Le défi d'Anne-Marie Cadieux

Anne-Marie Cadieux campe Molly Bloom dans la pièce... (Photo courtoisie)

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Anne-Marie Cadieux campe Molly Bloom dans la pièce du même nom présentée à la Salle Michel-Côté d'Alma le 1er avril, puis le lendemain, 2 avril, à la salle Pierrette-Gaudreault du Mont-Jacob.

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Un cadeau, mais aussi tout un défi. Voilà comment est apparue Molly Bloom à Anne-Marie Cadieux qui s'en est vu confier l'interprétation. La pièce met en scène la comédienne qui offre pendant une heure et quart une prestation en solo. Une performance qui relève du défi auquel le public de la région pourra assister les 1 et 2 avril.

Jamais la comédienne Anne-Marie Cadieux ne s'était attardée à se demander si un solo au théâtre pourrait lui plaire. Lorsque la metteure en scène Brigitte Haentjens lui a proposé d'incarner Molly Bloom, la comédienne a d'abord hésité.

«C'est immense, c'est un gros défi. En même temps, c'est aussi un cadeau auquel on ne peut pas dire non», explique-t-elle lors d'un entretien téléphonique avec Le Progrès-Dimanche.

Les deux femmes en sont à leur 12e collaboration. Un élément qui a pesé lourd dans la balance au moment d'accepter la proposition. «J'ai une confiance assez aveugle en elle je dirais. C'est pour ça aussi que j'ai dit oui. On a commencé à travailler ensemble il y a plus de 30 ans. Elle m'a offert beaucoup de beaux rôles, des rôles exceptionnels. Avec une telle relation, on peut se lancer», estime-t-elle.

Après une lecture en compagnie de la metteure en scène, la décision était prise.

«J'ai trouvé intéressant de l'entendre. J'ai fait comme le personnage, j'ai dit oui.»

Molly Bloom commence et se termine par un «oui».

La pièce mise en scène pour l'Espace Go et la compagnie Sybillines est l'adaptation du dernier chapitre d'Ulysse de James Joyce datant du début du 20e siècle.

On se retrouve en pleine nuit. Molly a trompé son mari ce jour-là. Comme elle n'arrive pas à dormir, elle s'abandonne à ses pensées. «On rentre dans sa tête. C'est le flot de pensées d'une femme qui vient de commettre l'adultère. Pendant la nuit, elle se met à penser aux hommes qu'elle a aimés. Elle parle de son corps, du sexe féminin, du sexe masculin. Comme on se retrouve dans sa tête, il n'y a donc pas de censure. Tout est axé sur le désir», décrit Anne-Marie Cadieux qui souligne que le livre a été censuré à l'époque.

«Ce qui est beau dans ce texte, c'est qu'elle n'a pas de culpabilité. Elle est très très libre. Elle ne se sent pas coupable. C'est une pièce qui dit oui à l'amour, oui à la vie. C'est quelque chose d'amoureux de la vie, de lumineux, dans un langage très cru et poétique.»

Pour la comédienne, le personnage est des plus intéressants à interpréter.

«C'est un personnage amusant, un peu fantasque, mais assez lucide.»

Offrir une performance de 1h15 sans pause, demande beaucoup à la comédienne qui a campé le personnage une première fois en 2014.

«C'est presque athlétique pour moi. C'est vraiment un grand défi à relever, il faut se dépasser sur scène. Ça demande beaucoup, mais c'est intéressant pour une comédienne. »

Quatre représentations seulement ont été offertes au cours des derniers jours. Au total, une quinzaine sont prévues à l'horaire sur une période d'un mois.

«Pour garder le rythme, je ne voulais pas l'étirer trop», explique la comédienne.

Habituée de vivre le théâtre en troupe, Anne-Marie Cadieux confirme que cette fois, l'expérience est fort différente.

«J'aime le côté collectif du théâtre. Mais dans la carrière d'un comédien, une expérience solo, c'est quelque chose d'assez marquant. C'est privilégié pour un comédien. C'est complètement différent. Ça permet de se mesurer soi-même. Quand je regarde ceux qui l'ont vécu, habituellement, il y a un avant et un après», affirme celle qui estime que l'expérience est aussi différente pour le public.

«Le solo permet de créer une relation privilégiée avec le public. Je sens l'écoute, je sens que les gens veulent me supporter. C'est beau.»

Molly Bloom sera présentée à la Salle Michel-Côté d'Alma le 1er avril, puis le lendemain, 2 avril, à la salle Pierrette-Gaudreault du Mont-Jacob.

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