Le 100 masques présente le Revizor, de Gogol

Toujours actuel, 200 ans plus tard

Dario Larouche et Érika Brisson invitent les amateurs... ((Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie))

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Dario Larouche et Érika Brisson invitent les amateurs de théâtre à assister aux représentations de la pièce de Gogol, Le Revizor. Cette production du 100 Masques tiendra l'affiche à compter du 25 juin, à la Salle Murdock de Chicoutimi.

(Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie)

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Daniel Coté
Le Quotidien

Une ville pourrie par la corruption. Un inspecteur dont on attend la visite avec inquiétude, d'autant qu'elle se fera incognito. Croyant que c'est le jeune homme qui vient d'apparaître dans leur communauté, les autorités locales lui font une cour assidue, un brin vénéneuse.

Telle est la trame du chef-d'oeuvre de Nicolas Gogol, Le Revizor, une pièce que le Théâtre 100 Masques présentera du 25 juin au 18 juillet, à la Salle Murdock de Chicoutimi. Il s'agit d'une comédie, comme on le devine. Une histoire créée dans la Russie de 1830, mais qu'un dramaturge québécois aurait pu écrire cette année.

«Compte tenu de ce qu'on a entendu à la Commission Charbonneau, des malversations au Sénat et dans plusieurs villes, le propos est actuel. Les échos du passé demeurent présents d'une manière qui est très troublante», affirme le directeur général et artistique du 100 Masques, Dario Larouche, qui signe également la mise en scène.

Précisant que le texte n'a pas été modifié, qu'on a juste enlevé quelques passages afin de réduire le nombre de personnages, l'homme de théâtre croit que les spectateurs traceront des parallèles avec une réalité familière. «Ce que dit le gouverneur interprété par Éric Chalifour pourrait être repris par certains maires», fait-il remarquer, sourire en coin.

Un luxe qui a ses exigences

Il y a longtemps que Dario Larouche avait l'oeil sur Le Revizor. Lui qui aime le théâtre russe, qui en a même fait un objet d'études, attendait le moment où il serait possible de réunir six comédiens sur la scène du Théâtre Murdock. Un luxe en cette époque aux airs de carême.

Outre Éric Chalifour, la distribution comprend Mélanie Potvin, Patrick Simard, Érika Brisson, Pierre Tremblay et Josée Gagnon. Chacun assumera plusieurs rôles, parfois à l'intérieur d'une même scène, ce qui impose une logistique implacable, digne d'une montre suisse.

«Ce n'est pas évident. À un moment donné, je sors en directeur des hôpitaux pour revenir sous les traits de la femme du gouverneur. Dans un tel contexte, il est difficile de jouer avec justesse, mais c'est super comme expérience. Il s'agit d'être solide dans son corps et dans sa tête», raconte Érika Brisson.

Elle ajoute que la ligne est mince entre le cynique et le grotesque, ce qui s'ajoute au défi posé par l'écriture de Gogol, à la fois drôle et précise. «Le rythme est important, confirme Dario Larouche. La pièce est faite de courtes scènes où il y a beaucoup de choses à communiquer.»

Une jeune tradition

Pour des raisons qui demeurent difficiles à expliquer, Le Revizor avait échappé à la vigilance des censeurs de la Russie tsariste. L'oeuvre de Gogol, l'une des seules qu'il ait destinée au théâtre, a vite connu du succès auprès du public, un phénomène que le 100 Masques souhaite prolonger cet été.

Les représentations seront données du jeudi au samedi, à 20h. Ce sera la 16e production estivale de la compagnie en autant d'années, la différence étant que cette fois, on commencera plus de bonne heure dans la saison. De cette manière, Gogol ne fera pas compétition au Festival international des arts de la marionnette à Saguenay, qui débutera le 21 juillet.

«Il y aura deux congés fériés dans les premières semaines, mais je me dis que ça ne nuira pas, que les gens seront dans un esprit festif. D'habitude, on a de belles salles. On remplit aux trois quarts, ce qui représente une moyenne de 540 personnes depuis 2010», rapporte Dario Larouche, qui invite les amateurs de théâtre à réserver au numéro 698-3895.

Il en profite pour encourager le public à voir Le Revizor le plus tôt possible, au lieu d'attendre comme certains le font systématiquement. «Ils croient que le jeu est meilleur à la fin, mais je ne suis pas de cet avis. C'est le moment où les comédiens se donnent plus de marge parce que le metteur en scène est moins présent», énonce le patron du 100 Masques.

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