S'approprier le Camp musical

Le directeur artistique du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean,... (Archives Le Progrès-dimanche, Laura Lévesque)

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Le directeur artistique du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, David Ellis.

Archives Le Progrès-dimanche, Laura Lévesque

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Diversité et accessibilité. Deux mots à retenir pour décrire la saison estivale du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

David Ellis, nouveau directeur artistique de l'endroit, a concocté une programmation éclectique mettant en vedette des musiciens de talents de différents styles pour l'été. Une proposition qui, espère-t-il, saura convaincre la population de s'approprier le site. 

En prenant le titre de directeur artistique du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean, David Ellis avait un objectif précis en tête. « Je veux que le camp soit accessible à tout le monde, pas juste à une partie de la population qui apprécie seulement la musique classique. Mon espoir premier, c'est que le camp prenne sa place en région, que les gens s'y sentent bien accueillis, qu'ils découvrent une institution qui leur appartient. Nous offrons des concerts sans entractes qui débutent plus tôt. Les gens peuvent profiter de l'occasion pour prendre un verre sur la terrasse et admirer le coucher de soleil sur le lac Saint-Jean. C'est la sortie parfaite. Si vous recevez des gens de l'extérieur, emmenez-les, je suis certain qu'ils vont être emballés par ce que l'on offre », affirme-t-il.

Cet été, plusieurs événements classiques, mais aussi toutes sortes d'autres projets, notamment de musique traditionnelle et de jazz, seront présentés sur le site entre le 22 juin et le 14 août. 

Au-delà du genre musical qu'ils proposent, le directeur artistique s'est attardé à la qualité des musiciens pour choisir les invités du programme intitulé Concerts au sommet

« Ma première exigence était de présenter des gens pour qui j'ai beaucoup de respect », explique-t-il. « Il y a d'excellents musiciens dans tous les domaines de la musique. »

Informations : www.campmusical-slsj.qc.ca ou 418-349-2085

Karen Young... (Archives La Presse, Martin Chamberland) - image 2.0

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Karen Young

Archives La Presse, Martin Chamberland

Le fruit d'une rencontre fortuite

Le Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean a donné naissance à un duo pas banal. Il y a quelques années, Karen Young et Marianne Trudel, qui y enseignent toutes deux, s'y sont croisées. Une rencontre qui s'est transportée sur scène et qui a donné naissance à un concert qui sera offert au public de l'endroit le 3 août prochain. 

Karen Young sera au Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean à compter du 30 juillet cet été. Cette fois, son passage à titre de professeur coïncidera avec une prestation de l'artiste. Elle offrira un concert dans la salle de l'endroit le 3 août, en compagnie de la pianiste Marianne Trudel. 

Les deux artistes se sont rencontrées sur le site il y a six ans. « Nous avons partagé un chalet ensemble, comme nous le ferons encore cet été », raconte Karen Young dans le cadre d'une entrevue téléphonique. « Chaque année, on faisait toujours un duo sur le thème choisi dans le cadre du concert des professeurs du camp. Finalement, on a décidé de bâtir un duo il y a deux ans. »

Les deux femmes ont présenté leur duo à quelques rares occasions seulement. Une situation qui devrait changer. « On menait toutes les deux plusieurs projets différents. On a décidé que l'année qui s'en vient en sera une pour donner plus de concerts en duo et pour faire un album. À partir de cet été, on va s'occuper du duo plus sérieusement. Chaque fois qu'on joue ensemble, on est étonnées du résultat. On a du fun. On laisse ça un peu « lousse » et dans le moment. »

Le duo a évolué au fil du temps. Au départ, les deux complices proposaient surtout des pièces issues des concerts de professeurs. Cette fois, elles présenteront un mélange de chansons de Joni Mitchell et de standards du jazz. 

« Ça donne quelque chose de très intime. C'est très intuitif, très libre. On n'a pas de batteur, pas de bassiste, on peut faire des fantaisies », décrit Karen Young. « Les chansons de Joni Mitchell et les standards de jazz ont de belles mélodies. C'est très atmosphérique ce qu'on fait, très calme. »

Karen Young espère que plusieurs personnes se déplaceront pour les entendre au Camp musical, un lieu qu'elle apprécie particulièrement. 

« C'est un très beau théâtre, le point de vue est magnifique. Plus il y a de gens, plus il y a de fun », assure-t-elle.

Pierre Grandmaison... (Photo courtoisie, Laetitia Militaru) - image 3.0

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Pierre Grandmaison

Photo courtoisie, Laetitia Militaru

Une occasion unique

Le public du Camp musical aura une occasion unique d'entendre Pierre Grandmaison cet été. Cinquante concerts figurent à l'horaire de l'organiste titulaire de la Basilique Notre-Dame de Montréal au cours de la période estivale. Du nombre, trois seulement seront offerts en dehors de la métropole québécoise ; un à Paris, un en Belgique et un à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. 

Le public du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean n'aura rien à envier aux grandes villes le 9 août. L'organiste Pierre Grandmaison, un des plus réputés au Québec, fera danser ses doigts sur l'orgue Casavant de l'église Saint-Jérôme. « Ce sera un grand concert, le type de concert que je pourrais donner à Notre-Dame-de-Paris ou ailleurs », illustre Pierre Grandmaison, qui se fait un plaisir de se produire au Lac-Saint-Jean pour une première fois. « Le beau répertoire est beau, peu importe où il est joué. Ce qui est important, c'est que l'instrument soit capable de rendre la marchandise », affirme-t-il au cours d'un entretien téléphonique. 

L'organiste qui a l'habitude de jouer sur l'orgue de la Basilique Notre-Dame de Montréal n'est pas inquiet pour l'instrument à trois claviers de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. 

« Je ne connais pas l'église, mais j'ai vu l'orgue sur Internet et je sais à quel type d'instrument j'ai affaire, ça me semble très séduisant. C'est un orgue Casavant, un très bel orgue. Les orgues de Casavant sont des instruments de très haut calibre. J'ai pensé mon programme en conséquence. »

L'organiste proposera un programme différent de celui présenté à la Basilique Notre-Dame.

Le concert débutera avec la Toccata et Fugue de Bach et se terminera avec la Toccata finale de la Cinquième symphonie de Charles-Marie Widor. 

« Ce sont probablement les pièces les plus célèbres de tout le répertoire de l'instrument », affirme-t-il. « Entre les deux, je vais proposer un répertoire très beau qui va faire découvrir les capacités sonores de l'instrument, c'est important. »

Après son passage dans la région, qui comprendra également une prestation pour les élèves du camp le 10 août, Pierre Grandmaison retournera Montréal où il poursuivra sa série de concerts. Il s'envolera ensuite pour un festival de musique sacrée en Belgique.

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Nicolas Ellis

Photo courtoisie

Bach raconté aux enfants

Enfant, Nicolas Ellis se souvient avoir assisté à quelques spectacles. Des représentations qui lui semblaient vides et sans saveurs. C'est justement dans le but d'offrir quelque chose de dynamique et d'intelligent aux enfants qu'il a mis au monde Bach incognito, un concert destiné à la famille où l'enfance du grand compositeur allemand est racontée en mots et en notes. 

Bach incognito sera présenté au public du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean le 26 juin prochain. Pendant une heure, Nicolas Ellis (direction musicale et clavecin), Andréanne Brisson Paquin (soprano) et des musiciens de la région raconteront l'histoire de Bach. 

« Au cours de l'enfance, Bach a traversé différentes épreuves, notamment le décès de ses deux parents lorsqu'il avait 10 ans. Je raconte ses aventures, de l'âge de 8 à 17 ans. L'histoire est ponctuée de courts extraits musicaux. Ce sont des pièces qu'il a lui-même écrites, ou que d'autres compositeurs de l'époque ont écrites », explique Nicolas Ellis. 

Le directeur musical assure que le concert s'adresse aux personnes de tous âges. 

« C'est un concert interactif, dynamique, vraiment accessible. C'est un spectacle qui va plaire à toutes les catégories d'âges, de 6 à 95 ans », estime-t-il. « Quand j'ai mis sur pied le concert, je voulais que tout en restant dynamique et accessible, il permette aux gens, peu importe leur âge, d'apprendre quelque chose. L'idée, c'est que les jeunes soient considérés comme un public intelligent et curieux. J'ai présenté le spectacle à deux reprises et chaque fois, les enfants comme leurs parents sont ressortis en ayant l'impression d'avoir appris. »

Celui qui a pris part à six sessions au Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean est heureux d'y présenter le concert. 

« Le camp musical a eu un grand impact sur ma vie. Des souvenirs que je chéris y sont rattachés. J'ai vraiment hâte d'y retourner pour me rappeler ces souvenirs. »

Le concert Bach incognito sera suivi d'un pique-nique. Il est possible d'apporter un lunch, ou de manger sur place.

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