Les photos réinventées de Jean-Pierre Tremblay

Quand Jean-Pierre Tremblay voit un dépôt de givre,... (Photo Le Progrès-dimanche, Michel Tremblay)

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Quand Jean-Pierre Tremblay voit un dépôt de givre, il imagine autre chose, comme en fait foi cette photographie intitulée Le clown triste. Elle résulte du dédoublement de l'image originale, ce qui crée un tableau dans lequel on peut reconnaître un visage humain.

Photo Le Progrès-dimanche, Michel Tremblay

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Daniel Coté
Le Quotidien

Jean-Pierre Tremblay possède une faculté rare, celle de produire des images neuves, fraîches, en s'appuyant sur du matériel existant. Après l'exposition L'art de la rouille, où il avait trouvé de la beauté sur des surfaces de métal exposées aux éléments, le voici qui rapplique avec Réalité-Imaginaire.

Le photographe jonquiérois présente ses créations jusqu'au 7 juillet, au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi. Cette fois, il a recours à des images captées dans la nature, souvent jolies en elles-mêmes, dans le but de leur conférer une signification différente.

Comme le montre un film qui tourne en boucle dans la salle, Jean-Pierre Tremblay prend une photographie existante, un paysage par exemple, et la place à la verticale. Il lui accole une reproduction dont l'agencement, parfaitement symétrique, donne des résultats souvent étonnants.

Dans le cas du paysage mentionné tantôt, on voit se profiler deux lignes d'arbres sur un terrain vallonné. Comme elles ont été placées à l'extérieur, on dirait les cheveux d'une femme dont le visage se dessine en creux, d'une certaine manière, en suivant la courbe du terrain.

Le résultat de cette expérience est un portrait baptisé La gouvernante, une femme presque jolie si on la compare à l'être étrange qu'est La belle ingénue. Cette fois, c'est la photo d'une cascade qui a servi de matériau. L'artiste en a tiré un visage ovale, comme enserré dans un voile et «orné» de petites dents évoquant celles d'un rongeur.

Sur un registre différent, Le clown triste possède un caractère proche de l'abstraction. On reconnaît la trame originale, celle d'un dépôt de givre qui, une fois dédoublé, donne naissance à une coiffure spectaculaire et un visage ultra-fin. En prime, il y a tant de détails qu'on croit examiner un timbre-poste à la loupe.

Dans le texte qui accompagne l'exposition, Jean-Pierre Tremblay se demande «pourquoi la Nature a choisi la forme symétrique pour modeler la plupart des espèces évoluées». En attendant de trouver la réponse à cette question existentielle, on peut s'émerveiller de sa capacité à lui de renouveler l'art de la photographie.

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