Le 1916 Mellon revivra au grand écran

Nicolas de la Sablonnière... (Photo Le Progrès-dimanche, Rocket Lavoie)

Agrandir

Nicolas de la Sablonnière

Photo Le Progrès-dimanche, Rocket Lavoie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Daniel Coté
Le Quotidien

Pour ceux qui le voyaient se dresser au centre-ville d'Arvida, l'édifice situé au 1916 boulevard Mellon faisait figure de taudis.

La mort montre le bout de son nez... (Photo courtoisie) - image 1.0

Agrandir

La mort montre le bout de son nez dans le film Époque 1916, comme l'illustre cette image captée lors des funérailles de l'artiste Hervé Leclerc, un ami du réalisateur Nicolas de la Sablonnière.

Photo courtoisie

Alexandre Ruffin a assumé les fonctions de coproducteur... (Photo courtoisie) - image 1.1

Agrandir

Alexandre Ruffin a assumé les fonctions de coproducteur et directeur photo du film Époque 1916, tandis que Geneviève Brochu a tenu la caméra.

Photo courtoisie

À la fois massif et négligé, il a suscité peu d'élans nostalgiques lorsque des ouvriers l'ont démoli pour faire place à un bâtiment administratif.

Ce qui était invisible aux yeux du commun des mortels, c'est la vie qui fleurissait à l'intérieur de ses murs délabrés. Jusqu'à sa disparition à l'automne 2014, les appartements situés au premier étage étaient occupés, en effet. L'un des locataires était le cinéaste et peintre Nicolas de la Sablonnière, aussi connu sous le nom de Delasablo.

Sachant que le bâtiment était condamné, il a entrepris de filmer les activités qui s'y déroulaient, un projet réalisé avec la complicité de ses amis Alexandre Ruffin, coproducteur et directeur photo, ainsi que Sien-Sébastien et Geneviève Brochu, sa conjointe.

Le fruit de ces efforts est un long métrage intitulé Époque 1916, dont la première aura lieu le 12 mai. L'unique représentation prévue pour le moment se déroulera à 20h, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Accessible au coût de 10$, elle montrera que les apparences modestes du 1916 Mellon étaient trompeuses.

«L'édifice est le personnage principal et je l'ai filmé comme un être vivant. Ce n'est pas vraiment un documentaire, mais un instantané, en même temps qu'un poème sur la vie, la mort, la création et la destruction», a confié Nicolas de la Sablonnière au cours d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche.

Présence fugitive

L'une des personnes qu'on verra se profiler sur l'écran est un ami du réalisateur, le regretté Hervé Leclerc. Celui-ci s'est rendu fréquemment au 1916 Mellon, mais c'est dans son appartement à lui que des images ont été captées, peu avant son décès.

«Il est question du portrait que j'ai fait de lui», précise Nicolas de la Sablonnière. Signalons, en passant, que deux livres consacrés à cet artiste seront publiés l'automne prochain. L'un d'eux prendra la forme d'une biographie, tandis que l'autre renfermera des textes écrits par Hervé Leclerc, notamment des poèmes.

Pour revenir au film, il ouvre une fenêtre sur le quotidien des artistes gravitant autour du réalisateur et de sa compagne. «C'est un instantané de vie. On voit passer des cinéastes, des musiciens, des peintres comme Pascal Picard», décrit l'Arvidien.

Le long métrage ne constitue pas un plaidoyer contre la destruction du bâtiment, toutefois, même si Nicolas de la Sablonnière lui trouvait plein de qualités. «C'était grand et pas cher, autour de 570$ par mois. Les pièces étaient aérées, tandis que le plafond s'élevait à 11 pieds. Il ne s'agissait pas d'un taudis», assure-t-il.

Lui et ses camarades ne disposaient d'aucun budget pour produire le film, mais possédaient l'équipement nécessaire pour mettre les images en boîte. C'est donc du temps, surtout, qui a été investi dans cette oeuvre où le noir et blanc fait bon ménage avec la couleur.

«On a tourné à la manière du cinéma de guérilla. Ce long métrage se situe à la marge du cinéma indépendant», estime Nicolas de la Sablonnière, qui a reçu l'aide de la Bande Sonimage, ainsi que du conseiller municipal Carl Dufour, en vue de la première du 12 mai.

Certains ont pu assimiler le 1916 Mellon à... (Photo courtoisie) - image 2.0

Agrandir

Certains ont pu assimiler le 1916 Mellon à un taudis, mais le film tourné par Nicolas de la Sablonnière montre que ce lieu au charme improbable était plein de vie.

Photo courtoisie

Le film Époque 1916 prend fin avec la... (Photo courtoisie) - image 2.1

Agrandir

Le film Époque 1916 prend fin avec la destruction du bâtiment situé sur le boulevard Mellon, un événement survenu à l'automne 2014.

Photo courtoisie

Quand une oeuvre passée redevient

Au moment où sort le plus récent film de Nicolas de la Sablonnière, voici que son premier effort, un long métrage intitulé Dilemmes, revient pointer le bout de son nez. Cette chose qui avait été tournée au sortir de l'adolescence, avec la complicité de ses amis Mathieu Gaudreault et Yan Savard, pourrait faire l'objet d'un «remake».

«J'avais 18 ans et on avait fait ça pour le plaisir, raconte le cinéaste originaire du Saguenay. On rêvait de créer des films et même si celui-ci avait été peu diffusé, nous avions obtenu une super critique d'André Caron dans la revue Séquence.»

Cette aventure était rangée son tiroir de souvenirs lorsque Yan Savard l'a contacté afin d'explorer la possibilité d'un «remake». «Je lui ai répondu: ''Es-tu malade? On était tellement jeunes quand on a fait ça.'' J'étais sceptique», confie Nicolas de la Sablonnière.

La surprise passée, il a accepté de retravailler le texte. Une première révision a été produite, prélude à un traitement plus approfondi pour lequel on mobilisera un scénariste professionnel. «La philosophie et l'histoire vont demeurer les mêmes. Par contre, on va creuser davantage les dilemmes», fait observer le Saguenéen.

Dans ce thriller tourné en 1994, trois amis empruntent des voies différentes après avoir commis un crime ensemble. L'un d'eux devient tueur à gages et l'autre trafiquant d'armes, tandis que le troisième fait carrière dans la police. «Chacun à sa manière, ils représentent des archétypes du monde du crime», explique Nicolas de la Sablonnière.

Leurs retrouvailles constituent le prétexte à une exploration de l'âme humaine, une piste que l'adulte qu'il est devenu juge toujours pertinente. Il faudra toutefois patienter avant de voir la nouvelle version de Dilemmes, dont Yan Savard signerait la réalisation.

«Ce ne sera pas tourné avant deux ou trois ans. Pour que ça fonctionne, il faudra attendre qu'un autre projet aboutisse», laisse entrevoir Nicolas de la Sablonnière.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer