Un film sur la notion de transition

Roberto Santaguida a profité d'une résidence de deux... (Photo Le Progrès-dimanche, Rocket Lavoie)

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Roberto Santaguida a profité d'une résidence de deux mois pour tourner un film dans la région. Il est entouré par Claude Martel, du Conseil des arts de Saguenay, ainsi que Martin Lavertu, directeur général des Ateliers TouTTout.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Roberto Santaguida est ce qu'on pourrait appeler un cinéaste de l'intérieur. Ce qui le fascine, ce ne sont ni les effets spéciaux, ni les histoires policières qui, ces temps-ci, pullulent sur les écrans de toutes dimensions.

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Sa caméra cherche à voler des parcelles d'âmes, ainsi qu'en témoigne le projet qu'il vient de mener dans la région.

Pendant deux mois, en effet, l'homme a bénéficié du programme Atelier-studio Saguenay-Montréal, une initiative pilotée par le Conseil des arts de Saguenay, les Ateliers d'artistes TouTTout, le Conseil des arts et des lettres du Québec, le centre d'artistes OBORO et le Conseil des arts de Montréal. Chicoutimi est devenu son lieu de résidence.

Originaire de la Métropole, l'artiste aux racines italiennes avait déjà séjourné dans la région. Ça remontait à une dizaine d'années et son premier réflexe fut de tourner un film où des liens seraient tracés entre cette lointaine sortie estivale et ce qu'il est devenu. Une bonne idée qui, pour l'heure, ne se concrétisera pas.

«J'ai trouvé une piste plus intéressante, comme ça arrive souvent à l'occasion d'une résidence. J'ai décidé d'explorer la notion de transition à partir de témoignages livrés par des personnes rencontrées ici», a raconté Roberto Santaguida au cours d'une entrevue réalisée à la conclusion de son séjour.

En contrepoint, lui-même évoquera un fait survenu en 2006. «J'ai alors découvert comment mes gestes pouvaient affecter d'autres individus. J'en parlerai dans le film», fait observer le cinéaste. Il ajoute que cette oeuvre, qui n'a pas de titre pour le moment, durera une vingtaine de minutes.

Patience récompensée

Plusieurs personnes interviewées par Roberto Santaguida ont été référées par Martin Lavertu, directeur général des Ateliers TouTTout, ainsi que les propriétaires du gîte qui l'a hébergé à son arrivée à Chicoutimi. Avant de tourner, le réalisateur a pris le pouls de chaque individu, histoire de retenir ceux qui cadraient le mieux avec sa démarche.

«Devant la caméra, certains ont raconté l'événement qui les touchait, une séparation, par exemple, en l'abordant directement. D'autres, par contre, l'ont fait au cours d'une conversation avec un proche. À un moment donné, le sujet sensible remontait à la surface», décrit le Montréalais.

Il lui est arrivé d'attendre une heure, caméra à l'épaule, afin de recueillir des confidences susceptibles de figurer dans son film. Des surprises sont également survenues. «Si on est patient, les gens vont exprimer des choses importantes en sous-texte, celles dont ils veulent vraiment parler», laisse entrevoir Roberto Santaguida.

On pourrait croire que cet habitué des résidences n'avait pas besoin de venir au Saguenay pour traiter de la notion de transition, sauf que le lieu l'a inspiré. «C'est une constellation de plusieurs choses, avance le cinéaste. Il est à la fois laid et beau, tranquille et animé. En plus, le climat a été intense, avec du soleil et beaucoup de neige.»

Six sections ont été tournées et le film sera monté de telle manière qu'on pourra le projeter en boucle sans altérer le propos. «À mes débuts, je créais des documentaires avec une touche personnelle. Aujourd'hui, c'est un mélange de moi et d'autres personnes, Je veux voir comment elles composent avec leur réalité», résume Roberto Santaguida.

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