Jérémie Giles, au sommet de son art à 89 ans

Parrain d'honneur du Symposium international de peinture et... (Photo Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais)

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Parrain d'honneur du Symposium international de peinture et sculpture, Jérémie Giles en profitera pour abolir la frontière entre l'art figuratif et l'art abstrait.

Photo Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais

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Daniel Coté
Le Quotidien

L'une de ses missions consistera à prononcer le mot de bienvenue, une tâche qui, cette année, revêtira un caractère hautement symbolique. Lors de la précédente édition, en effet, il s'était pointé au micro dans un contexte difficile. Gildor Pearson, le conjoint de la présidente du conseil d'administration, Gisèle Gravel, venait de rendre l'âme.

«J'avais serré la main de mon ami pour la dernière fois et je n'étais pas en forme. Cette fois, je me sentirai mieux», a assuré le peintre et sculpteur de Jonquière, mercredi, au cours d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche.

Prenant acte de ce triste événement, il profitera de la 11e édition du symposium pour rendre hommage à ses grands disparus. Des toiles représentant Gildor Pearson, ainsi que l'ancien président Jean-Guy Maltais, seront dévoilées. D'autres oeuvres appartenant à la bibliothèque de Chicoutimi évoqueront l'apport du regretté Jean-Paul Lapointe.

Un trait d'union

Jérémie Giles voit également le symposium comme une occasion d'abolir le mur séparant les mondes de la figuration et de l'abstraction. Lui qui explore les deux approches depuis le début de sa carrière, il y a 70 ans, prêchera par l'exemple en apportant des tableaux témoignant de son éclectisme.

«Je veux abolir cette barrière afin que les gens concentrent leur attention sur l'effet, les sentiments que dégage une image. Je connais la majorité des artistes qui seront présents et je me vois comme un rassembleur», énonce le parrain d'honneur.

Dans cet esprit, il prêchera en faveur de l'intégration d'un plus grand nombre de disciplines. En plus de la peinture et de la sculpture, on pourrait réserver une place à la photographie artistique et à l'art numérique, tout en ouvrant la porte aux finissants du baccalauréat en art dispensé à l'UQAC.

«Dans tout événement, il y a des tournants. Il faut s'ouvrir parce que c'est ainsi que le symposium va survivre. Les gens aiment voir des choses nouvelles», plaide Jérémie Giles. Suivant la même logique, il aimerait accueillir plus d'artistes américains. Ils sont nombreux à proposer des choses originales, mais par ici, on ne les voit guère.

Encouragé par l'attitude qu'affiche le conseil d'administration, le parrain croit en la pérennité du symposium et n'a pas hésité à joindre le geste à la parole, offrant une toile qui sera tirée le 15 juin. Elle montre un paysage du secteur de Petit-Saguenay qui témoigne de son amour pour la nature rugueuse des régions nordiques.

Un vieil animal reprend vie sur la toile

Parmi les toiles que Jérémie Giles montrera sur la Zone portuaire, à l'occasion du symposium dont il sera le parrain d'honneur, on retrouvera au moins une oeuvre faisant partie de sa nouvelle série faisant écho à son intérêt pour les sciences. Elle met en vedette un animal qui vivait sur la Terre il y a 350 millions d'années.

«Il s'agit de l'asaphus expansus, un trilobite que je présente sur un fond de mer, avec des reflets de lumière par-dessus. J'ai commencé avant les Fêtes et une dizaine de tableaux ont été réalisés jusqu'à maintenant», rapporte l'artiste.

Il n'a pas eu besoin de chercher longtemps pour trouver un modèle, puisque sa collection personnelle comprend un fossile de trilobite. La bête a été peinte grandeur nature, en plan rapproché. Les décors sont réalistes, sauf pour les effets de lumière évoqués tantôt. Ils témoignent de son goût pour l'abstraction.

«À tous les cinq ans, j'effectue des recherches de ce côté-là. J'aime travailler sur le macro, par exemple, comme c'est le cas avec cette série. Je me concentre sur une parcelle de terrain, comme avec un zoom, et ça devient abstrait», explique Jérémie Giles.

En parallèle, il demeure attaché aux paysages du Québec, notamment ceux de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Vu son âge, on pourrait croire que l'homme s'accroche à la tradition voulant qu'on fasse des croquis sur place, prélude à la création du tableau, mais il n'en est rien.

«Je trouverais ça ridicule de faire des dessins, alors qu'on dispose d'outils modernes, énonce Jérémie Giles. Aujourd'hui, je prends le temps de m'imprégner du lieu. C'est essentiel. Puis, je réalise des photographies, mais pas pour les reproduire intégralement. En art, on ne transpose pas. On transforme.»

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