Guy-Philippe Wells, jamais loin de la musique

Même si on entend peu parler de lui... (Archives Le Progrès-dimanche)

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Même si on entend peu parler de lui depuis quelque temps, Guy-Philippe Wells est des plus actifs. En plus d'enseigner les sciences politiques à l'UQAM, le Chicoutimien d'origine oeuvre au Centre d'études sur l'intégration et la mondialisation (CEIM) de l'UQAM, amorcera sous peu sa thèse de doctorat sur l'impact d'Internet sur la culture et compose les pièces qui devraient se retrouver sous peu sur un troisième album.

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

On a peu entendu parler de Guy-Philippe Wells depuis l'album Brise-glace sorti en 2009. S'il se tient plus loin des planches, le Chicoutimien d'origine a toujours les deux pieds dans le monde de la musique. Il complète actuellement un doctorat sur le droit d'auteur, puis écrit des pièces qui devraient se retrouver sur un troisième album dans un horizon pas trop lointain.

La musique, il n'y a pas à dire, c'est un sujet que Guy-Philippe Wells maîtrise. Parce qu'il en joue, mais aussi parce qu'il consacre la thèse de son doctorat à l'impact d'Internet sur la culture et le droit d'auteur.

«Pour poursuivre mon parcours à l'université, ça devenait important d'avoir une maîtrise et un doctorat. Je me suis dit que si j'étais capable de joindre le travail universitaire à mon travail de chanteur, tout aurait un sens», raconte-t-il lors d'un entretien téléphonique.

Ses études l'ont amené à participer à des colloques partout dans le monde. Il a prononcé des conférences notamment à Montréal, Paris, Barcelone et Reims.

«Je veux essayer d'apporter une contribution à la réflexion dans ce secteur-là. Mon passé me permet d'amener une expertise différente tout en ne m'éloignant pas trop de la musique. Il y a une continuité dans le travail que je fais», estime-t-il.

Son passé, c'est la réalisation de deux albums, Futur antérieur en 2005 et Brise-glace en 2009, deux disques qui ont été bien accueillis.

Depuis, l'artiste s'est fait discret.

Il faut dire que le père de deux jeunes garçons est plus qu'occupé. Il enseigne les sciences politiques à l'UQAM presque à temps complet, étudie à temps plein et travaille au Centre d'études sur l'intégration et la mondialisation (CEIM) de l'UQAM, qui se penche notamment sur l'impact d'Internet sur la culture.

«J'en ai encore pour un an à ce rythme-là. Ensuite, j'amorcerai la rédaction de ma thèse. À ce moment-là, si j'ai trouvé la formule qui convient, je pourrai faire un album», avance-t-il.

La formule qu'il cherche, c'est celle qui pourrait lui permettre de faire un album sans que ça prenne des allures de grande dépense, ce qu'il estime de plus en plus difficile à concevoir. D'autant plus qu'il tient à respecter certains principes.

«Produire un album sans que ça me coûte cher, en respectant ceux qui vont collaborer, c'est le dilemme devant lequel je suis placé.»

Déjà 20 pièces

Wells a composé la musique d'une vingtaine de pièces qui pourraient se retrouver sur son troisième album.

Les mots manquent toujours, il a besoin de temps et de concentration pour composer des textes. Il compte bien s'y remettre prochainement.

Une chose est sûre, lui qui à ses débuts était malade à l'idée de faire un spectacle, ressent toujours l'appel de la scène.

«J'ai apprivoisé la scène avec le temps. Depuis mes débuts, j'ai fait plus de 100 spectacles dans de belles salles comme dans des trous finis où il n'y avait personne. J'y ai toujours pris plaisir.»

Il réalise un doctorat sur les droits d'auteur

«Les gens aiment écouter de la musique, mais si les choses continuent, ils seront confrontés à un déficit d'offre en la matière. Il faut trouver un moyen qu'ils manifestent leur amour en réinvestissant dans leurs artistes.»

Guy-Philippe Wells est plus que conscient de l'état actuel du milieu musical.

En se penchant sur l'impact d'Internet sur la culture dans le cadre de son doctorat, il espère contribuer à faire avancer les choses.

«Je travaille sur les droits d'auteur, les transformations qu'apporte Internet sur la propriété intellectuelle. Je m'interroge sur ce que le Web transforme dans le milieu de la culture. Le sujet précis de ma thèse sera déterminé bientôt.»

Une chose est certaine, les questionnements sont nombreux sur le sujet.

«Les gens de l'ADISQ, les compagnies de disque, eux aussi sont dans les gros questionnements. C'est difficile pour tout le milieu», affirme-t-il.

L'auteur-compositeur-interprète craint qu'une génération d'artistes soit «sacrifiée». «Ça ne se réglera pas d'ici trois, quatre ou cinq ans. Il y a une bordée d'artistes qui font un premier album, mais ils n'en font souvent qu'un seul. On ne s'attarde pas à leur fournir les outils pour une carrière à long terme. C'est intéressant de voir la musique de jeunes de 20 ou 30 ans, mais ça m'intéresse aussi d'entendre des gens qui ont 50, 60 ou 70 ans et qui ont affiné leur art.»

Il craint l'impact du «streaming» (musique en ligne écoutée sans téléchargement). «Pour 540 000 écoutes, Jean Leloup a reçu un chèque de 30$. Dans ces conditions, il y a de la création qui ne se fera pas. Tant que les gens aiment écouter de la musique et que les gens pleins de talent en font, il y a de l'espoir. C'est juste que le lien entre les deux est brisé.» Pour l'instant, une des solutions envisageables est la contribution des compagnies qui vendent des produits qui permettent de consommer de la musique. «Si une petite partie du montant d'un appareil vendu était versé à la culture, ça pourrait faire une différence.»

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