Les beautés de la culture autochtone

L'auteur de littérature jeunesse Michel Noël était de... (Photo courtoisie, Michel Ricard)

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L'auteur de littérature jeunesse Michel Noël était de passage à Saguenay cette semaine.

Photo courtoisie, Michel Ricard

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Après les événements dramatiques touchant différentes communautés autochtones médiatisés dernièrement, Michel Noël arrive tel un baume avec ses livres et ses histoires mettant de l'avant les beautés de la culture autochtone.

L'auteur était de passage dans la région cette semaine, afin de rencontrer des centaines de jeunes de quatrième année du primaire de Saguenay. Une occasion de transmettre le plaisir de la lecture et une image positive de sa culture.

Michel Noël a rendu visite aux petits dans le cadre de la 39e édition de la Semaine canadienne TD du livre jeunesse. Au fil des ans, le romancier, conteur, poète et dramaturge a remporté nombre de prix. Le prix TD a toutefois une valeur particulière à ses yeux.

«Souvent, les prix sont des coups d'épée dans l'eau. En plus de venir avec une bourse de 30 000$, le prix TD s'occupe de ses lauréats. Chaque année, une tournée à travers le Canada qui permet de parler du plaisir de la lecture est organisée», explique celui qui a saisi l'occasion.

Il faut dire que Michel Noël, qui a quelque 100 livres à son actif, se fait un devoir de parler aux enfants de littérature et de culture autochtone. Il rencontre entre 5000 et 6000 enfants par an. Une façon pour lui de combattre l'ignorance et de susciter l'ouverture.

«Quand on parle d'un peuple, il faut toujours en dire ce qu'il y a de plus beau», affirme-t-il d'emblée. «Amener des adultes à changer leurs préjugés, c'est difficile. Les enfants n'ont pas de préjugés.

Quand on leur donne aussi de belles images, on leur donne la possibilité d'avoir un jugement éclairé. En passant par les enfants, on fait un placement pour l'avenir», estime-t-il.

Avec les jeunes, il aborde des thèmes comme la sagesse, la culture, le concept de la vie et la mort.

«J'apporte quelque chose aux enfants, mais ils m'apportent beaucoup eux aussi.»

Par le passé, Michel Noël a oeuvré au ministère des Affaires indiennes et du Nord et au ministère de la Culture du gouvernement du Québec, toujours en lien avec les affaires autochtones, ainsi que l'art amérindien et inuit. La situation des jeunes Autochtones le touche particulièrement.

Celui qui a été élevé sur une réserve jusqu'à l'âge de 14 ans n'a pas eu la vie facile. Ses parents, son frère et sa soeur sont décédés jeunes. «Ils sont morts de misère», affirme celui qui a vécu la pauvreté, l'alcoolisme et la violence.

Il n'a jamais voulu occulter les problèmes qui touchent les communautés.

«Tout ce qui se passe est d'une très grande tristesse. On ne retrouve que du négatif dans les médias. Il faut investir dans le présent et l'avenir. On a dévalorisé la culture des Autochtones. On les a vidés de leur estime de soi. Il faut qu'ils redeviennent fiers de ce qu'ils sont, remplir ce vide qu'on a créé.»

Pour se faire, il compte sur la valorisation des réalisations autochtones «Il faut parler des réalisations de nos ancêtres. Mettre en lumière les succès des Autochtones. Il faut que les Amérindiens se lèvent et prennent la parole. Ça s'en vient.»

Écrire est sa façon de faire une différence.

Il a aussi créé un compte Facebook réunissant quelque 900 amis autochtones. «Les jeunes amérindiens écrivent beaucoup sur Facebook. Je vois plein de belles choses. C'est un lieu d'échange, de compréhension et d'analyse de ce qui se passe avec la jeunesse amérindienne. Sur Facebook, j'ai le vrai portrait, ça permet de détruire des mythes.»

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