Les matins calmes de Jayanta Guha

Homme très matinal, Jayanta Guha a mis à... (Photo Le Progrès-dimanche, Michel Tremblay)

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Homme très matinal, Jayanta Guha a mis à profit cette bonne habitude afin de réaliser des photographies comme celles qu'on peut voir jusqu'au 3 juillet, au Centre national d'exposition de Jonquière.

Photo Le Progrès-dimanche, Michel Tremblay

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Daniel Coté
Le Quotidien

«C'est ma plus belle exposition de photographies», mentionne Jayanta Guha à la fin de l'entrevue, sur le ton de la confidence. Comme il n'est pas du genre à plastronner, on réalise que l'homme est vraiment satisfait du travail qui a mené à la création de Petit matin.

Sa réaction est compréhensible, puisque l'exposition présentée jusqu'au 3 juillet, au Centre national d'exposition de Jonquière, constitue l'aboutissement d'une démarche qui remonte à près de 30 ans. La trentaine de photographies accrochées dans l'Espace Hall ont été sélectionnées à partie d'une banque qui en comprenait des centaines.

Les plus anciennes ont d'abord pris la forme de diapositives, un médium que Jayanta Guha préfère au numérique en raison de la sensibilité du film. Toutes, cependant, sont nées dans le même contexte, celui qui est suggéré par le titre. Très tôt le matin, en effet, l'auteur des photographies guettait l'apparition de la lumière.

«Il y a une magie propre au matin, une sérénité, une douceur qui imprègne autant le paysage que les visages, notamment celui des enfants. À cet âge, chaque journée commence dans l'émerveillement», fait observer le Chicoutimien.

Ce qui est particulier, aussi, c'est le silence qui règne le matin. Même dans des métropoles comme Pékin et Calcutta, représentées au sein de l'exposition, ce moment échappe à l'agitation coutumière. On peut voir un cheval au repos dans un espace vert, des adeptes du tai-chi aussi calmes que s'ils se trouvaient à Val-Jalbert.

Grand voyageur, Jayanta Guha présente des images captées en Allemagne, de même qu'au Népal et au Pérou. La neige prend une teinte rosée à tel endroit, tandis qu'ailleurs, la montagne présente un visage sévère, massif, rocheux. Tout le contraire du village bengalais où des bateaux de pêche réduits à l'état de silhouettes s'éloignent du rivage.

Il faut se montrer patient pour tirer le maximum de la lumière du matin. Pour illustrer la persistance de l'artiste, mentionnons que l'une des photographies réalisées à Chicoutimi a nécessité trois ans d'efforts. Elle montre les bords du Saguenay, du côté nord, et baigne dans les orangés à un point tel qu'on subodore, à tort, un subterfuge.

«Dans ce cas-ci, j'ai attendu que le soleil perce la brume et produise cette couleur orangée. C'est tout. Le problème est que de tels moments sont fugitifs. Après cinq ou six minutes, parfois moins, c'est fini», laisse entendre Jayanta Guha.

Toujours à Chicoutimi, on voit le pont Saint-Anne en plusieurs occasions et ça ne tient pas du hasard. Son ossature métallique plaît à l'artiste. «C'est une structure intéressante. Elle donne de jolies silhouettes et forme un contraste avec le pont Dubuc», explique-t-il.

Explorer son exposition procure une forme de sérénité qui, sans doute, n'est pas étrangère à sa popularité. En plus des visiteurs réguliers, par exemple, plusieurs dizaines de personnes ont partagé un déjeuner café-croissants avec l'artiste. On a aussi prolongé d'une semaine le séjour de Petit matin à Jonquière.

Un bonheur n'arrivant jamais seul, Jayanta Guha vient d'apprendre que ses photographies seront accrochées au Musée Marius-Barbeau de Saint-Joseph-de-Beauce, du 25 septembre jusqu'à la fin de novembre. Elles seront montrées dans la salle principale, aux côtés d'une autre de ses expositions, La Chine change et les chaussures aussi.

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