La grande cause de Jacques Clément

Jacques Clément.... (Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay)

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Jacques Clément.

Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay

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Daniel Coté
Le Quotidien

La plupart des photos de presse montrent Jacques Clément vêtu de son habit de chef d'orchestre, ce qui ne représente que la partie visible de son oeuvre. Celui qui a quitté l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean dimanche dernier, après une longue et belle carrière étalée sur 37 ans, portait aussi la cause de la musique hors de la scène.

On pourrait même affirmer que l'une des dimensions de cet engagement, liée à la formation en milieu scolaire, s'est hissée au rang de priorité dans les dernières années. Dans son esprit, en effet, le Québec doit faciliter l'accès à la culture de la même manière que Pierre Lavoie cherche à démocratiser l'accès à la pratique sportive.

«Au Québec, il y a beaucoup de talent en pointe. On trouve aussi de grandes écoles, mais il faut suivre la même logique que Pierre Lavoie avec le sport de masse. Dans les premières années, par exemple, il est important d'intégrer la musique dans la vie des jeunes», a énoncé le maestro au cours d'une entrevue réalisée récemment.

Plusieurs démarches ont été réalisées à cette fin, souvent de concert avec le Groupe de compétence musique chapeauté par le Conseil régional de la culture (maintenant Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean). Les commissions scolaires ont été sollicitées, de même que l'Assemblée nationale du Québec par le biais d'une pétition.

Au préalable, il a fallu convaincre les acteurs de la scène musicale de partager une même vision, une démarche amorcée il y a une douzaine d'années. «Je me suis beaucoup impliqué dans ça. Il était essentiel d'unir tout le monde parce que trop souvent, on travaille en silo», affirme Jacques Clément.

Un programme essentiel

Les démarches effectuées auprès des commissions scolaires, parallèlement aux campagnes de promotion découlant de la semaine Faites de la musique, commencent à donner des résultats. «Souvent, on prêche dans le désert, mais quand ça fonctionne, on doit sauter sur l'occasion», énonce le chef d'orchestre.

Un exemple a été fourni lors de son dernier concert, quand une cinquantaine d'enfants ont chanté sur la scène du Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. Leur interprétation de La Petite suite québécoise, une oeuvre de Marie Bernard, s'inscrivait dans la foulée d'une initiative prise par la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay.

L'objectif ultime consiste à rejoindre chaque jeune du primaire, sauf qu'il faudra régler un problème majeur en cours de route, soit l'absence d'un programme de formation pour les enseignants. Tant qu'il ne sera pas disponible dans la région, les commissions scolaires peineront à trouver des ressources qualifiées.

«Les conservatoires forment des interprètes qui ne sont pas nécessairement des pédagogues. Ce programme a été offert pendant quatre ans, à l'UQAC, et sa disparition a été catastrophique. C'est la base de la pyramide», plaide Jacques Clément.

Il souhaite que les tractations amorcées récemment seront fructueuses. Lui-même surveillera le dossier d'un peu plus loin, puisqu'il assumera la fonction de conseiller musical au sein de l'Association des orchestres de jeunes du Québec.

«Je vivrai à Montréal, où je continuerai à diriger, tout en enseignant un peu», précise Jacques Clément.

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