La surconsommation sous la loupe de Birecki

Étudiante à l'UQAC, Natalie Birecki présente sa première... (Photo Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais)

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Étudiante à l'UQAC, Natalie Birecki présente sa première exposition en solo, L'excès, au centre d'artistes Le Lobe. Elle y explore le thème de la surconsommation grâce à des meubles et de la vaisselle empilés devant l'entrée principale des Ateliers TouTTout.

Photo Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais

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Daniel Coté
Le Quotidien

Les parents de Natalie Birecki sont arrivés au Québec en invoquant leur statut de réfugiés politiques. Leur Pologne natale était sous l'emprise du régime communiste et compte tenu des privations qui en découlaient, il est intéressant de noter que leur fille, Natalie Birecki, vient de créer une exposition évoquant le thème de la surconsommation.

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Cette photographie montre en quoi consiste L'excès, une réflexion sur la surconsommation articulée par l'artiste Natalie Birecki.

Photo Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais

Autres temps, autres problèmes, il faut croire. Née au Québec, la jeune femme vit dans une société où la publicité s'insinue partout, même dans les nuages, où il n'est pas nécessaire d'avoir de l'argent pour acheter plein de choses, où la frontière entre l'essentiel et l'inutile est plus brouillée que les ondes courtes au temps du général Jaruzelski.

Pour illustrer ce phénomène, Natalie Birecki disposait d'un espace niché au-dessus de l'entrée principale des Ateliers TouTTout, là où se trouve le centre d'artistes Le Lobe. Des fenêtres permettent de voir ce qu'on y expose de l'extérieur, autant que de l'intérieur du bâtiment.

«J'ai voulu créer un environnement familier afin de séduire le public, mais en détourner le sens en empilant des choses pour que ça se situe entre le réel et l'irréel. C'est dans le but de parler de l'isolement de l'individu face à la surconsommation», a expliqué l'artiste lors du vernissage de L'excès, qui constitue sa première sortie en solo.

De la matière envahissante

Des tables emboîtées l'une par-dessus l'autre forment le coeur de l'exposition présentée jusqu'au 11 décembre. La plus élevée supporte des assiettes et des coupes de vin formant de petites tours, un principe qui a aussi été appliqué aux chaises disposées de part et d'autre. À moins d'être une mouche, on ne voudrait pas se poser sur celles du haut.

«Les meubles sont ma passion ultime. Le concept est venu naturellement et pour réaliser cette oeuvre, j'ai pris tout ce qu'il y avait à l'Atelier Saint-Joseph», lance Natalie Birecki en riant. Elle ajoute que tout a été peint en blanc pour produire un effet 2D. Cette stratégie avait le mérite de coller à l'esprit du dessin et de gommer le caractère des objets.

Étudiante à l'UQAC, où elle complète un baccalauréat en enseignement des arts plastiques et dramatiques pour les jeunes du primaire et du secondaire, l'invitée du Lobe se sent privilégiée d'avoir pu concrétiser L'excès. «C'est un rêve, la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Je n'en reviens pas d'être payée pour ça et d'avoir un public», se réjouit-elle.

À un moment donné, l'idée lui est venue d'ajouter des personnages. Ils sont toutefois demeurés dans son atelier après mûre réflexion. Le message n'avait pas besoin d'eux pour entrer dans la tête des gens. «D'une certaine manière, les meubles occupent la place des êtres humains. La matière prend le contrôle sur tout», énonce ainsi Natalie Birecki.

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