Le Mic-Mac atteint la moitié de siècle

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La metteure en scène Menka Nagrani a créé une version du Chemin des Passes dangereuses dans laquelle la danse est maillée au propos théâtral, une proposition qui sera offerte en trois occasions prochainement, à Roberval, Alma et Dolbeau-Mistassini.

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Daniel Coté
Le Quotidien

«Ça fait trois ans qu'on prépare le 50e anniversaire. On veut le souligner dignement grâce à différentes manifestations», fait observer Francine Joncas. Elle-même associée à la troupe robervaloise depuis 49 ans, la coordonnatrice du Théâtre Mic-Mac affirme que la liste des activités débordera de la programmation habituelle.

Il est trop tôt pour donner des détails, mais il suffit de consulter le carton d'invitation de la conférence de presse prévue pour le 28 janvier, à la Bibliothèque Georges-Henri Lévesque, pour constater que cette année ne sera vraiment pas comme les autres. Trois éléments ressortent d'emblée.

De concert avec Télé-Québec, les membres de la troupe projetteront un documentaire produit dans le contexte de la Fabrique culturelle. Intitulé Le Mic-Mac en 3 actes et réalisé par un fils de Roberval, Nicolas Lévesque, il montre l'équipe au moment où elle travaillait sur la pièce Sous le regard des mouches, une oeuvre de Michel Marc Bouchard.

La rencontre de presse, qui aura lieu à 17h, sera marquée par une autre première. Flanqué de quelques musiciens, dont plusieurs professeurs de l'Atelier de musique de Roberval, Bruno Chabot interprétera l'une de ses compositions, Ce que fit le mime. Elle rend hommage à la plus vieille troupe de théâtre amateur du Québec.

Le retour d'un ami

Une autre façon de souligner les 50 ans du Mic-Mac tient à la nomination de Michel Marc Bouchard à titre de président d'honneur artistique. Le dramaturge originaire du Lac-Saint-Jean sera d'ailleurs présent le 28 janvier aux côtés des coprésidents d'honneur financiers Caroline Lamontagne, Marc-André Lévesque et Guy Larouche, maire de Roberval.

Non seulement a-t-on joué Sous le regard des mouches au printemps 2015, mais la prochaine production, à l'affiche du 1er au 30 avril, sera Les Manuscrits du déluge, une autre de ses créations. Les comédiens Gervais Arcand, Francine Joncas, Céline Gagnon, Alexis Gauthier, Jocelyne Simard et Réjean Gauthier seront dirigés par Émilie Gilbert-Gagnon.

«Michel Marc assistera à la première», précise Francine Joncas. Sa fidélité est compréhensible, puisque la troupe a interprété plusieurs de ses oeuvres, dont La Visite et Rock pour un faux-bourdon. Sa toute première création, Le Retour inattendu de Frank Paradis, a aussi vu le jour à Roberval en 1983.

«C'est un ami du Mic-Mac. Michel-Marc est l'auteur que nous avons joué le plus souvent, avec Michel Tremblay. Je me souviens que lors de sa première création, il écrivait quasiment au fur et à mesure que la mise en scène progressait. Ça avait été une expérience formidable», rapporte la coordonnatrice de la troupe.

Pour couronner le lancement des festivités, il était approprié que les participants se dirigent à l'Auditorium Fernand-Bilodeau de Roberval. À compter de 20h, une équipe dirigée par Menka Nagrani proposera une version de la pièce de Michel Mac Bouchard, Le Chemin des Passes dangereuses, dans laquelle la danse est maillée au théâtre.

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Michel Marc Bouchard participera à la rencontre de presse organisée par le Mic-Mac, le 28 janvier. C'est à cette occasion que la troupe de théâtre amorcera sa 50e année d'existence.

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Le retour du «Chemin des Passes dangereuses»

C'est qui s'appelle revenir sur les lieux du crime, du moins symboliquement. Après avoir interprété Le Chemin des Passes dangereuses à Montréal et Saint-Jérôme dans les derniers mois, ce qui leur a valu des critiques flatteuses, les artisans de ce spectacle donneront trois représentations au Lac-Saint-Jean à la fin de ce mois.

Ils proposeront leur version de la pièce du Jeannois Michel-Marc Bouchard pendant trois soirs consécutifs, à compter du 28 janvier. Lancée à l'Auditorium Fernand-Bilodeau de Roberval, leur mini-tournée se poursuivra à la Salle Michel-Côté d'Alma, puis à la Salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini (partout, c'est à 20h).

Rappelons que dans cette histoire, trois frères subissent un accident près du lieu où leur père s'est noyé, dix ans plus tôt. Ils se remémorent cet événement dont on réalise qu'il fut douloureux à plus d'un titre, puisque l'auteur de leurs jours a laissé un souvenir équivoque.

«Ce texte est ancré dans la québécitude. Il a été écrit dans la langue du peuple, mais une langue contemporaine en raison de sa structure, du fait que les choses sont dites en boucle. Le rythme colle à celui de la danse percussive. C'est comme une grande partition», décrit la metteure en scène Menka Nagrani.

Il est naturel qu'elle évoque le monde de la danse, puisqu'il y en a beaucoup dans ce spectacle émanant des Productions Des Pieds Des Mains, basées à Montréal. C'est ce qui tranche par rapport aux versions précédentes de la pièce.

«Pour souligner les dix ans de la compagnie, je voulais concevoir une mise en scène dansée à partir d'un texte de théâtre, raconte Menka Nagrani. Or, celui de Michel-Marc Bouchard me permettait de dépoussiérer des traditions québécoises comme la gigue et la turlute en leur donnant un caractère contemporain.»

Trois ans de gestation

Il s'agit d'une première tournée pour cette version du Chemin des Passes dangereuses et il ne faut pas s'étonner en voyant que trois des cinq sorties prévues cet hiver ont lieu au Lac-Saint-Jean. Après tout, c'est là que le dramaturge a grandi, que la pièce a été campée.

«On a senti l'intérêt des diffuseurs à cause du texte qui est imprégné de l'esprit de votre région, énonce Menka Nagrani. Ce sera aussi une belle expérience pour les interprètes, notamment Arnaud Gloutnez. Il est originaire d'Alma, où vivent plusieurs membres de sa famille.»

Histoire de rassurer les amateurs de théâtre, elle précise que le texte est livré dans son intégralité. «On retrouve les personnages, l'histoire, en plus de la danse. Ça a pris trois ans pour trouver le bon dosage, ainsi que des comédiens ayant du rythme. Ils ont mis un an, juste pour maîtriser la gigue», fait observer la metteure en scène.

Quant à l'auteur, il s'est montré sceptique au départ, reconnaît-elle. «Michel-Marc avait des doutes et c'est normal. Il s'agit de son texte préféré et il a été joué partout dans le monde. En répétition, cependant, il a compris le sens de ma démarche», relate Menka Nagrani.

Le trio complété par Dominic St-Laurent et Félix Monette-Dubeau a aussi appris à turluter, un art qui demande de la virtuosité parce que la voix tient une place équivalant à celle du violon. «C'est de la gigue faite avec la langue», résume la metteure en scène avec humour.

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