Histoire de pochettes

Luc Beauchemin et Hélène Thériault sont fiers de... (Photo courtoisie, Corbus)

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Luc Beauchemin et Hélène Thériault sont fiers de l'album Dix réflexions, de son apparence comme du contenu.

Photo courtoisie, Corbus

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Daniel Coté
Le Quotidien

Comment naît la pochette d'un disque? Quelles pensées animent les artistes et leurs collaborateurs au moment de cerner le look de l'objet physique et, par extension, des affiches et des plates-formes qui véhiculeront leur image? C'est pour répondre à ces questions que le journal s'est attardé sur Dix réflexions, le nouvel opus de l'Ensemble Talisman.

Cet enregistrement a mobilisé 18 musiciens de la région. Réunis par Luc Beauchemin, lui-même violoniste, ils ont enregistré des compositions anciennes et récentes au cours de sessions d'enregistrement tenues à l'église Notre-Dame de Laterrière. Le répertoire va de Bach à Arvo Pärt, en passant par des gens comme Martynov, Paganini et Pierre Dussault.

En premier lieu, le groupe a renouvelé sa confiance envers Corbus, la firme qui avait planché sur son album consacré aux Sept dernières paroles du Christ de Haydn. Il lui a envoyé les pistes au fur et à mesure qu'elles prenaient forme, ce qui a permis à la directrice artistique Hélène Thériault, ainsi qu'à son équipe, de les apprivoiser tout doucement.

«C'était différentes teintes de calme, de mélancolie également. On est partis de ça pour trouver un point commun autre que l'époque ou le compositeur», a raconté Hélène Thériault au cours d'une entrevue accordée à Progrès-Dimanche. Tenue au même moment, une séance de remue-méninges avec Luc Beauchemin et l'altiste Bruno Chabot a fait jaillir d'autres concepts.

«Nous devions dire des mots, des impressions, des émotions. Pas aussi facile que ça en avait l'air au départ», rapporte Luc Beauchemin. Le duo a prolongé la démarche en ouvrant une page Facebook où ses camarades ont pu s'exprimer, au même titre qu'un certain nombre de mélomanes, disquaires, illustrateurs et tutti quanti.

«Ce qui m'a frappé dans ce processus, c'est de constater à quel point nous ne faisions jamais l'unanimité, ce qui n'est pas surprenant quand on implique autant de monde», indique le violoniste. Voyant que le temps filait sans qu'un consensus se dégage, il a donné carte blanche à Hélène Thériault pour soumettre une proposition de son cru.

Effet miroir

Le titre avait été suggéré par les musiciens et il restait à voir de quelle manière on le mettrait en images. Sans même savoir que la pièce de Pärt, Spiegel im Spiegel, signifiait miroir dans le miroir, Hélène Thériault a commencé à jongler avec ce mot. «J'ai pensé à la réflexion du miroir, au reflet qu'on voit dans l'eau. C'est une manière d'illustrer l'effet que produit la musique sur l'auditeur», explique la directrice artistique chez Corbus. Dans la même foulée, la Chicoutimienne a eu l'idée de juxtaposer des photographies pour former une lisière d'arbres. Il a suffi de renverser l'image, de lui conférer des tons bleutés, pour créer un paysage évoquant le contenu de l'album. «La nature nous interpelle et je pense que c'était un bon point, un point commun aux différents titres. Mon objectif était qu'en voyant le disque, les gens aient le goût d'aller plus loin», fait observer Hélène Thériault. Luc Beauchemin a été surpris par le résultat, mais conquis d'emblée. Le travail n'était pas terminé, cependant. Il a fallu produire une maquette pour voir si le concept fonctionnait. Les photos des musiciens ont été insérées dans les pages intérieures, tandis que la photo placée au dos de l'album montrait encore les arbres, mais comme en négatif. Revenant sur cette expérience, à quelques mois de distance, Hélène Thériault souligne qu'en certaines occasions, il est bon de recourir à des personnes neutres. «On avait un regard différent sur la musique, dit-elle. On partait de zéro, mais dès la première écoute, on pouvait sentir l'ambiance, la direction, la finesse qui caractérisent Dix réflexions.» La directrice artistique garde de cette expérience un excellent souvenir, d'autant qu'elle lui a permis d'épauler des artistes passionnés par ce qu'ils font. «C'est du bonbon que de partager ce qu'on a comme talent avec des gens aussi créatifs. On n'a pas l'impression de travailler», résume Hélène Thériault.

Les clichés des Hôtesses d'Hilaire

(DC) - Si vous regardez les albums des Hôtesses d'Hilaire, le groupe acadien basé à Moncton, vous avez l'impression de tourner les pages d'un album de famille. Parfois, la photographie sent le studio à plein nez. Parfois, les couleurs ont ce côté délavé qui trahit l'âge du document, autant que la modestie de l'appareil qui a permis de le capter.

Ce goût pour les vieilles choses s'est manifesté sur les trois premiers disques de la formation, confirme le chanteur Serge Brideau. Il précise que les clichés montrent le même homme, en l'occurrence son paternel, qui est toujours vivant. Hilaire, c'est lui.

«Sur Hilaire à boire, on le voit en 1958, alors qu'il était âgé de 21 ans. Ensuite, on a utilisé une photographie remontant à 1972, tandis que sur le nouvel album (Touche-moi pas là), la photo a été prise en 1979. Hilaire est le gars en culottes courtes. L'autre, c'est son frère, mon oncle», fait observer le leader des Hôtesses.

La vie des groupes est imprévisible. Certains meurent prématurément, alors que d'autres oublient de se dissoudre. Si les Hôtesses d'Hilaire appartiennent à la seconde catégorie et continuent de sortir un encodé par année, ce qui correspond au rythme actuel, manqueront-ils de matériel pour les illustrer?

«Ce ne sera pas un problème parce que mon père prend de belles photos et qu'il le fait depuis longtemps. On a une belle réserve», assure Serge Brideau.

Le Quatuor Alcan au pays du froid

(DC) - L'un des albums les plus importants jamais produits dans la région est le coffret regroupant les quatuors à cordes de Beethoven. Mené par Quatuor Alcan, ce projet ambitieux a coïncidé avec le 25e anniversaire de sa fondation, un événement qui a influé sur le design de la pochette.

Le groupe tenait à illustrer son enracinement au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le territoire à partir duquel il a essaimé sur la scène musicale, où tant de partenariats ont été noués, tant d'amitiés aussi. Pour marquer le coup, il a eu recours aux services du photographe Guylain Doyle.

«Dès le départ, notre idée était faite. Pour les trois albums formant le coffret, nous voulions montrer que nous venions du nord du Québec, un principe que partageait la compagnie ATMA. Par l'entremise du paysage, il fallait également suggérer la dimension de ce projet», énonce le violoncelliste David Ellis.

Parfois, il faut souffrir pour concrétiser un concept. L'une des séances s'est déroulée à Saint-Fulgence, plus précisément à l'Anse-à-Pelletier, et les images sont plus belles que les conditions arctiques auxquelles les musiciens ont été exposés.

«Il faisait moins 30 degrés et avec le vent, ça ressemblait à moins 60. On nous avait fait marcher dans la neige», se souvient David Ellis. La récompense fut d'entendre les commentaires émis par les mélomanes lorsqu'ils ont découvert les albums, un an plus tard. Plusieurs ont été impressionnés par les photographies.

À l'intérieur des disques, les membres du Quatuor Alcan ont souhaité montrer une autre dimension de la vie au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les images qu'on y trouve ont été captées pendant l'été, à l'occasion d'une séance tenue dans la municipalité de Petit-Saguenay.

Les choix de Denis Lévesque

(DC) - Denis Lévesque a surpris bien du monde en sortant un premier album, Sous mes pas, il y a quelques semaines. On n'attendait pas l'animateur et journaliste sur ce terrain, mais c'est bien lui qui chante, qui a composé les musiques et écrit les textes où filtrent de larges pans de sa vie.

Le communicateur en lui n'a négligé aucune piste afin de rejoindre le public, ainsi que le montre la pochette du disque. Tout a été pensé, soigneusement calibré, d'autant que c'est lui qui assumait l'entière responsabilité - financière et artistique - du projet.

Le choix du noir et blanc pour les photographies, par exemple, découle de son désir de garder les choses simples. «C'est une femme de la région, Marilyn Bouchard de Pigment B, qui a fait les photos. J'ai aussi consulté mon ami Gérald Rivard à propos du design. Je ne voulais pas d'un concept trop songé», fait observer Denis Lévesque.

Autre signe de son attachement envers le Saguenay-Lac-Saint-Jean, le Robervalois d'origine a réservé une place de choix à son cher lac Saint-Jean, tant sur la pochette qu'à l'intérieur. «Je tenais à ce que ce soit représentatif de mes racines», explique-t-il. Enfin, les gens qui le suivent au petit écran ont pu s'étonner de l'apparition d'un homme à la barbe grisonnante. Là encore, une réflexion a guidé ce choix. Il était opportun de distinguer l'animateur du chanteur, tout en présentant un côté de lui peu familier, mais authentique. «Je passe l'été avec une barbe», souligne ainsi Denis Lévesque.

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