Voyage au pays de l'étrange

  • Clin d'oeil à Hollywood, ces créatures inspirées par le film <em>Alien</em>, suscitent un brin d'appréhension lorsqu'on les croise à La Pulperie. (Photo Le Progrès-dimanche, Jeannot Lévesque)

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    Clin d'oeil à Hollywood, ces créatures inspirées par le film Alien, suscitent un brin d'appréhension lorsqu'on les croise à La Pulperie.

    Photo Le Progrès-dimanche, Jeannot Lévesque

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  • À la fin de l'exposition <em>La Fabrique des monstres</em>, on traverse une chambre d'enfant qui semble avoir été imaginée par Salvador Dali. (Photo Le Progrès-dimanche, Jeannot Lévesque)

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    À la fin de l'exposition La Fabrique des monstres, on traverse une chambre d'enfant qui semble avoir été imaginée par Salvador Dali.

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  • Faites connaissance avec madame et monsieur Rat, un charmant couple imaginé par l'artiste saguenéen Pascal Picard. (Photo Le Progrès-dimanche, Jeannot Lévesque)

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    Faites connaissance avec madame et monsieur Rat, un charmant couple imaginé par l'artiste saguenéen Pascal Picard.

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  • Voici quelques pièces provenant de la collection rassemblée à Larouche, dont une divinité hindoue surmontée d'une tête d'éléphant. (Photo Le Progrès-dimanche, Jeannot Lévesque)

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    Voici quelques pièces provenant de la collection rassemblée à Larouche, dont une divinité hindoue surmontée d'une tête d'éléphant.

    Photo Le Progrès-dimanche, Jeannot Lévesque

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Daniel Coté
Le Quotidien

Hollywood n'a rien inventé avec ses créatures fantastiques, ainsi que le démontre la nouvelle exposition créée par l'équipe de La Pulperie de Chicoutimi. Présentée jusqu'au 2 octobre, La Fabrique des monstres témoigne de la propension de l'Homme à exploiter la laideur, la marginalité et la bizarrerie pour frapper l'imagination populaire.

Directrice des collections et de la recherche, Kathleen Vickers affirme que ce thème offrait «des possibilités infinies» et il suffit d'explorer les salles pour s'en convaincre. Même si une grande part des 104 objets soumis au regard du public ont été dénichés dans la région, ils couvrent une large palette de sensibilités.

Dès l'entrée, par exemple, on tombe sous le charme étrange qu'exercent madame et monsieur Rat. Ces personnages dessinés par un artiste du Saguenay, Pascal Picard, sont à la fois laids et fascinants. On apprécie la technique, le rendu extrêmement soigné, mais aussi l'humour que laissent filtrer les portraits.

On leur trouve une parenté avec les estampes de Ernst Fuchs accrochées un peu plus loin. Fondateur de l'école de Vienne du réalisme fantastique, il affectionne les tons doux et fait souvent dans l'absurde, représentant une divinité avec un poisson sur la tête, une femme avec un crustacé collé au front. On sent que Freud n'est pas loin.

Sur un registre différent, deux fusains exécutés par Soeur Marie-de-la-Grâce montrent des faunes à qui on donnerait le bon Dieu sans confession. On s'émerveille à l'idée qu'ils ont vu le jour en 1944 et que l'artiste a enseigné à Chicoutimi, au Bon-Conseil. Elle faisait partie de ces religieuses qui n'ont jamais hésité à embrasser leur époque.

Ses oeuvres tiennent compagnie à des estampes provenant de la collection de La Pulperie. Ces images conçues il y a un siècle sont sinistres, notamment celle qui représente l'enfer. Il y a du feu partout, des serpents et de pauvres hères subissant mille sévices sous l'oeil d'un Diable pas mal plus menaçant que Freddie Krueger.

On vit le même genre de frisson en examinant les bêtes féroces inspirées par le film Alien. Faites de métal, toutes dents dehors, elles semblent prêtes à bondir sur le visiteur. En revanche, c'est sans appréhension qu'on jette un oeil sur Ganesh, une divinité hindoue faite de bois de teck. Sa tête d'éléphant a même quelque chose de rassurant.

Cette oeuvre provient de Larouche, comme d'autres posées tout près. C'est l'occasion de se souvenir de la folle ambition de Claude Simard, qui souhaitait faire de sa communauté un musée. Ce qu'il en reste, ce sont des petits bouts de l'Inde qui rappellent que même notre terre d'épinettes fait partie du village global.

Les contes et légendes du Québec ont également droit de cité, ce qu'illustrent les bronzes de la série Métiers, coutumes et légendes d'autrefois. Le ton est relativement doux, mais pas autant que dans la dernière salle où a été aménagée une chambre d'enfants qui semble émaner de l'esprit enfiévré de Salvador Dali.

Accrochés entre ciel et terre, un lit, une porte et une fenêtre de facture ancienne créent une ambiance joyeuse, fantaisiste, tandis que le film L'appel du monstre est projeté en boucle. On réalise alors que cette exposition consacrée aux monstres fabrique surtout de jolis souvenirs.

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  • La Fabriques des monstres
    Clin d'oeil à Hollywood, ces créatures inspirées par le film <em>Alien</em>, suscitent un brin d'appréhension lorsqu'on les croise à La Pulperie. (Photo Le Progrès-dimanche, Jeannot Lévesque)

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  • La Fabriques des monstres
    À la fin de l'exposition <em>La Fabrique des monstres</em>, on traverse une chambre d'enfant qui semble avoir été imaginée par Salvador Dali. (Photo Le Progrès-dimanche, Jeannot Lévesque)

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