauthier veut rendre encore plus «faste» la cour du roi de France, lorsqu'il confirme l'exploration du Nouveau Monde. Les paysans qui se cachaient parmi le public ne seront plus là. Les comédiens revêtiront plutôt leurs plus beaux costumes pour agrandir la suite royale et déambuler parmi la quarantaine de fontaines qui représentent les somptueux jardins français. «En 1988, on n'en avait que quatre», se rappelle le directeur artistique.

Dans ce tableau, la révérence du cheval devrait aussi réapparaître, puisqu'eh oui, près de trente animaux partagent également la vedette. Pour la scène de Noël, Louis Wauthier veut créer une ambiance de «carte postale» en utilisant différemment le décor et la projection. Pour illustrer l'arrivée des nouveaux peuples dans le fjord du Saguenay, il désire ramener un bateau viking.

Technologie

«La première année, on en avait construit un et on voyait les pieds des comédiens bouger en dessous», rigole le metteur en scène, qui déborde d'exemples sur les retours à l'origine de La Fabuleuse les plus fidèles possible. La technologie est bien pratique pour quelques améliorations, même si elle reste un simple «ajout au travail extraordinaire des comédiens».

«J'ai bien beau allumer des flammes sur scène, ce ne sera pas le Grand Feu si les comédiens ne transmettent pas d'émotions», souligne Louis Wauthier. Laser, projection, mur d'eau, neige, pluie ou explosion demeurent donc des outils.

«Je me suis rendu compte qu'en 1988, il y avait une chute d'eau dans le décor des montagnes, poursuit-il. Comment ça se fait qu'en 2016, avec tous les moyens techniques, qu'elle ne soit plus là? Elle sera donc présente. Autant certaines choses ne passeraient plus aujourd'hui, autant d'autres se doivent de revenir.»

La Fabuleuse histoire d'un Royaume profite d'un budget annuel de 1,2 M$ géré par Diffusion Saguenay.

Se réapproprier le spectacle

Apporter des modifications à une mégaproduction comme La Fabuleuse histoire d'un Royaume ne se fait pas à la légère, et même les artisans de longue date doivent oeuvrer d'arrache-pied pour se réapproprier le spectacle.

«Il y a des comédiens qui sont habitués de jouer depuis longtemps et qui me disent, oh mon dieu, c'est vraiment différent comme façon de travailler!», accorde le metteur en scène Louis Wauthier. Il affirme que chaque changement bouleverse tous les départements, puisque la coordination de la technique, du jeu et des accessoires s'en trouve altérée.

«On ne change pas La Fabuleuse pour changer La Fabuleuse, continue-t-il. L'émerveillement doit rester. Ça n'existe pas ailleurs, un spectacle comme ça, avec autant d'artistes et une scène intérieure si grande. Il faut garder à l'esprit qu'au fond, ce que voulait dire l'auteur Ghislain Bouchard, c'est qu'il n'y a qu'ici qu'on pouvait créer un tel spectacle, avec la force des gens et ces moments d'histoire à montrer.»

Lors du passage du Progrès-Dimanche la semaine dernière, le Théâtre du Palais municipal de grouillait d'activités, même si personne n'occupait les sièges. «Ça bouge presque 24h sur 24! On aimerait avoir trois semaines de plus, mais on va être prêt le 8 juillet», assure M. Wauthier, qui est également chorégraphe.

Dans l'atelier de couture, les artisanes faisaient aller leur fil et leur aiguille pour réparer les centaines de costumes ou en confectionner de nouveau, sous la supervision d'Odette Lavoie. La conceptrice des coiffures, Pauline Simard, travaillait à côté sur des perruques.

Sur scène, la responsable des effets spéciaux, Isabeau Côté, réfléchissait à la meilleure manière d'enflammer une roue de charrette, pendant que la scénographe Sophie Desrosiers en construisait une autre avec le responsable des accessoires José Michaud. Sans doute quelque part en régie, les concepteurs des éclairages et de l'univers sonore, Nyco Desmeules et Serge Lachance, continuaient de peaufiner l'ambiance des tableaux. Seule la créatrice des maquillages, Priscilla Gagnon, ne pouvait pas encore être sur place sans comédien sur qui appliquer son talent, mais le directeur artistique n'aurait pu oublier son nom.

«Il faudrait tous les nommer!», lance celui qui est considéré comme l'âme du spectacle. Ayant une relation privilégiée avec les participants, il évoque en souriant la plus jeune comédienne, seulement âgée de trois ans, les familles qui viennent jouer et répéter parfois depuis Saint-Ambroise ou les bénévoles de longue date qui font le chemin au retour à la maison tard le soir jusqu'à L'Anse-Saint-Jean.

«Ce sont eux qui me donnent mon énergie. Ils sont magnifiques», conclut Louis Wauthier.

En 2015, plus de 21 000 personnes ont acheté un billet afin d'assister à La Fabuleuse histoire d'un Royaume, un nombre «excellent» que Diffusion Saguenay cherche toujours à dépasser.

Vous voulez y aller?

Quoi : La Fabuleuse histoire d'un Royaume

Où : Théâtre du Palais municipal à La Baie

Quand : Du 8 juillet au 20 août, du mercredi au samedi, à 19h30

Billet : 57,50 $ pour les adultes, 32,75 pour les étudiants et 15,75 pour les enfants de 12 ans et moins

Réservation : En ligne sur le site de Diffusion Saguenay ou au 418-698-4080

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