Un gros chantier pour le Conseil des arts

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Sans rien enlever à cette oeuvre installée à l'intérieur de la bibliothèque municipale de Jonquière, Claude Martel croit que la ville de Saguenay pourrait en intégrer d'autres en priorisant les créateurs de la région.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Dix ans après sa création, le Conseil des arts de Saguenay aborde 2016 en élevant cinq dossiers au rang de priorités. Ainsi que le précise Claude Martel, qui assume la direction de l'organisme depuis sa création, ou presque, cette liste est d'autant plus pertinente, d'autant plus importante, qu'elle a été dressée par le milieu culturel.

«Je rappelle également que nous sommes le seul organisme qui apparaît dans le décret constitutif de la ville de Saguenay, a-t-il indiqué mercredi, lors d'une entrevue accordée à Progrès-Dimanche. Ça témoigne d'une volonté ferme, dans le contexte de la fusion, d'imposer une responsabilité supplémentaire à l'administration municipale.»

Le directeur général du Conseil des arts de... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 2.0

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Le directeur général du Conseil des arts de Saguenay, Claude Martel, amorce la 11e année d'existence de cet organisme en se laissant guider par cinq priorités.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Voici donc les cinq dossiers qui mobiliseront le Conseil des arts de Saguenay cette année. On remarquera que tous s'inscrivent dans le droit fil des actions posées par cet organisme dans un passé récent, l'objectif consistant à pousser plus loin ces démarches.

1. Financement des organismes

Le Conseil des arts distribue 480 000$ à 23 organismes culturels du Saguenay, le dernier arrivé étant la galerie L'Oeuvre de l'Autre située sur le campus de l'UQAC. Dans ce dossier, le milieu souhaite qu'une formule d'indexation soit mise en place, histoire de prévenir l'érosion des subventions sous l'effet de l'inflation.

«Comme c'est le cas chaque année, nous négocierons avec la ville à la fin de 2016 et cette question figurera à l'ordre du jour», assure Claude Martel, qui précise que cette enveloppe est rattachée au fonctionnement des organismes.

2. Soutien aux projets spéciaux

Ce programme a pour objet de financer les projets soumis par des artistes professionnels émanant de la communauté régionale. Chaque année, le Conseil des arts investit de 50 000$ à 55 000$ à cette fin. Quant aux montants qui sont versés, ils se situent à l'intérieur d'une fourchette de 5000$ à 12 000$.

«Ces subventions découlent d'une entente avec la Ville de Saguenay et le ministère de la Culture et des Communications. L'avantage est que des groupes émergents peuvent en profiter. C'est comme ça que Vicky Côté a monté sa première pièce de théâtre, que les soirées Jazz et scotch ont vu le jour au Bar à Pitons», relate Claude Martel.

Il note que de 24 à 30 demandes sont soumises chaque année et affirme que son objectif consiste à porter l'enveloppe à près de 60 000$. «Pour y arriver, il faudra trouver de nouveaux partenaires», laisse entendre l'administrateur.

3. Politique de délégation

Entre 2012 et 2014, le Conseil des arts a dégagé des sommes de 3000$ à 5000$ par année à même son budget de fonctionnement, histoire de faciliter les déplacements effectués par des artistes de la région. Aucun montant n'a été versé l'an dernier, toutefois, parce qu'il fallait absorber des coupes ponctuelles.

«Ça pouvait aider un auteur à aller chercher un prix littéraire à l'extérieur de la région, ou un cinéaste à se rendre à un gala, donne en exemple Claude Martel. Aujourd'hui, nous disposons d'une politique claire et j'espère qu'en 2016, nous aurons une enveloppe dédiée à ça.»

4. Reconnaissance de l'artiste

«La Ville de Saguenay n'a pas de politique à ce sujet. De belles initiatives ont été prises, comme la restauration de la sculpture d'Armand Vaillancourt située devant l'hôtel de ville, mais ça prendrait l'équivalent du 1% (le programme du gouvernement du Québec relatif aux projets de construction) à l'échelle municipale», plaide Claude Martel.

Les critères de sélection seraient différents de ceux, fréquemment contestés, qui balisent les contrats attribués par Québec. En parallèle, d'autres initiatives, bien que modestes, auraient le mérite de hausser le profil des artistes, comme l'utilisation d'oeuvres afin d'illustrer les documents officiels.

5. L'atelier-studio

Dans ce cas-ci, on parle moins d'une amélioration que du maintien de cette initiative qui remonte à six ans. Elle consiste en un échange avec la ville de Montréal, chacune des parties accueillant un artiste à l'intérieur d'un atelier de création.

«Ça consolide des carrières, ainsi que l'ont constaté plusieurs des personnes de la région qui ont pu travailler dans la métropole», se réjouit Claude Martel. Rien n'est parfait, toutefois, comme l'illustre la pénurie d'ateliers qui commence à se dessiner à Saguenay. Ça aussi, c'est en train de devenir une priorité du Conseil des arts.

Un moyen de faire circuler les oeuvres

Le Conseil des arts de Saguenay parle souvent d'argent, mais pas tout le temps. L'un des projets qu'il souhaite réaliser dans les prochains mois se situe à un autre palier, puisqu'il a pour fonction d'accroître la visibilité des artistes de la région.

Ce dont rêve le directeur général Claude Martel, c'est d'une politique qu'adopterait l'administration municipale afin que les oeuvres circulent davantage. Elles pourraient être montrées dans des bâtiments appartenant à la Ville, voire sur des documents officiels.

«Prenons la bibliothèque municipale de Jonquière. Une oeuvre d'art a été produite en vertu de la loi du 1%, mais il reste plein de beaux espaces où on pourrait intégrer des pièces conçues par des gens d'ici. Des sculptures de Pierre Dumont, par exemple. Elles intéresseraient les enfants au même titre que les adultes», avance le gestionnaire.

Dans la même veine, il n'a aucune peine à imaginer l'effet que produiraient des installations de Jean-Jules Soucy dans le bâtiment d'accueil des bateaux de croisière érigé à La Baie. «Les touristes feraient ''Wow!'' en découvrant son Tapis stressé et ses moutons», anticipe Claude Martel.

Le patron du Conseil des arts verrait aussi d'un bon oeil la circulation d'oeuvres d'art dans les commerces et les cabinets de professionnels. «Le milieu des affaires pourrait dresser une liste d'entreprises désireuses de les accueillir», fait-il remarquer.

Claude Martel précise que le Service des arts et de la culture de Saguenay a été consulté à propos de ce projet. «On sait que ça se fait ailleurs, mais pour qu'il soit mis en place chez nous, ça va prendre une décision politique», estime le directeur général.

Une bourse honorera Ghislain Bouchard

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La mémoire de Ghislain Bouchard sera perpétuée au moyen d'une bourse qui portera son nom, un projet piloté par l'UQAC, ainsi que le Conseil des arts de Saguenay.

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Dans quelques mois, la mémoire du père de La Fabuleuse histoire d'un Royaume, Ghislain Bouchard, sera perpétuée grâce à une bourse qui portera son nom. Elle sera le fruit d'une collaboration entre le Conseil des arts de Saguenay, l'UQAC et la famille de l'homme de théâtre décédé en 2009, à l'âge de 77 ans.

L'objectif consistera à appuyer les étudiants du baccalauréat interdisciplinaire en arts qui sont spécialisés en théâtre. Cette mission fera écho aux liens tissés par l'auteur et metteur en scène avec l'université régionale, où il fut enseignant et directeur des affaires culturelles.

«C'est ce que Ghislain Bouchard désirait, la mise en place d'une telle bourse. Il a permis au théâtre de faire un grand bout de chemin au cours de sa carrière», fait observer le directeur général du Conseil des arts de Saguenay, Claude Martel.

À l'origine de cette initiative, on retrouve un don effectué par la famille du disparu. Ce montant a été versé au Fonds de développement communautaire de l'UQAC et s'ajoute à l'enveloppe récupérée après l'abandon du dernier projet que caressait l'homme de théâtre, lequel devait se concrétiser à l'église Christ-Roi de Chicoutimi.

«Nous savons que l'argent est là, tout comme la volonté de créer cette bourse, rapporte Claude Martel. Il reste seulement à déterminer quelles seront les modalités et notre objectif est de finaliser tout ça d'ici à la fin de l'année.»

La signature du protocole d'entente portera à deux le nombre de partenariats noués entre le Conseil des arts et l'université. Le premier, qui remonte à six ans et demeure en vigueur, a permis de réserver un espace aux Ateliers Touttout de Chicoutimi, à l'intention d'un artiste provenant de l'UQAC.

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