Kevin Titzer, d'Arvida à... Tokyo

L'atelier de Kevin Titzer a vu naître trois... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque)

Agrandir

L'atelier de Kevin Titzer a vu naître trois sculptures qui seront présentées au Japon. Elles feront partie d'une exposition collective dont la quatrième édition débutera le 1er avril, à Tokyo.

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

Trois sculptures réalisées par un artiste d'Arvida, Kevin Titzer, feront partie d'une exposition collective qui sera présentée à compter du 1er avril, à Tokyo. Intitulée Monsters and Misfits, elle regroupe des oeuvres conçues par 12 personnes ayant pour trait commun leur propension à imaginer des créatures fantastiques.

Voici l'affiche de l'exposition à laquelle Kevin Titzer... (Photo courtoisie) - image 1.0

Agrandir

Voici l'affiche de l'exposition à laquelle Kevin Titzer participera prochainement. Elle a pour titre Monsters and Misfits et sera présentée au Japon.

Photo courtoisie

Les curateurs de l'exposition, dont ce sera la quatrième édition, figurent eux-mêmes sur l'affiche. Il s'agit des Américains Kathie Olivas et Brandt Peters, fondateurs de la compagnie Circus Posterus et sculpteurs de plein droit. Ce sont eux qui ont invité le Saguenéen à profiter de leur vitrine japonaise.

«Nous appartenons à la même génération d'artistes et nos démarches sont apparentées, a raconté Kevin Titzer mardi, lors d'une entrevue accordée au journal. J'étais familier avec leur travail, mais c'est seulement en 2015 que nous nous sommes rencontrés. Ils m'avaient demandé de collaborer à une exposition tenue au Nouveau-Mexique.»

C'est pendant son séjour à Albuquerque, où une dizaine de ses sculptures étaient présentées, que le duo lui a parlé de Monsters and Misfits. Confirmée à la fin de 2015, l'invitation lancée au Saguenéen l'a plongé dans une phase de création intensive, laquelle a pris fin il y a quelques jours, quand les trois oeuvres ont quitté son atelier.

Pour voir ces joyeux drilles autrement qu'en photo,... (Photo courtoisie) - image 2.0

Agrandir

Pour voir ces joyeux drilles autrement qu'en photo, il faudra se rendre à Tokyo, puisque cette sculpture conçue par Kevin Titzer fera partie d'une exposition d'envergure internationale qui aura lieu dans cette ville.

Photo courtoisie

Trois sculptures réalisées par un artiste d'Arvida, Kevin... (Photo courtoisie) - image 2.1

Agrandir

Photo courtoisie

«L'exposition de cette année sera la plus grosse organisée par Kathie et Brandt au Japon. Là-bas, les gens ont un goût prononcé pour l'imagerie sombre et surréaliste, mais on ne sait jamais comment une exposition sera reçue. J'espère que ça ira bien, mais il y a autant de chances d'un côté comme de l'autre», analyse Kevin Titzer.

Un homme, quatre têtes

Ceux qui sont familiers avec le travail de l'Arvidien, qui ont assisté à son exposition présentée à la galerie La Corniche de Chicoutimi, en 2015, ne seront pas dépaysés si, d'aventure, ils devaient se pointer au Japon. Il suffit de regarder les oeuvres acheminées à Tokyo, en effet, pour baigner dans un climat d'étrangeté.

Ainsi, l'un de ses personnages possède quatre têtes, dont trois sont des excroissances émanant de la vraie tête. Au début, elles s'apparentaient à des tumeurs. Puis, une folle expansion a mené à la création de sept têtes et d'une vingtaine d'yeux. «J'ai changé d'idée quatre ou cinq fois, ce qui a bouffé pas mal de temps», décrit Kevin Titzer.

Une autre sculpture laisse voir un visage souriant sur lequel ont été gravées des lignes rouges, une sorte de dentelle qui confère à l'oeuvre un caractère enjoué. Quant à la troisième, elle trahit le fait que ce fils de l'Indiana vit au Saguenay depuis cinq ans.

«On voit un homme avec des trous qui ne sont pas tous comblés par un bouchon de liège. Là où c'est dégagé, on remarque un liquide ambré qui semble avoir coulé. J'ai été influencé par la production du sirop d'érable dans cette région», explique l'artiste.

Comme c'est son habitude, cependant, il refuse de conférer un sens précis à ses oeuvres, une pratique qui laisse au public le soin de dégager sa propre interprétation. «Moi, je me contente de créer. Après, chacun est libre d'inventer son histoire», énonce Kevin Titzer.

Trois sculptures réalisées par... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque) - image 3.0

Agrandir

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

Le temps des expériences

Maintenant qu'il a complété la création de trois sculptures destinées au Japon, Kevin Titzer s'accordera du temps pour réaliser des expériences. L'artiste souhaite élargir la gamme des matériaux qu'il utilise, une manière d'élargir son coffre d'outils, mais aussi de rejoindre des collectionneurs moins fortunés.

Depuis la fin de ses études universitaires, l'Arvidien privilégie le bois et le métal. Les traits de ses personnages apparaissent à la suite d'un processus d'essais et erreurs qui se révèle laborieux. Ils sont sculptés dans du pin, tandis que la base des sculptures est souvent faite de métal et de clous.

Ce qui est long, aussi, c'est l'application des couches de peinture et de vernis qui confèrent une belle patine aux oeuvres de Kevin Titzer. «Il peut y en avoir de sept à dix et l'effet est particulier. Des gens croient que c'est de la céramique», raconte l'artiste.

Le temps consacré à la réalisation des sculptures, jumelé à la notoriété du Saguenéen sur le marché de l'art, a pour effet de maintenir leur prix à un niveau qui ne convient pas à toutes les bourses. Sans renoncer à sa pratique actuelle, il aimerait ajouter à son catalogue une sélection d'oeuvres qui se révéleraient plus accessibles.

«Je pourrais travailler avec du papier mâché ou de l'argile. Il est aussi possible que je fasse des moulages. Chaque matériau ouvre la porte à différentes techniques et ce serait bon pour moi, notamment au plan artistique. Ça me donnerait plus d'options», explique Kevin Titzer.

C'est la réduction du nombre d'heures investies dans chaque sculpture qui permettrait d'élargir la gamme des prix. L'objectif ultime demeure toutefois de préserver l'essentiel, soit la dose de créativité qui imprègne les oeuvres de l'Arvidien. Il faut qu'on y trouve la part d'intangible qui n'appartient qu'à lui. Un petit bout de son âme.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer