Exposition d'Hélène Jenkins

Faire voir ce qu'elle voit

La Baieriveraine Hélène Jenkins a préparé des fiches... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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La Baieriveraine Hélène Jenkins a préparé des fiches de correspondance aux visiteurs du Musée du Fjord pour qu'ils se représentent mieux les images dans ses photographies de givre.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le plus surprenant, dans l'exposition De ma fenêtre: Zoom sur les cristaux de glace présentée jusqu'au 30 janvier 2016 au Musée du Fjord, n'est pas les histoires qu'imagine l'artiste Hélène Jenkins à partir de ses photographies givrées, mais bien la capacité de la Baieriveraine à faire voir au public les mêmes images qu'elle perçoit.

De son oeil intuitif, les volutes dessinées par la glace sur le verre se transforment en l'animateur Guy A. Lepage dans son jeune temps, en Zyra de la Planète des singes ou en le scientifique Nikola Tesla. Si la figure demeure abstraite, la photographe a prévu le coup en préparant des fiches pour les visiteurs, où une illustration tirée d'Internet est affichée à côté de son cliché cristallisé. La ressemblance frappe.

«Quand je prends la photo, je ne vois rien. C'est quand je prends le temps de regarder mon travail que les images apparaissent, explique Hélène Jenkins. On dirait que l'eau glacée se sert de ce qui existe déjà pour former des dessins, tellement j'ai de la facilité à trouver une correspondance avec les mêmes détails sur le web!»

Au départ, celle qui est enseignante d'anglais privée s'était donné le mandat de photographier les évènements du quotidien seulement à partir de sa fenêtre. Lorsque la vitre s'est recouverte de givre le 9 décembre 2013, le vrai projet est né. Les 150 photographies exposées au musée baieriverain, toutes laissées à l'état naturel sans recadrement ni retouche, proviennent de ce premier hiver.

En deux heures, Hélène Jenkins peut prendre jusqu'à 400 clichés, d'où ressortiront quelques prises intéressantes. La première année, la photographe a recueilli environ deux milliers d'images à partager. À l'origine, les clichés étaient surtout dans des tons de noir et de blanc. Puis, l'objectif a réussi à capter l'éclat du soleil: du bleu, de l'or, du rose et du cuivre sont apparus.

«Les couleurs, c'est ce qui a le plus d'importance pour moi dans ma démarche créative. C'était la même chose avec les fleurs», confie l'ancienne présidente de la Société d'horticulture, qui a vécu sa première forme d'art à travers l'agencement des plantes.

L'artiste montre aussi dans ses clichés des éléments représentatifs du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Un barrage qu'elle avait déjà pris en photo en longeant une rivière, une mine rouge de bauxite qui alimente une aluminerie, des conifères enneigés et le fjord du Saguenay lui-même.

«Sans nos hivers très froids, ce que je fais serait impossible. Il faut qu'il fasse au moins - 19°C pour que les fenêtres givrent. C'est en quelque sorte le reflet de notre région, de ce qu'on est.»

Celle qui accorde un profond attachement à son rôle de mère de famille a réalisé «qu'il se passait quelque chose d'important» lorsque ses enfants ont aussi commencé à voir des images dans ses oeuvres. Il ne reste plus à Hélène Jenkins que de «se trouver un mécène» pour réaliser plus d'impressions de qualité de ses photographies sur coton ou sur plaque de verre acrylique.

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