Micheline Lanctôt vend le cinéma d'ici

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Micheline Lanctôt est porte-parole du Prix collégial du cinéma québécois. Le gagnant sera dévoilé le 19 mars prochain à Québec.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

La réalisatrice, comédienne et scénariste Micheline Lanctôt s'associe à la cinquième édition du Prix collégial du cinéma québécois pour faire découvrir aux jeunes de 54 cégeps le cinéma d'ici. Les quatre collèges du Saguenay-Lac-Saint-Jean font partie de la démarche pour choisir le gagnant du prix parmi les films québécois sélectionnés.

«Le Prix collégial fait voir cinq films en rafale, à des étudiants qui n'en demandaient pas tant (rire) et qui sont soufflés par la qualité de l'offre. Probablement que d'eux-mêmes ils ne prendraient peut-être pas l'argent et le temps pour aller voir ces films parce que c'est loin, c'est cher ou parce qu'ils n'en ont pas entendu parler avant. Mais grâce à cet événement, ils y ont accès et peut-être qu'ils vont vouloir en voir d'autres», fait valoir Micheline Lanctôt qui a participé à quelques discussions avec les étudiants.

En entrevue téléphonique, la réalisatrice rapporte qu'elle a beaucoup parlé avec les étudiants et tous lui disent la même chose: «ils sont fascinés par ce qu'ils découvrent. Beaucoup d'entre eux n'avaient jamais vu de films québécois et se retrouvent émus, touchés; ils trouvent que c'est un cinéma qui leur ressemble, auquel ils sont vraiment sensibles. C'est extraordinaire pour moi quand j'entends des commentaires comme ça», exprime la comédienne qui a joué dans plus de 50 films au cours de sa carrière.

Pour Micheline Lanctôt, le Prix collégial est une occasion extraordinaire pour créer des ponts avec le jeune public et les sensibiliser au cinéma qu'on fait. «Les jeunes ont très peu accès aux films québécois, particulièrement en région. Même à Montréal, il y a peu d'écrans pour le cinéma québécois et la rencontre avec les étudiants m'apparaît comme une façon de contrer l'influence des «blockbusters» (superproductions) américains et de les amener vers le cinéma québécois», soutient-elle.

«Les jeunes sont impressionnés par les films qu'ils voient. Beaucoup se disent choqués de ne pas avoir entendu parler de ces films. En région c'est particulièrement tragique. Ce n'est pas tout le monde qui suit l'actualité cinématographique, ce n'est pas tout le monde qui va se déplacer à Montréal pour voir ces films qui durent seulement deux semaines à l'affiche», dénote la réalisatrice.

«L'an passé, il y a eu énormément de films québécois qui ont raté leur rendez-vous avec le public, les distributeurs ne veulent pas mettre de publicité, ils font des sorties confidentielles sur deux ou trois écrans. Les films sortent tous en même temps, c'est raté pour l'industrie», dénonce la porte-parole.

Les réseaux sociaux vont peut-être changer la façon de faire dans l'avenir pour la distribution des films québécois. «Si on sait que chaque étudiant a 500 amis Facebook, on démultiplie le bouche-à-oreille de façon exponentielle et je crois que l'avenir va nous donner raison de faire découvrir le cinéma québécois aux jeunes. Lors de la première édition du Prix collégial, il y avait 15 cégeps inscrits. Cinq ans plus tard, nous sommes rendus à 54 cégeps. On imagine que dans cinq ou six on va avoir un impact réel sur la fréquentation des films québécois en salle. C'est comme ça qu'on sensibilise les gens sur un genre de film plutôt qu'un autre», insinue Micheline Lanctôt qui s'exprime toujours avec justesse et conviction. Les films en lice pour le Prix collégial du cinéma québécois sont Chorus de François Delisle, Corbo de Mathieu Denis, Félix et Meira de Maxime Giroux, Guibord s'en va-t-en-guerre de Philippe Falardeau et Le profil Amina de Sophie Deraspe

Trouver d'autres moyens de diffusion

La réalisatrice Micheline Lanctôt constate que l'industrie du cinéma québécois est dans une époque charnière. «Le prix des billets en salle augmente et les écrans sont de moins en mois accessibles. On peut prévoir, à plus ou moins long terme, que la majorité des grands écrans seront consacrés à des superproductions spectaculaires alors que les autres films, dits à vocation culturelle, et les films québécois vont se trouver d'autres créneaux de diffusion. Internet ne peut pas diffuser autant de data vidéo, présentement c'est un problème d'engorgement, mais ça est en train de se développer. Le web va être énormément important plus tard», allègue la comédienne.

Plus de la moitié des jeunes élèves à qui Micheline Lanctôt enseigne se dirigent déjà vers les webséries. «Ils font des films avec des caméras de poche, alors essayons d'être aussi inventifs avec ces nouvelles technologies comme on l'a été par le passé», dit-elle.

Le cinéma est un art en pleine expansion au Québec et de plus en plus d'événements s'articulent autour du grand écran ou des écrans de téléphone intelligent et des tablettes. «Ce qui se fait ici c'est exceptionnel. Pour une population de huit millions d'habitants, réaliser de 40 à 50 longs métrages par année c'est incroyable. Je ne connais pas d'autre pays où c'est le cas pour ce ratio. Une telle vitalité c'est exceptionnel et plusieurs de ces oeuvres sont reconnues partout dans le monde», conclut la figure dominante du cinéma québécois.

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