L'histoire revisitée par Thomas Hellman

Thomas Hellman a relaté une large tranche de... (Photo Le Progrès-dimanche, Michel Tremblay)

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Thomas Hellman a relaté une large tranche de l'histoire des États-Unis, samedi après-midi, dans le cadre du spectacle intitulé Rêves américains.

Photo Le Progrès-dimanche, Michel Tremblay

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Daniel Coté
Le Quotidien

Quiconque a visité Tadoussac connaît la vieille chapelle, la rouge et blanche qui remonte au Régime français. Il y en a une autre, cependant, dont l'extérieur est joli, mais sans commune mesure avec le décor dans lequel Thomas Hellman a présenté le spectacle Rêves américains samedi après-midi, dans le cadre du Festival de la chanson.

Les murs comme le plafond sont en bois vernis, en effet, et le bâtiment est si bien entretenu qu'on se croirait en 1866, l'année où il a été construit. Difficile d'imaginer un lieu plus approprié afin de raconter une tranche de l'histoire des États-Unis délimitée par la Ruée vers l'or de 1849, en Californie, et la Crise de 1929.

Tel est le propos de Thomas Hellman, qui a d'abord produit des chroniques pour la radio d'État avant de les jumeler à des chansons parfois traditionnelles, parfois récentes, qu'il interprète en compagnie du contrebassiste Sage Reynolds et du pianiste et percussionniste Olaf Gundel. Il s'agit de montrer comment la grande histoire et le destin des gens ordinaires se sont croisés, quelquefois pour le meilleur, souvent pour le pire.

Le ton est donné d'emblée, lorsqu'il est question des dommages collatéraux causés par la Ruée vers l'or. Une pièce enlevée, pulsée par le banjo, évoque le climat de violence qui a régné après la découverte d'une pépite par John Marshall. Lui-même a fini pauvre, dans une cabane perdue au fond des bois. Les Indiens ont été moins chanceux puisqu'en 1870, leur nombre était passé de 150 000 à 30 000 personnes.

Rêves fugitifs

Souvent, au cours du spectacle, on constate que le rêve américain ne fut que cela, un rêve, pour le commun des mortels. C'est ce qu'illustre la légende de John Henry, un ancien esclave qui meurt après avoir défié une machine capable de remplacer des dizaines d'hommes sur les chantiers.

La rude condition des mineurs est aussi relatée par l'entremise d'un air aux accents celtiques où les galeries souterraines sont comparées à des donjons. Elle est aussi sinistre que le sort des Américains qui, à la suite des Dust Storms, ont dû fuir l'épais nuage de poussière qui avait détruit leurs terres, parfois aussi leur santé, afin de migrer en Californie.

Pour situer de tels événements dans leur contexte historique, Thomas Hellman parle autant qu'il chante, sans toutefois faire la classe au public qui, samedi, occupait presque toutes les places disponibles. Entre autres choses, il rend bien la notion de mouvement, tellement centrale aux États-Unis, ainsi que les ruptures qui en découlent.

«On ne revient jamais sur ses pas», chante-t-il en s'accompagnant au piano. Des mondes meurent et d'autres naissent, comme le laisse entendre un texte de Henry David Thoreau tiré de «Walden». Elle est bucolique, l'image de sa petite maison nichée au bord d'un lac (ou plutôt d'un étang), mais il y a aussi un train qui passe dans le même secteur. Tôt ou tard, ces deux versions du rêve américain ne pourront plus cohabiter.

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