Le petit festival qui voit grand

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Le spectacle Liaisons sonores sera présenté au Festival des musiques de création le 21 mai.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Preuve qu'on va plus loin, plus longtemps, en voyageant léger, le Festival des musiques de création sera présenté pour une 25e fois, du 19 au 28 mai. Cet événement qui évolue à la marge de la marge, dont les vedettes rayonnent à l'international, mais loin des radios commerciales, amorce son second quart de siècle en arborant de jolies couleurs.

« Notre taux d'occupation s'élève à 82 %, ce qui est supérieur à la moyenne québécoise, tous genres confondus. Le festival est en bonne santé et vient de recevoir une aide accrue du Conseil des arts de Saguenay, ce qui s'ajoute aux contributions de Patrimoine Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec », souligne Sébastien Maltais.

Directeur artistique de l'édition 2016, il croit avoir monté une affiche susceptible de plaire aux amateurs les plus aventureux, autant qu'aux néophytes pleins de bonne volonté. Rien n'a été prévu pour souligner le 25e, mais on remarque, comme lui, que la programmation réfère fréquemment à la notion de mariages.

Est-ce un clin d'oeil oblique aux noces d'argent ? Toujours est-il qu'après avoir dressé la liste des invités qui se pointeront à la Salle Pierrette-Gaudreault, puis au Côté-Cour de Jonquière, Sébastien Maltais a vu plein de liens entre eux.

« Je l'ai constaté après coup, en cherchant quel était le fil conducteur de cette édition. Dans certains programmes, on remarque des collaborations entre hommes et femmes vivant en couple, mais aussi des mariages de styles, de cultures et de genres musicaux », fait-il observer.

C'est ainsi que Michel Smith et sa compagne Sandra Wong, de l'Ensemble Karel, présenteront leurs vélos trafiqués, tandis que le Quatuor Bozzini s'associera au guitariste norvégien Kim Myhr. Pensons aussi au maillage du théâtre et de la musique autour duquel s'articulera le spectacle Liaisons sonores, présenté le 21 mai.

La beauté de l'affaire est que toutes ces choses sont accessibles à prix d'ami. On peut acquérir un passeport au coût de 100 $, ce qui donne accès à cinq soirées de spectacles, dont quatre programmes doubles. Des billets à l'unité sont aussi disponibles, que ce soit à la porte des salles ou au bureau du festival, qu'on peut joindre au numéro 547-2904.

Six programmes, dix spectacles et plein de notes

Six programmes seront présentés dans le cadre du 25e Festival des musiques de création, qui demeure fidèle à son ancrage jonquiérois en retournant à la Salle Pierrette-Gaudreault, de même qu'au Côté-Cour et, pour la première fois, sur la zone portuaire de Chicoutimi. Chacun de ces spectacles possède son histoire et sa couleur à lui, ainsi que le souligne l'architecte de l'édition 2016, le directeur artistique Sébastien Maltais.

Tanya Tagaq sera à Jonquière le 19 mai.... (Photo courtoisie) - image 3.0

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Tanya Tagaq sera à Jonquière le 19 mai.

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Tanya Tagaq

Jeudi 19 mai à 20h 30, Salle Pierrette-Gaudreault

Il y a longtemps que le festival cherche à amener cette artiste dans la région. On croyait que c'était dans la poche l'an dernier, jusqu'au moment où la spécialiste du chant de gorge, une jeune femme originaire du Nunavut, s'est désistée afin d'honorer un engagement à Londres.

Pourquoi s'attend-on à une salle comble à l'occasion de son passage à Jonquière, dans le cadre de la soirée d'ouverture? «Parce que Tanya Tagaq a le vent dans les voiles. Elle est en demande partout dans le monde», répond Sébastien Maltais.

Flanquée du batteur Jean Martin et du violoniste Jesse Zubot, l'artiste engagera un dialogue avec eux en se livrant à des jeux de gorge. «C'est fait dans un esprit actuel, parfois avec des accents bruitistes, parfois sous l'angle du jazz. Elle a aussi une approche mélodique», fait valoir le directeur artistique.

Faisant référence au look de la jeune femme, il reconnaît que lui aussi a contribué à sa notoriété. «Elle est sexy et c'est déstabilisant», note Sébastien Maltais en souriant. On est loin des barbus qui, d'ordinaire, hantent les scènes du festival.

Projections libérantes

Vendredi 20 mai à 20h, Salle Pierrette-Gaudreault

Ce soir-là, on trouvera autant à voir qu'à entendre puisque cette production ambitieuse, très attendue, constitue un hommage aux peintres Ozias Leduc, Paul-Émile Borduas et Jean-Paul Riopelle. Des images de leurs tableaux seront projetées pendant l'interprétation des oeuvres composées par Simon Martin.

«C'est une musique très contemporaine, toute en textures», décrit Sébastien Maltais. Trois pièces seront interprétées par trois formations, soit Quasar, le Quatuor Bozzini et le Trio de guitares contemporain. On parle ici de gros noms dans l'univers de la musique actuelle, d'où la difficulté de les réunir sur une même scène.

«Ce spectacle n'est pas facile à déplacer», confirme le directeur artistique.

 

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Kim Myhr sera à la Jonquière le 20 mai.

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Quatuor Bozzini/Kim Myhr

Vendredi 20 mai à 21h 30, Salle Pierrette-Gaudreault

Les membres du Quatuor Bozzini remporteront le titre d'employés du mois, puisqu'ils interviendront deux fois le même soir. Leur seconde apparition donnera lieu à un maillage intrigant avec trois camarades, dont le guitariste norvégien Kim Myhr.

«Je ne connais pas le contenu de ce spectacle. J'imagine que ce sera un mélange de ce que font les deux groupes, indique Sébastien Maltais. Ce qui est clair à ses yeux, c'est que le Quatuor Bozzini représente la formation la plus chevronnée du Québec en matière de musique contemporaine.

Quant à Kim Myhr, qui jouera aux côtés de Ingar Zach (percussions, voix) et Erika Angell (voix), c'est un artiste qui se distingue à la fois par sa virtuosité et son inventivité. «Il peut aller dans le folk et aime aussi utiliser des objets pour faire de la musique», rapporte le directeur artistique du festival.

 

Liaisons sonores

Samedi 21 mai à 20h, Salle Pierrette-Gaudreault

«Je voulais leur donner l'occasion de sortir», raconte Sébastien Maltais. Il fait référence aux artisans de ce spectacle, fruit d'une collaboration entre le Français Alain Mahé, créateur sonore, et le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en dramaturgie sonore au théâtre, Jean-Paul Quéinnec, de l'UQAC.

La performance réalisée ce soir-là s'inscrira dans la foulée d'une intervention effectuée à Mashteuiatsh. Il y aura des projections, de la musique et des sons. Les participants, de retour d'un séjour en Europe, seront installés au milieu du public. «Leur démarche m'intrigue beaucoup», affirme Sébastien Maltais.

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L'Ensemble Karel présente deux spectacles dans le cadre du Festival des musiques de création.

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Incanta

Samedi 21 mai à 21h 30, Salle Pierrette-Gaudreault

L'Ensemble Karel ressemble à un OVNI avec ses vélos transformés en machines à sons, de même que ses musiques interprétées par Michel Smith et Sandra Wong, de concert avec leurs enfants Karel et Midori Smith-Wong. À sa première apparition dans la région, après 25 ans de carrière, le quatuor montréalais demeurera fidèle à lui-même.

«Ils veulent que les gens soient debout et qu'ils se promènent dans la salle pour mieux voir les vélos, tandis qu'eux-mêmes occuperont la scène et l'avant-scène. Incanta constitue une nouvelle production et grâce aux éclairages, elle mettra les objets en valeur», annonce Sébastien Maltais.

 

L'Ensemble Karel

Dimanche 22 mai à 16h, zone portuaire de Chicoutimi

Les membres de l'Ensemble Karel remettront ça à l'extérieur, à la faveur d'un spectacle qui sera accessible gratuitement face à la grande scène de la zone portuaire. Ce sera le moment idéal pour examiner leurs vélos, tout en essayant de les suivre sur le site, puisqu'ils aiment changer de décor lorsque le contexte s'y prête.

«Ce sont des ''bidouilleux''. Ils misent notamment sur les vents et les percussions, mais sont capables de brancher un synthétiseur sur des flûtes d'orgue», mentionne Sébastien Maltais. Il précise que cet événement a pour but de rejoindre les enfants, autant que les adultes, et qu'on pourra y assister gratuitement.

 

Virtuosité, énergie et lumière

Vendredi 27 mai à 20h, Côté-Cour

Cet événement est né d'une déception exprimée par Jean Derome au cours de l'édition 2015. Il avait donné un spectacle aux côtés de Quasar, mais regrettait de ne pas avoir eu la chance de jouer aussi avec la clarinettiste Lori Freedman.

Il faut savoir que ces artistes collaborent depuis plusieurs années, à la suite d'une suggestion émise par le fondateur du festival, le regretté Pierre Dumont. N'ayant jamais eu la chance de se produire à Jonquière, ils corrigeront cette anomalie en livrant des compositions du saxophoniste.

«C'était le coup de coeur de Pierre, qui est décédé il y a cinq ans. En même temps, on soulignera l'année Derome, qui coïncide avec ses 60 ans. Elle a été proclamée par le Conseil des arts et des lettres du Québec», rapporte Sébastien Maltais.

Le groupe Torche compte cinq improvisateurs.... (Photo courtoisie) - image 10.0

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Le groupe Torche compte cinq improvisateurs.

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Torche

Vendredi 27 mai à 21h 30, Côté-Cour

Cinq improvisateurs sur une même scène, des Québécois et des gens originaires de France et d'Autriche. Leur groupe s'appelle Torche, comme le spectacle qu'ils offriront grâce à la collaboration d'une organisation de Rimouski, Tour de Bras.

«Ils vont jouer en mode acoustique au milieu de la salle, ce qui nous obligera à monter des tables sur la scène», raconte Sébastien Maltais. La musique, elle, ira dans toutes les directions, puisque ces artistes affectionnent autant le jazz minimaliste que le bruitisme ou l'électro-acoustique.

 

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Le trio de musiciens Le Petit Ensemble jouera au Côté-Cour le 28 mai.

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Le Petit Ensemble

Samedi 28 mai à 20h, Côté-Cour

Le dernier soir du festival est celui de la relève et c'est avec cette idée en tête que le Baieriverain Pierre-Luc Boivin (violon) se joindra à Pierre Landry (guitare classique) et Christian Proteau (contrebasse) afin de proposer quelques impros. Il faut s'attendre à ce que celles-ci donnent lieu à des changements d'atmosphère.

«Ce trio sera très intéressant, avec un caractère légèrement impressionniste, anticipe Sébastien Maltais. Ce qu'il propose peut se révéler super calme, mais aussi très éclaté.»

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Le groupe Gisèle sera aussi au Côté-Cour le 28 mai.

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Gisèle invite

Samedi 28 mai à 21h 30, Côté-Cour

Le groupe Gisèle existe depuis quatre ans et ce soir-là, il sera flanqué d'un nouveau complice, le saxophoniste saguenéen Guillaume Tremblay. Le programme comprend des pièces écrites par le guitariste Louis Beaudoin-De la Sablonnière et tout laisse croire qu'elles feront trembler les murs centenaires du Côté-Cour.

«Il n'y a pas de basse dans ses compositions et ça brasse, ce correspond à ce qu'on désire pour la dernière soirée. Après avoir entendu des musiques parfois pointues, on veut que ce soit plus déjanté», résume Sébastien Maltais.

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