Nicolas Ellis au Rendez-vous musical de laterrière

Ce soir, le fils dirigera ses parents

Nicolas Ellis aura le bonheur de diriger ses... (- Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

Agrandir

Nicolas Ellis aura le bonheur de diriger ses parents aujourd'hui, à l'occasion du concert de clôture du Rendez-vous musical de Laterrière. Le programme, baptisé Symphonie concertante, regroupe des oeuvres de Mozart, Stravinsky et Dvorak.

- Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Daniel Coté
Le Quotidien

Nicolas Ellis réalisera le rêve de bien des enfants, aujourd'hui à 19h30, alors que son père et sa mère se trouveront sous ses ordres.

Pour la première fois depuis le début de sa carrière professionnelle, en effet, le chef d'orchestre dirigera le violoncelliste David Ellis et le premier violon Nathalie Camus à l'occasion d'un concert tenu à l'église Notre-Dame de Laterrière. Ce sera le quatrième et dernier événement présenté dans le cadre du Rendez-vous musical.

«Une partie de moi a très hâte, mais il y a aussi un petit stress, a commenté l'artiste jeudi, au cours d'une entrevue accordée au Progrès-Dimanche. Par bonheur, cependant, l'atmosphère qui imprègne le festival, ainsi que l'énergie que dégage le public, possèdent un pouvoir apaisant. Je me trouve dans les conditions idéales pour vivre cette expérience.»

Il dirigera 20 musiciens, un format intermédiaire entre l'orchestre symphonique et la musique de chambre. La plupart gravitent autour du festival depuis le début de l'édition 2015, dimanche dernier. Il s'est créé une camaraderie, une complicité qui devraient transparaître aujourd'hui.

«C'est le «fun» parce que l'orchestre regroupe des gens comme mes parents, qui sont expérimentés, de jeunes professionnels comme moi, Patrice Calixte (violon) et Mathilde Bernard (alto), ainsi que des étudiants du conservatoire. Il y a plusieurs générations», se réjouit Nicolas Ellis, qui vient de compléter sa maîtrise en direction d'orchestre à l'université McGill.

Chef et claveciniste

La pièce qui a donné son nom au concert d'aujourd'hui est de Mozart. Sa Symphonie concertante pour violon, alto et orchestre a ceci de particulier qu'elle impose au chef une deuxième fonction. Nicolas Ellis jouera ainsi du clavecin, tout en dirigeant la formation.

C'était la pratique à l'époque où l'oeuvre a été créée et le musicien n'a pas le sentiment de réaliser un exploit. «Dans le contexte de cette composition, le clavecin est un instrument de texture. Mozart avait tenu compte du double rôle», énonce le jeune chef.

Pour lui, le vrai défi consiste à livrer une interprétation de qualité, inspirée, en ne disposant que de trois répétitions pour articuler sa vision. «Ce n'est pas l'idéal. Tout se passe très vite et il y a des choses sur lesquelles on ne peut pas travailler, mais en même temps, c'est excitant. Tout le monde a une belle énergie», fait observer Nicolas Ellis.

Il ajoute que Mozart a écrit la Symphonie concertante après avoir vu jouer un orchestre allemand particulièrement efficace. Inspiré par ce qu'il avait entendu, le maître s'était autorisé quelques audaces. «Il a réalisé des expériences. Ça a rendu sa musique plus provocante», confirme le chef saguenéen.

Stravinsky et Dvorak

À deux siècles de distance, Igor Stravinsky a engagé un dialogue avec Mozart par l'entremise du Concerto en ré majeur pour orchestre à cordes, la pièce qui mènera le public à la pause. Ça peut sembler étrange quand on a en tête les penchants modernistes du compositeur russe, mais il y a vraiment des parallèles, assure Nicolas Ellis.

«Il a conçu cette oeuvre en pensant aux époques baroque et classique, où il y avait plusieurs solos qui créaient des interactions avec l'orchestre, indique le chef. La différence est que dans ce cas-ci, l'écriture est moderne. Il y a des trucs bizarres, pas commodes, ce qui n'empêche pas la pièce de s'écouter très bien. Elle interpelle le spectateur.»

La deuxième moitié du concert fera écho à un autre genre d'émotion. Cette fois, c'est le romantisme qui primera grâce à la Sérénade pour orchestre à cordes en mi majeur de Dvorak. Elle a été composée en 1875, à un moment de la vie du Tchèque où sa carrière, autant que sa vie personnelle, étaient particulièrement gratifiantes. «Il était enfin reconnu à sa juste valeur et ça a provoqué un élan créatif. La Sérénade a été écrite en 12 jours seulement et comporte de belles mélodies, des harmonies très agréables. Pour une fois, on peut parler d'une oeuvre qui est aussi plaisante à jouer qu'à écouter. Ce sera l'idéal pour clôturer le festival», anticipe Nicolas Ellis.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer