Théâtre CRI: refaire La vie devant soi

La mise en scène de la nouvelle pièce... (Photo courtoisie, Andrée-Anne Giguère)

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La mise en scène de la nouvelle pièce du Théâtre CRI, Et si on avait La vie devant soi, amène les comédiens Patrick Simard et Éric Chalifour à jouer dans un décor formé de photographies superposées.

Photo courtoisie, Andrée-Anne Giguère

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Daniel Coté
Le Quotidien

Le lieu sera nouveau, mais ceux qui sont familiers avec le Théâtre CRI retrouveront les couleurs de cette compagnie dont l'expérimentation constitue la raison d'être. Présentée à la salle polyvalente de la bibliothèque municipale de Jonquière, sa prochaine création, Et si on avait La vie devant soi, jettera un éclairage original sur le texte d'Émile Ajar.

L'histoire restera la même et on en reconnaîtra les contours, même s'il a fallu rogner sur le contenu du roman publié au début des années 1970. Elle tourne autour de la relation improbable que noue une vieille femme juive avec un jeune d'origine arabe qui vit dans le même quartier.

«Ça faisait 25 ou 30 ans que je rêvais d'adapter ce texte et pour la première fois, j'ai effectué le travail toute seule. Il s'agit d'un hommage à Émile Ajar, mais comme il était impossible de tout inclure, j'ai fait des choix», a mentionné Guylaine Rivard jeudi, lors d'une entrevue accordée au journal.

Responsable de la mise en scène, pour laquelle elle a reçu l'aide d'Andrée-Anne Giguère, l'âme du Théâtre CRI a aussi participé à la conception des costumes et du décor avec Serge Potvin. Ajoutez le fait qu'on la verra incarner la vieille dame, Rosa, aux côtés de ses camarades Patrick Simard et Éric Chalifour, et vous obtenez une femme passablement occupée.

Elle n'a pas peur de l'ouvrage, cependant, ni de la notion de risque dont se nourrit la compagnie. Cette fois, la touche expérimentale vient de l'utilisation de photographies comme décor. Il y en a derrière et devant les interprètes, ce qui produit des jeux de perspectives intéressants.

«C'est de la manipulation, d'une certaine manière, mais il n'y a pas de marionnettes. On forme un casse-tête surréaliste et le résultat est pas mal le ''fun''. On dirait de la poésie en images», fait observer Guylaine Rivard, qui a aussi été inspirée pas un fauteuil rouillé. En le voyant, au printemps, elle a établi un lien avec la chair de la vénérable Rosa.

Toujours d'actualité

La pièce sera présentée du 19 novembre au 6 décembre, à des heures qui ne sont pas habituelles en raison du lieu où le public est convié. Les jeudis et vendredis, Et si on avait La vie devant soi tiendra l'affiche à 18h30, tandis que les samedis et les dimanches, ce sera à 14h.

«C'est un malentendu avec le Centre culturel et la Rubrique qui a mené à ce changement, alors qu'on a été sous l'impression que la Salle du facteur culturel n'était pas disponible. Il y a un peu moins d'espace à la bibliothèque. On peut accueillir 50 spectateurs au lieu de 70 ou 80. Par contre, on fera du théâtre dans la ville», note Guylaine Rivard.

Elle a aimé, entre autres, tenir des répétitions publiques la semaine dernière. Des gens en ont profité pour voir comment naît une pièce de théâtre. Si ces personnes assistent aux représentations officielles, elles découvriront une oeuvre remplie d'humanité, dont le propos demeure aussi pertinent qu'il y a 40 ans.

«Il est question des immigrants et de l'euthanasie, des thèmes qui sont toujours d'actualité. La pièce parle également de la vie dans un quartier multiethnique, une réalité qui n'est pas limitée à Paris. En fait, on dirait que ce texte a été écrit à notre époque», s'émerveille Guylaine Rivard.

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