Voyage dans le Montréal des clubs

Cette planche tirée de La femme aux cartes... (Photo courtoisie)

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Cette planche tirée de La femme aux cartes postales montre comment les auteurs ont fait revivre le Montréal des clubs, ce qui constitue l'un des plaisirs que procure cette bande dessinée publiée aux Éditions de la Pastèque.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Oui, ça se peut, tourner les pages d'une bande dessinée en ayant l'impression de visionner un long métrage. Tel est le plaisir que procure La femme aux cartes postales, un ouvrage créé par Claude Paiement et Jean-Paul Eid pour les Éditions de la Pastèque.

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Les auteurs de La femme aux cartes postales font revivre le Montréal des clubs, ce qui constitue l'un des plaisirs que procure cette bande dessinée publiée aux Éditions de la Pastèque.

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Les auteurs de La femme aux cartes postales font revivre le Montréal des clubs, ce qui constitue l'un des plaisirs que procure cette bande dessinée publiée aux Éditions de la Pastèque.

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Privilégiant le noir et blanc (ou plutôt le brun, comme sur les vieilles photos), le dessin se moule à l'esthétique des années 1950 où se déploie l'histoire de Rose, une jeune Gaspésienne qui rêve de chanter du jazz dans la grande ville.

Son inaccessible étoile, c'est le Montréal des clubs, un Montréal qui brille de mille feux, même s'il agonise.

«À un moment donné, il y avait tellement de travail pour les musiciens. Certains faisaient trois spectacles différents chaque soir, sans parler des contrats à la radio et à la télévision», a raconté Jean-Paul Eid au cours d'une entrevue téléphonique accordée au journal.

La femme aux cartes postales se déroule à la fin de cet âge d'or pendant lequel les grands du jazz se pointaient régulièrement dans la Métropole, où le talent local était si foisonnant que Duke Ellington en profitait pour garnir les rangs de son orchestre. Bientôt, la télévision, le rock et la lutte au crime organisé refermeraient ce chapitre.

«Le fait que les émissions de télévision étaient produites en direct a privé les clubs de leurs têtes d'affiche», souligne Jean-Paul Eid. Le rock, lui, a canalisé les jeunes vers un médium que les jazzmen jugaient primitif, comme l'illustre un épisode du livre mettant en scène un Robert Charlebois pas encore sorti de l'adolescence.

On le voit essayer de jouer de la guitare au magasin Archambault et sa maladresse, tout comme la condescendance des deux hommes qui accompagnent Rose sur scène, témoigne de la tension qui régnait entre les deux clans. «Les musiciens de jazz, qui étaient mieux formés, avaient souvent des prises de bec avec les rockeurs», note Jean-Paul Eid.

Comme au cinéma

Les deux auteurs ont inventé l'histoire de Rose, mais l'ont située dans un contexte historique très proche de la réalité. Lire La femme aux cartes postales, en effet, c'est comme regarder des images d'archives qui sont d'autant plus éloquentes qu'il y a du «lousse» à l'intérieur des cases. Le propos n'est pas noyé dans un océan de mots.

«On voulait faire de ce livre l'équivalent d'un film. Claude vient du monde du théâtre, moins de la BD, mais on s'est rejoint dans l'univers du cinéma, dans son langage. D'une certaine manière, on fait bouger la caméra, ce que permet le format du roman graphique. On a aussi placé des silences», décrit Jean-Paul Eid.

L'histoire migre à Cuba dans la deuxième moitié du livre, juste à temps pour voir les rebelles de Castro s'emparer de La Havane. Un événement survient là-bas qui trouvera son aboutissement à notre époque, grâce à une trame narrative ingénieuse. C'est l'occasion d'évoquer le statut des femmes à une époque qui, pour elles, n'avait rien de doré.

«La femme aux cartes postales touche les gens qui ont connu l'ère des clubs, les amateurs d'histoire et ceux qui aiment lire des romans. Nous ne voulions pas rejoindre uniquement le public de la bande dessinée et depuis le lancement, la réponse est très bonne», se réjouit Jean-Paul Eid.

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