Les mauvaises herbes: une belle collaboration ***

Simon (Gilles Renaud), Francesca (Emmanuelle Lussier-Martinez) et Jacques... (Photo courtoisie)

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Simon (Gilles Renaud), Francesca (Emmanuelle Lussier-Martinez) et Jacques (Alexis Martin) forment le triangle au coeur du film.

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Le QuotidienRoger Blackburn 3/5

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CRITIQUE / Le réalisateur Louis Bélanger (Gaz Bar Blues) revient au grand écran avec le film Les mauvaises herbes (à l'affiche depuis le 11 mars), un long métrage de fiction qui raconte l'histoire d'un homme, Simon (Gilles Renaud), vivant à la campagne qui utilise la grange de la ferme isolée et désaffectée pour cultiver de la marijuana pour le compte de motards criminalisés.

Jacques (Alexis Martin), un comédien en théâtre à Montréal, doit quitter précipitamment la grande ville pour échapper à Patenaude (Luc Picard), un prêteur sur gages qui veut récupérer l'argent que le comédien a emprunté pour assouvir sa passion des machines à sous. Il se retrouve errant, perdu près de la ferme du «mariculteur». Simon lui offre le gîte, mais l'oblige à l'aider dans sa culture du pot, sinon il le dénonce au «shylock» de Montréal.

Les deux hommes finissent par développer une amitié jusqu'au jour où Francesca (Emmanuelle Lussier-Martinez), une jeune employée de la compagnie d'électricité, se présente pour lire le compteur électrique et découvre malgré elle la culture illicite. Le cultivateur lui fait comprendre qu'il ne peut pas la laisser partir avec son secret et lui fait une offre qu'elle ne peut pas refuser pour l'aider à faire pousser ses plants.

À partir de ce moment s'installe une impossible relation d'amitié qui se transforme en clan familial. Les conflits intergénérationnels font surface et les clichés sociopolitiques québécois comme l'homosexualité, le rapport irréconciliable entre les gens de Montréal et les gens des régions et l'élite intellectuelle en confrontation avec un analphabète débrouillard émergent immanquablement.

En Abitibi

C'est un film d'hiver, qui se déroule dans un petit village de l'Abitibi avec des scènes extérieures, qui dépeint l'hiver du Nord québécois (tourné dans les Laurentides). Les discussions entre le comédien bavard, l'éleveur au ton cassant et une jeune dégourdie au caractère bouillant qui ne se laisse pas impressionner par personne donnent de beaux moments dramatiques et de belles scène d'humour.

Gilles Renaud personnifie à merveille cette espèce d'ermite bougonneux au coeur tendre qui se livre au comédien qui finit par développer des compétences en culture du cannabis. Mais le film prend tout son sens avec l'arrivée de la véritable vedette du film, Francesca, qui fait naître un triangle familial. Les trois personnages ont vécu des relations familiales difficiles se sentant abandonnées chacun à leur façon. Ils se surprennent finalement à prendre soin l'un de l'autre en partageant une vie d'entraide.

Les mauvaises herbes est un film qui fait du bien avec ses surprises et ses petits rebondissements qui pourraient être facilement repris au théâtre, la majorité des dialogues se tenant à l'intérieur de la maison et dans la grange transformée en serre. Scénarisé par les complices de toujours Louis Bélanger et Alexis Martin, l'histoire met en relief les valeurs de l'amitié et le spectateur se laisse entraîner dans cette trilogie de comédiens attachants.

L'histoire est plausible même si elle apparaît irréaliste. Le réalisateur fait progresser le scénario en même temps que les plants de pot qui poussent non sans difficulté. Les défauts des personnages se transforment en traits de caractère et en qualités personnelles plus on approche de la fin de l'histoire. Un film qui fait du bien.

Au générique

  • Genre: Comédie dramatique
  • Réalisateur: Louis Bélanger
  • Acteurs: Alexis Martin, Gilles Renaud, Emmanuelle Lussier-Martinez, Luc Picard, Myriam Côté
  • Classement: Général
  • Durée: 108 minutes
  • On aime: le caractère impétueux de Francesca qui s'impose dans cette nouvelle vie et les liens qui tissent les trois personnages.
  • On n'aime pas: la lenteur de l'action entre les revirements qui tarde parfois à s'installer.

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