Le deuil en version 2.0

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Dans sa nouvelle exposition présentée au centre Bang, Sophie Cardin a produit des sculptures en carton qui donnent l'impression de supporter un mur.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Ce fut le point de départ de l'une des deux expositions présentées jusqu'au 22 avril à l'Espace Séquence du centre Bang, situé au 132 rue Racine est, à Chicoutimi. Intitulée RIP and KIT (pour Rest in peace et Keep in touch), elle est formée de 32 pierres tombales alignées sur le plancher en terrazzo de la Salle Michael Snow.

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Sophie Cardin a créé des pierres tombales évoquant la présence de millions de morts sur Facebook.

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Faites de béton gravé à la main par Sophie Cardin, elles laissent voir des symboles associés à Internet, ainsi que des formules à la mode du genre «Rest in peace and keep in touch». L'ensemble étonne parce qu'on se trouve entre quatre murs, sans toutefois éveiller de noires pensées.

«À l'aide des pierres, j'ai voulu parler du nouveau phénomène que constitue la communication avec les morts par l'entremise de Facebook, où ils seraient six millions à posséder un compte. J'ai ainsi réconcilié deux façons de se recueillir, le cimetière et l'ordinateur», décrit l'invitée du centre Bang.

Elle-même a constaté que l'approche moderne possédait un pouvoir d'évocation insoupçonné, le jour où Facebook a envoyé la notification évoquée plus haut. «Devant mon ordinateur, j'ai trouvé ça apaisant de penser à mon ami. J'ai eu l'impression de vivre le même genre d'expérience qu'au cimetière», raconte Sophie Cardin.

Un contraste qui dérange

Toujours dans la Salle Michael-Snow, qui se trouve au sous-sol de l'Espace Séquence, on remarque des structures de carton adossées contre un mur. Elles donnent l'impression de le supporter, ce qui constitue le propos de l'exposition Faire de son mieux.

Ce projet est né par un matin comme les autres, au domicile de Sophie Cardin. «Je prenais un café au moment où la radio disait que le monde était en train de s'écrouler. Il y avait un contraste par rapport à ma vie, puisque je fais de mon mieux pour que les choses aillent bien. J'ai vu que tout ça, c'était fragile comme du carton», note l'artiste.

Alors que l'exposition RIP and KIT est présentée pour la première fois, qu'elle lui a permis de développer un nouveau vocabulaire, Faire de son mieux se situe dans le prolongement de sa pratique de la sculpture monumentale. Il lui est même arrivé d'utiliser du carton à l'extérieur, quitte à ce qu'il subisse les outrages du climat.

«C'est arrivé à Rennes, entre autres, près d'une usine décrépite où j'avais monté une structure semblable à celle qu'on voit ici. Les poteaux s'étaient affaissés sous le poids de la pluie», relate l'artiste en esquissant un sourire.

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