Une interprétation très colorée du Barbier de Séville

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Voici une partie des solistes qu'on entendra à compter du 5 février, dans Le Barbier de Séville. En bas du balcon, on remarque Nils Brown et Alexandre Sylvestre, accompagnés par le metteur en scène Dario Larouche. Ils partageront la scène avec Hugo Laporte, Robert Huard et Rachèle Tremblay, une mezzo-soprano originaire de Chambord.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Le décor est-il rose ou ocre? À quelques jours de la première représentation du Barbier de Séville, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, cette question est la seule qui semble soulever un doute au sein de l'équipe de la Société d'art lyrique du Royaume.

«Il y en a qui disent que c'est rose, mais je ne partage pas leur avis. C'est ocre», a souligné le metteur en scène Dario Larouche mercredi, lors d'une entrevue accordée au journal. Sans égard à la couleur, cependant, les amateurs d'opéra qui découvriront la scénographie de Serge Potvin, les 5, 6 et 7 février, seront transportés ailleurs.

Même dans la salle de répétition du secteur Rivière-du-Moulin, en effet, le décor impressionne. On voit le balcon rose-ocre, ainsi que les toiles peintes qui se déploieront sur la scène, et on s'image en Espagne, dans un passé plus ou moins lointain.

«Ce sera à la fois beau et imposant. On est dans les couleurs chaudes et tous les éléments seront exposés à la vue du public, y compris les cordes et les poulies. J'ai aussi demandé que le décor soit d'époque, sans toutefois qu'on puisse déterminer laquelle, et c'est pareil pour la ville», explique Dario Larouche.

Des airs familiers

L'oeuvre de Rossini épouse la forme d'un opéra et non d'une opérette, alors que c'est ce genre musical qui a fait la réputation de la Société d'art lyrique du Royaume. En principe, rien n'est dit dans un opéra. On a recours au récitatif, qui reste une forme de chant, pour apporter des éléments d'information entre les grands airs.

Il y a cependant des exceptions et l'une d'elles est la version française du Barbier de Séville, livrée moins souvent que son pendant italien. «Le récitatif est remplacé par le texte original de Beaumarchais, lequel comporte des ressorts comiques», fait valoir Dario Larouche.

Il parle d'un humour féroce, d'une oeuvre joyeuse, dynamique et un brin révolutionnaire, puisque la publication du texte précède de peu la Révolution française. Ajoutons que les manigances de Figaro, mêlé à deux propositions de mariage ciblant la jolie Rosine, sont éminemment divertissantes. Un grand talent au sens où on l'entend chez nous.

«On voit évoluer des personnages en quête de liberté, décrit le metteur en scène. C'est de la comédie comme je l'aime et ce spectacle représente l'occasion idéale pour ceux qui veulent s'initier à l'opéra. Il y a plein d'airs qu'ils reconnaîtront.»

Haut voltage aux guichets

Il identifie l'absence de récitatif comme l'un des défis que relèveront les sept solistes, appuyés par le Choeur de la Société d'art lyrique du Royaume, ainsi que l'orchestre dirigé par Jean-Philippe Tremblay. «Après avoir atteint un haut voltage en chantant, ils doivent maintenir ce niveau d'énergie en parlant», énonce Dario Larouche.

Parlant de haut voltage, il constate que cette production suscite un vif intérêt au sein de la communauté. La vente des billets s'annonce plus prometteuse que l'année dernière, alors que l'organisme sans but lucratif avait proposé L'étoile de Chabrier.

Le parterre se remplit rapidement et peu à peu, la clientèle déborde jusqu'au balcon. «Il est clair que l'oeuvre exerce un attrait particulier. J'ai même espoir que nous affichions complet pour les trois représentations», fait observer Dario Larouche.

Rachèle Tremblay. ... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque) - image 3.0

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Rachèle Tremblay.

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Un Figaro un peu ratoureux

Hugo Laporte et Rachèle Tremblay se donneront la réplique dans Le Barbier de Séville. Le baryton campera le rôle de Figaro, porteur de l'air célébrissime auquel son nom est associé, tandis que la mezzo-soprano prêtera ses traits - et sa voix - à Rosine, une femme dont quelques personnages se disputent les faveurs.

Les deux effectuent une première présence dans une production de la Société d'art lyrique du Royaume. Lui vient de Québec et n'a chanté qu'une fois dans la région, au cours d'une soirée privée. Quant à sa consoeur, elle a donné un récital il y a quelques mois, dans l'église de Chambord. Originaire de cette municipalité, l'interprète y a vécu jusqu'à l'âge de 16 ans, moment où ses études l'ont amenée dans les grands centres.

«Rosine, c'est un gros rôle. C'est aussi la première fois qu'on m'en confie un qui soit aussi lyrique. Il demande beaucoup d'agilité et de rapidité. Je dois monter dans les aigus et il y a plein de fioritures», a confié la jeune femme au cours d'une répétition tenue mercredi.

Elle aime relever ce genre de défi, sa philosophie voulant que chaque projet fasse progresser son art. Elle qui a passé deux ans à l'Atelier d'art lyrique de l'Opéra de Montréal, qui vient de chanter en Corée, ainsi qu'au Japon, jette méthodiquement les bases d'une carrière d'interprète qu'elle souhaite longue et gratifiante.

«Cette fois, je dois incarner une femme qui a beaucoup de caractère, qui réagit parfois à la manière d'une adolescente. Il faut que je trouve une façon d'exprimer ça, tout en évitant d'affecter ma voix», fait observer Rachèle Tremblay.

En prime, elle aura l'occasion de chanter devant les membres de sa famille, notamment ses parents, de même qu'un certain nombre de cousins et cousines. «C'est un peu stressant, admet la mezzo. Tu veux que les membres de ta famille soient fiers de toi.»

L'omniprésent Figaro

Si Hugo Laporte était du genre à mesurer sa peine, jamais il n'aurait accepté d'incarner Figaro. «Ce personnage est très présent et ce, dès le premier acte. C'est aussi le rôle le plus aigu pour un baryton, rapporte le Québécois. Les pièces sont intenses avec de longs crescendos d'émotion».

Le risque est d'abuser de ses cordes vocales. Devant le public, il n'est pas question de fonctionner en mode économie, mais en répétition, la sagesse commande de modérer ses transports. «Je ne chante pas toujours à pleine voix», confirme l'interprète.

Sans trahir un secret de mise en scène, Hugo Laporte indique que son Figaro laisse voir autre chose que son côté guilleret. Il fait l'entremetteur pour gagner sa vie, en effet, et pas toujours par grandeur d'âme. «On le présente comme un ratoureux. Il est un peu moins sympathique que dans les autres versions», révèle le baryton.

Après l'escale chicoutimienne, il participera à La Bohême à la faveur d'une production de l'Opéra de Québec présentée en mai. On lui a demandé de camper Schaunard, un musicien, tandis que l'Opéra de Bologne lui confiera le rôle de Ceprano en novembre, cette fois dans Rigoletto.

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