Plume, le faiseur de chansons

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Voici Plume tel qu'il apparaîtra à Tadoussac, le 11 juin. Le spectacle Récidives le montre en compagnie du fidèle Jean-Claude Marsan à la guitare, ainsi que du contrebassiste Grégoire Morency.

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Daniel Coté
Le Quotidien

À l'aube de ses 70 ans, Plume retrouve un environnement familier dans le cadre de la tournée Récidives.

Accompagné du fidèle Jean-Claude Marsan à la guitare, ainsi que du contrebassiste Grégoire Morency, il explore son vaste répertoire afin de mettre en valeur des compositions qui sont restées dans l'ombre des Bobépine et autres Jonquière.

C'est ainsi qu'à sa troisième apparition au Festival de la chanson de Tadoussac, le 11 juin à 19h, le vétéran reprendra les pièces dont il se dit le plus fier. La facture sera classique et l'accent mis sur les textes, ce qui nécessite une qualité d'écoute que l'homme a obtenue de haute lutte.

«J'ai commencé à l'époque des boîtes à chansons et c'est là que je vais boucler la boucle. Les mots traversent le temps et aujourd'hui, face aux multinationales qui vendent des chaussures, je me sens comme un cordonnier qui travaille encore dans son atelier», a énoncé Plume au cours d'une entrevue téléphonique accordée au Progrès-Dimanche.

Ce n'est pas d'hier qu'il explore la formule du trio, mais voici qu'apparaît la contrebasse, une première en ce qui le concerne. «J'ai toujours aimé le trio. C'est comme un tabouret, assez solide pour asseoir des textes dessus. La contrebasse ajoute un bondissement qui me plaît. Ça donne un côté «jugband»», analyse le chanteur.

De Bobépine aux Patineuses

Plume affirme que les mots traversent le temps, sauf qu'ils ne viennent pas tous au même rythme. Si Bobépine a été écrit en dix minutes, plusieurs pièces ont tardé à prendre une forme définitive. «Bobépine, je ne pensais jamais que ça décollerait de même, alors que d'autres fois, je me levais au milieu de la nuit pour changer un mot», confie-t-il.

Lucide, il a vite compris que l'effort n'est pas toujours récompensé, ce qui ne l'a pas empêché de sortir Chansons nouvelles en 1994. «Cette fois-là, j'avais travaillé en même temps sur la musique et les paroles, relate Plume. Dans beaucoup de chansons, il y avait des rimes parfaites, mais je savais qu'au plan commercial, ça ne marcherait pas.»

Après s'être comparé à un cordonnier, le voici qui parle à la manière d'un artisan afin d'illustrer son propos. L'exemple qui lui vient à l'esprit est une perle oubliée, Les patineuses. «Celle-là, je la trouve bien faite. J'aime quand c'est bien ficelé et mélodique», laisse échapper l'invité du Festival de la chanson.

Un album en gestation

À Tadoussac, trois nouvelles compositions témoigneront de l'esprit qui anime Plume ces temps-ci. La scène constitue en effet un laboratoire, l'occasion de vérifier si ces pièces aboutiront sur l'album qui sera enregistré à l'automne. Lui le premier, on le sent étonné d'évoquer cette échéance. Elle semblait si improbable, il n'y a pas si longtemps.

«Des fois, je crois que je n'en ferai plus, puis je ponds une locomotive avec plein de wagons accrochés derrière, décrit Plume. Ça tient au fait qu'il y a des hauts et des bas avec l'inspiration. Parfois, le puits est vide et il faut attendre. Puis, ça revient. C'est comme une maladie.»

Ce qui lui a redonné le goût d'écrire, ce sont les textes de Baudelaire et Verlaine que l'auteur des Pauvres a souhaité mettre en musique. «Ça a ranimé le désir de faire des chansons, confirme Plume. Il fallait que ça commence quelque part.»

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Voici Plume tel qu'il apparaîtra à Tadoussac, le 11 juin. Le spectacle Récidives le montre en compagnie du fidèle Jean-Claude Marsan à la guitare, ainsi que du contrebassiste Grégoire Morency.

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Comment Plume a conquis sa liberté

Le premier album de Plume est sorti en 1971 et ça paraît. Sur la pochette, on voit deux photos floues, en noir et blanc, montrant le chanteur avec son acolyte du moment, Pierre Landry. Ils portent la barbe et affichent la mine renfrognée des types qui faisaient la une de l'hebdomadaire Allô Police.

Pour déceler une trace d'humour, pourtant, il n'était pas nécessaire de chercher longtemps. La liste des personnes remerciées, qui aurait couvert plusieurs pages du bottin téléphonique, comprenait des sommités comme le Marsupilami, Gilbert Chénier et Lucien Hétu. Quant à la première pièce, elle avait pour titre Chez Dieu. Tout simplement.

Une autre farce, moins drôle, tient au fait que Les Disques Zodiaque ont enfermé le duo dans un contrat dont ils n'ont pu se détacher qu'au prix de trois ans de silence. «Comme tout le monde, je me suis fait fourrer», confirme Plume.

Si on parle de cette mésaventure, c'est pour remonter à la source de l'extraordinaire productivité de cet homme, ainsi que de la liberté qu'il a su préserver au fil de sa longue carrière. Se faire avoir une fois, passe encore. Mais deux fois, pas question.

«Pendant les trois ans de silence, les chansons se sont accumulées. Je me suis retrouvé avec beaucoup de stock et c'est pour ça qu'il m'est arrivé de lancer trois albums dans la même année. Je tuais mon marché parce que j'en sortais trop, mais ça ne me dérangeait pas. Je ne visais pas le «hit» à tout prix», explique Plume.

La liberté évoquée plus haut découle, en bonne partie, des contrats qui ont été négociés par son gérant après son passage chez Zodiaque. «Il s'est toujours arrangé pour que je ne sois pas lié à la compagnie de disques, raconte le chanteur. Je restais propriétaire de mes textes et je pouvais sortir tout ce que j'avais.»

Une autre dimension de la liberté est illustrée par son rapport aux régions. Pour se faire connaître dans les années 1970, il suffisait de prendre la route et de ne pas avoir peur du monde. C'est ainsi, par exemple, que des liens très forts ont été tissés avec le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«On partait en «truck» avec le stock et on faisait les tavernes du coin, les stations de radio. Dans les villages, on s'abreuvait à chaque fontaine et ça m'a donné la chance de goûter à la culture régionale avant que s'installe la culture des festivals», fait observer Plume avec un brin de nostalgie dans la voix.

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