Douze oeuvres engagées au Collège d'Alma

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Si seulement d'Alice Tremblay montre à l'aide de miroirs que l'humain cause la disparition de plusieurs espèces animales.

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En appelant leur exposition Bleach Party, présentée jusqu'au 13 mai à la galerie du Collège d'Alma, les 12 finissants en Arts et technologies informatisées (ATI) annonçaient d'entrée de jeu que leurs réalisations seraient éclatées, mais rien ne laissait présager qu'elles porteraient autant de revendications également.

7,3 milliards condensés de Gabrielle Gobeil a été... (Photo Le Progrès-dimanche, Dominique Gobeil) - image 1.0

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7,3 milliards condensés de Gabrielle Gobeil a été réalisé à l'aide de déchets.

Photo Le Progrès-dimanche, Dominique Gobeil

Suspendue au centre de la pièce, une oeuvre très actuelle brise le parcours du visiteur. Un petit garçon, dessiné de façon hyperréaliste au plomb et au fusain sur un canevas de bois, fait la moue. Il faut se rendre de l'autre côté pour voir que ces jolis yeux bleus appartiennent en fait au controversé politicien américain Donald Trump. L'artiste Lili Fortin fait ainsi réfléchir à l'impact de l'éducation et de la classe sociale sur le parcours des hommes, tous si «innocents» à leur jeune âge.

Juste à côté, l'énorme portrait très coloré réalisé par Gabrielle Gobeil attire l'attention. L'étudiante a accompli tout un travail de moine pour pouvoir exposer 7,3 milliards condensés. Comme une mosaïque, le troublant visage est composé d'une myriade de morceaux de carton recyclé, qui réussissent à transmettre les émotions du sujet. Ses boucles noires en sacs de plastique ont un relief si réel que le visiteur voudrait y passer ses doigts. Les déchets en trame de fond montrent que les résidus de la consommation peuvent aussi avoir une valeur esthétique ou utile, au lieu de polluer l'environnement.

Cette thématique a aussi inspiré Cynthia Lindsay-Plamondon, qui a plutôt décidé de présenter les détritus immergeant d'une imposante plaque de béton dans Artifice. La collégienne y ajoute une technique multimédia, une part importante du programme ATI, en projetant un filtre multicolore sur son oeuvre qui se veut une métaphore des idées véhiculées dans la société.

Le vidéo est aussi intégré dans l'installation nommée Trouble de Joëlle Gobeil, mais de façon plus perturbante. En se plaçant devant une plaque transparente où trois silhouettes entremêlées d'un homme bouleversé ont été peintes, le visiteur verra à travers non pas son reflet, mais bien son dos, une vue plutôt inusitée. Un ingénieux système de caméra le filme en effet par-derrière, et les images sont projetées en temps réel sur une toile devant, pour intégrer la personne à part entière dans l'oeuvre qui sensibilise aux maladies mentales.

D'autres belles trouvailles agrémentent la visite. Beauté plastique de Zoé Bergeron, un tableau réalisé à partir de cosmétiques, met en perspective l'estime de soi des femmes. Avec des clous et un fil de 132 mètres, la hauteur exacte du plus grand arbre ayant poussé sur Terre pour ensuite être abattu, Claudie Mathieu dénonce la destruction de la nature en brodant une forêt sur des bûches de bois. Unless/À moins que représente d'ailleurs le Collège d'Alma au Festival intercollégial d'arts visuels.

Les oeuvres suivantes embrassent d'autres causes, telle l'extinction d'animaux déplorée par Alice Tremblay dans Si seulement, ou montrent des facettes plus personnelles de l'artiste, comme Elizabeth Fortin H. qui a reproduit la dizaine de bâtiments où elle a vécu avec À 19 lieux d'ici.

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