La Peuplade

Les ambitions internationales

L'éditeur Simon Philippe Turcot n'a pas beaucoup de... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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L'éditeur Simon Philippe Turcot n'a pas beaucoup de temps pour lire dans l'embrasure de sa fenêtre, cet automne. Après avoir participé à la Foire du livre de Göteborg, en Suède, il s'envolera pour Francfort à la mi-octobre, afin de recruter des auteurs d'ailleurs et mousser la carrière internationale de ceux qui sont déjà associés à La Peuplade

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Daniel Coté
Le Quotidien

Au moment où ce texte est publié, Simon Philippe Turcot complète un séjour à Göteborg. Pendant près d'une semaine, il a été présent dans cette ville suédoise et son objectif premier ne consistait pas ingérer une quantité industrielle de hareng mariné à la crème, même si c'est bien bon.

Cofondateur de la maison d'édition La Peuplade avec sa compagne Mylène Bouchard, le Saguenéen a obtenu un rare privilège, celui d'avoir été invité à la Foire du livre. Une vingtaine de maisons étaient en lice cette année, mais c'est la sienne qui a décroché le «fellowship» destiné au Canada.

«Je suis très content. Il s'agit d'une opportunité extraordinaire et mon programme est chargé: un rendez-vous aux 30 minutes. L'occasion est idéale pour rencontrer des collègues éditeurs, ainsi que des agents», a décrit Simon Philippe Turcot la semaine dernière, juste avant son départ pour la Scandinavie.

C'est en traçant un parallèle entre la nordicité telle qu'on la vit au Québec et en Suède que l'éditeur a décroché son billet pour Göteborg. «Je crois qu'on peut faire des rencontres intéressantes à ce propos. J'ai également pris contact avec des Finlandais, des Norvégiens et des Danois. Ce sera un voyage foisonnant», fait-il observer.

Import-export

Les rencontres effectuées à Göteborg procèdent d'une logique similaire à celle de l'import-export. La Peuplade souhaite accueillir des auteurs étrangers, tout en offrant une vitrine internationale à ceux qui font déjà partie de son catalogue, lequel comprend une soixantaine de titres.

Le volet importation découle de sa volonté de faire découvrir des ouvrages aux Québécois et, par extension, à la Francophonie. «Aujourd'hui, les choix sont exercés en France. Nous ne voyons qu'une partie de ce qui s'écrit, alors que nous pourrions nous tailler une place sur le marché de la littérature étrangère», affirme Simon Philippe Turcot.

À l'opposé, il croit dans le potentiel des auteurs de La Peuplade, qui mise sur des textes d'une grande qualité littéraire, des textes où, fréquemment, on explore la notion de territoire. Comme avec les livres venus d'ailleurs, cependant, la traduction constitue un passage obligé.

«C'est un long processus. Deux années peuvent s'écouler avant que le livre arrive en librairie. Les coûts sont importants, aussi, quelque chose comme 15 000$ pour un roman de 300 pages. Il existe toutefois des possibilités d'ententes avec plusieurs pays. Certains assument la moitié des frais, parfois même 100%», rapporte Simon Philippe Turcot.

Retour à Francfort

C'est n'est pas d'hier que La Peuplade entretient des ambitions internationales. Elle a multiplié les démarches en France et en Belgique, en plus de piquer une pointe en Allemagne il y a deux ans, dans le contexte de la Foire du livre de Francfort.

Comme à Göteborg, tout se passe en anglais dans cette ville. Un autre point commun tient à la présence d'un centre de droits étrangers, un espace plus propice aux négociations qu'un salon du livre de facture traditionnelle. Ça travaille mieux qu'au coin d'un stand.

«À chaque sortie, nous étendons notre réseau et les gens nous font plus confiance», se réjouit Simon Philippe Turcot. Il précise que la première incursion à Francfort avait mené à la publication d'un livre du Français Jérôme Baccelli, Aujourd'hui l'abîme. Son retour à la Foire du livre, du 14 au 18 octobre, pourrait mener à d'autres retombées.

Le cas échéant, la maison d'édition devra hausser le nombre de parutions réalisées à chaque année. «Nous sortons de huit à dix livres présentement et nous pourrions nous rendre à 12 en ajoutant des traductions. Ça respecterait notre capacité de porter les livres», estime Simon Philippe Turcot.

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