Devoir de mémoire

Mathieu Grenier perpétue le souvenir du Symposium international... (Photo Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais)

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Mathieu Grenier perpétue le souvenir du Symposium international de sculpture environnementale de Chicoutimi à la faveur d'une exposition tenue au Lobe, jusqu'au 11 décembre.

Photo Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais

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Daniel Coté
Le Quotidien

Mathieu Grenier n'était pas de ce monde à l'été 1980. Il n'a même pas grandi au Saguenay-Lac-Saint-Jean, d'où l'étonnement que provoque l'exposition Symposium tenue au Lobe de Chicoutimi. Au nom de quoi s'est-il intéressé au Symposium international de sculpture environnementale de Chicoutimi, l'événement qui se trouve au coeur de son propos?

«Être artiste, c'est être conscient de l'histoire du territoire sur lequel on vit. À mon arrivée dans la région, j'avais remarqué la présence de plusieurs sculptures dans des lieux publics, notamment autour de La Pulperie. Ça m'a interpellé et j'ai réalisé quelle a été la portée du symposium», a confié l'artiste au cours d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche.

Certains faits trahissent le climat de l'époque, qui a de quoi faire rêver en ces temps de grisaille. «Le budget du symposium s'élevait à 500 000 $. C'est inimaginable. Chacun des dix sculpteurs invités à produire une oeuvre disposait d'une somme de 12 000 $», rappelle Mathieu Grenier.

Des noms comme ceux de Ronald Thibert et Pierre Bourgault figuraient sur la liste des heureux élus. Un autre participant, Michel Goulet, était à la veille de connaître une spectaculaire éclosion. «Il était très jeune et m'a dit que c'est le symposium qui l'a mis sur la carte», indique le responsable de l'exposition.

Amnésie collective

Mathieu Grenier vit à Montréal, mais est originaire de Black Lake. Bien que ce soit la patrie d'Armand Vaillancourt, un autre vétéran du symposium, ce village n'a rien fait pour évoquer son association avec l'un des artistes les plus importants de l'histoire du Québec.

Cette amnésie n'a rien de surprenant, ni d'exceptionnel, comme l'a démontré le triste destin de plusieurs des oeuvres créées à l'été 1980. Ici aussi, on peut difficilement lire la devise du Québec, Je me souviens, en réprimant toute manifestation d'ironie.

«Le symposium a rayonné à New York et Paris, mais on continue de le bouder. Deux sculptures ont été démantelées, celles de Pierre Bourgault et de la seule femme invitée, Brigitte Radecki. D'autres, comme celle de Bill Vazan, ont été vandalisées», déplore Mathieu Grenier.

Son exposition a pour but de perpétuer la mémoire de l'événement, ce qu'elle fait d'abord dans la grande salle, au moyen de dix haut-parleurs fixés aux murs. Ils diffusent en boucle un enregistrement d'une durée de 25 minutes épousant la forme d'un mantra. On y entend 11 des artistes associés à l'événement de 1980.

«Je voulais aussi produire une structure, un socle où auraient été déposées des archives du symposium. Je craignais toutefois que ça perturbe l'écoute et j'ai regroupé les documents dans un local. Il y a des affiches, des diapositives, un film que m'a prêté le cinéaste Alain Corneau», décrit l'auteur de Symposium, qu'on peut visiter jusqu'au 11 décembre.

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